
On me demande souvent mon avis sur les différences entre l'Astus 20.1 et le Magnum 21 car avant de naviguer sur l'Astus 20, j'ai tout d'abord découvert et possédé un Magnum 21. Après avoir créé le Club Magnum 21 et la liste de discussion associée, je continue d'ailleurs d'accueillir et d'animer ce sympathique regroupement de propriétaires. Et même si je n'ai gardé mon Magnum 21 qu'une seule (longue) saison, j'ai intensément navigué dessus ce qui m'a donné l'occasion d'écrire plusieurs articles sur ce bateau dans la presse nautique.
Différents ?
Je dirais que l'Astus 20.1 et le Magnum 21 sont à la fois très proches ... et fort différents.
Ils sont proches dans leur philosophie.
Ce sont des bateaux simples, accueillants, sécurisants, capables de performances flatteuses en toute facilité.
Je n'ai pas perçu de différenceà la barre des 2 bateaux en terme de sensation, de douceur et de vitesse et j'apprécie le comportement sain et marin des 2 protagonistes.
Après, dans leur mise en oeuvre, ils sont différents sur nombre de détails.
Le transport
Sur remorque, les Magnum 21 sont moins encombrants que les Astus 20.1, surtout les anciennes versions non repliables. Pour peu que l'on bricole des supports pour stocker les flotteurs le long de la coque centrale et l'on obtient un ensemble compact et relativement étroit (2 m au niveau des roues) qui est plus facile à trimbaler et à stocker dans un espace "réduit".
Actuellement, avec la version "repliable" du Magnum 21, la largeur sur route est supérieure (2m20) mais encore loin des 2m53 de l'Astus 20.1. La largeur importante de ce dernier, proche de la limite autorisée en Europe (2m55), n'est pas gênante 99% du temps. Reste 1% de route étroite (typiquement, quelques centaines de mètres sur un déplacement de plusieurs dizaines de kilomètres) et autres passages de portail qui nécessitent d'y aller tranquillement et moins aisément qu'avec un attelage comme le Magnum.
Autre différence en faveur du Magnum, il est plus bas sur remorque. Moins de prise au vent sur route donc moins de consommation de carburant et possibilité de passer dans une porte de garage souvent limitée à 2m de haut ... Sauf pour les Magnum 21 S dont le mât rallongé impose l'utilisation d'un porte-mât destiné à le faire passer au dessus de la voiture (possibilité de réduire la hauteur selon celle de votre véhicule).
Signalons que la coque à redan de l'Astus 20 permet de voir derrière entre la coque centrale et les flotteurs lorsqu'il s'agit de manoeuvrer, dépasser ou se rabattre. On se passe ainsi aisément de rétroviseurs rallongés contrairement aux véhicules tractant des caravanes.
Concernant l'écart de poids entre les 2 bateaux (une quarantaine de kg), je n'ai pas perçu de différence que ce soit sur la route, à la mise à l'eau ou en navigation.
Au niveau des remorques, celles proposées par les chantiers respectifs sont abondamment pourvues en rouleaux et fonctionnent parfaitement. Pour le Magnum (remorque de marque PAM), il n'est même pas nécessaire de "casser" la remorque pour mettre à l'eau car les rouleaux arrières sont très bas.
Par contre, lorsque le bateau est monté sur la remorque, sa coque ne s'appuie pas sur ses rouleaux arrières. Il y a donc un porte à faux important (environ 1m30) qui peut finir par déformer le fond de coque au niveau du dernier rouleau, surtout si l'on roule avec le poids du moteur encore fixé sur sa chaise.
A la place d'une classique barre de torsion, la remorque Nautilus de l'Astus dispose de ressorts hélicoïdaux indépendants sur chaque roue ce qui procurent une stabilité latérale appréciable lorsque la route n'est pas parfaite. La remorque est très longue et supporte la coque jusqu'aux derniers rouleaux, au niveau de la jupe. Il est nécessaire de la "casser" pour mettre à l'eau, ce qui n'est pas gênant en soi. Il faut juste ne pas oublier de remettre l'axe une fois la remorque repositionnée à l'horizontale. Les flotteurs viennent prendre appuis sur 2 patins offrant ainsi une stabilité sans faille de la coque lors du mâtage.
Mâtage
Les mâts de l'Astus et du Magnum sont conçus différemment. Celui de l'Astus est plus léger car sa raideur est assurée par des barres de flèche et 2 bas haubans supplémentaires. Ces barres de flèches et bas haubans sont plus encombrants lorsque le bateau est démâté. Par contre, le poids réduit de l'ensemble (moins de 15 kg) permet de mâter seul sans se faire peur ni mal (surtout les premiers Astus 20.1 qui disposaient d'un mât de section réduite).
Le mât du Magnum est plus massif et plus lourd mais s'affranchit de barres de flèche. Après m'être fait quelques frayeurs seul, j'installais systématiquement un palan pour pouvoir monter le mât avec l'aide de ma femme. Une fois démâté à l'horizontal, c'est par contre plus facile de ranger ce mât dépourvu de barres de flèches.
On notera que sur la version S (comme Sport) du Magnum 21, le mât est plus long et du coup, se retrouve également équipé de barres de flèche et d'une paire de haubans supplémentaires qui vient se fixer sur des pattes d'oie, une fois les flotteurs montés. Son poids et son porte à faux lors du mâtage sont du coup plus conséquents.
Mais le Magnum 21 dispose d'un atout dans son jeu pour faciliter la tache du "mâteur solitaire". En profitant du fait que l'axe de rotation du pied de mât soit aligné avec la poutre avant, il est possible d'installer un disposif provisoire de "bas haubans" fixés sur les extrémités de la poutre avant pour que le mât soit maintenu parfaitement dans l'axe durant son ascension.
Installation des flotteurs
Selon les bateaux, on rencontre 3 systèmes différents pour installer les flotteurs.
Sur les Magnum ancienne génération, il est nécessaire de démonter et porter les flotteurs. Rien de bien compliqué mais obligation d'être deux et toujours une petite appréhension qu'un flotteur glisse des doigts et viennent s'abîmer en tombant par terre (gare aux pieds). Ceux qui ne disposent pas de support bricolé sur la remorque pour y fixer les flotteurs démontés doivent en plus, les charger sur la coque centrale (c'est haut) et les y sangler. Au final, on se retrouve avec une succession de petites opérations qui finissent par prendre du temps. Avec l'habitude, il me fallait une petite demi-heure à 2 pour disposer du bateau monté et mâté, prêt à être mis à l'eau.
Sur les Magnum nouvelle génération, le système a nettement progressé. L'opération peut être réalisée seul sans danger (il faut quand même être deux pour mâter). Pendant le transport sur route, les flotteurs sont fixés le long de la coque [1] sur les poutres centrales rallongées (d'où l'augmentation de la largeur d'une vingtaine de centimètres de plus que l'essieu). Les poutres extérieures sont ensuite emboîtées avec un système à baïonnette évitant l'utilisation des vis originelles [2] . Il ne reste plus qu'à faire glisser les flotteurs sur ces poutres pour venir les fixer à leurs extrémités [3] puis à installer les trampolines [4]. On gagne du temps et des efforts (compter 15 à 20 minutes de mise en oeuvre à 2 personnes rodées).
   
Sur l'Astus, on progresse encore en facilité et rapidité. Le mâtage seul et sans palan prend 6 minutes tandis que la sortie des flotteurs et l'installation des trampolines ne me prennent que 2 minutes supplémentaires. Au final, le bateau peut être mâté, déployé et prêt à être mis à l'eau en 10 minutes ... seul ! (démonstration en image)
Nous pourrions relativiser un peu ces scores chronométrés car finalement, qu'est ce que 2 fois 15 minutes de plus ou de moins sur une journée de navigation ... On va faire de la voile pour se détendre et pas pour courir, d'abord !
C'est vrai mais ... lorsque l'on utilise une cale de mise à l'eau en pleine saison, on est rarement seul. Chacun est pressé soit d'aller en mer, soit de rentrer chez soi (surtout nos collègues motonautiques habitués à ce que tout aille vite). Pour peu que la cale soit petite, et vous voilà en train de bloquer tout le monde le temps de préparer votre bateau pour son lancement, d'autant plus si vous êtes obligé de déployer les flotteurs avant de le mettre à l'eau. Dans ce cas, on est content d'être capable d'opérer rapidement avant que les manifestations d'énervement des voisins ne viennent gâcher l'ambiance de la journée.
A l'arrêt sur l'eau
Nous voilà maintenant sur l'eau à préparer la grand-voile. Sur l'Astus, en dehors des périodes de navigation, celle-ci est stockée au sec dans la cabine. Sur le Magnum, impossible de rentrer la GV enroulée autour de sa bôme dans le coffre. C'est comme cela que mon copain s'est fait voler la sienne une nuit en la laissant au fond du cockpit...
Un trimaran, c'est stable ... plus ou moins. L'Astus à l'arrêt, avec ses 2 flotteurs posés simultanément sur l'eau, ne moufte pas.
Le Magnum à l'arrêt a, quant à lui, ses 2 flotteurs perchés une vingtaine de centimètres au dessus de l'eau. Enfin, plus exactement, un flotteur posé sur l'eau et l'autre perché à une bonne quarantaine de centimètres au dessus.
L'angle de gîte n'est pas bien important ni gênant sauf lorsqu'il change à chaque clapot ou déplacement d'un membre de l'équipage. Pour éviter ces bascules incessantes au mouillage, nous avions pris l'habitude de gonfler des réserves de flottabilité et de les fixer sous chaque flotteur ce qui, à la longue, s'avère fastidieux. C'est quand même plus pratique lorsque l'on peut s'en dispenser.
Trampolines
Côté trampoline, il n'y a pas photo, le Magnum est mieux servi. D'une part, ses trampolines sont mieux tendus grâce à un système de sanglage qui allie rapidité de mise en oeuvre et efficacité. Il est plus agréable de marcher dessus que sur les trampolines moins tendus de l'Astus.
Ensuite, ils sont plus spacieux. Ils profitent d'une largeur totale plus importante des Magnum (4m08 et 4m88 pour la version S) comparée à l'Astus(3m88) et d'une coque centrale plus étroite (1m65 environ contre 1m87 pour l'Astus).
L'intérêt que je vois à cette largeur accrue, c'est de pouvoir installer une petite tente pour y dormir à 2. Soit une toute petite tente igloo (large d'1m30) pour les Magnum standard, soit une tente igloo standard de 2 places (1m50 de large) pour les Magnum version élargie.
Sur l'Astus, il faut se contenter d'une tente d'une place (1m10 de large) sur chaque trampoline. Néanmoins, n'oublions pas que l'on dispose déjà des deux couchettes en cabine.
On notera qu'en terme de puissance, l'Astus compense sa largeur moindre par des flotteurs plus longs et plus volumineux que ceux du Magnum 21 (500 au lieu de 350 litres).
Cockpit
Même si l'espace entre les poutres est moins important, la capacité du cockpit du Magnum est un peu plus grande que sur l'Astus car l'équipage peut déborder sur la partie en avant du mât (en pratique, on y va rarement à cause des embruns) et le barreur peut s'installer derrière la poutre arrière car la jupe est longue. On regrette concernant cette dernière l'étroitesse du passage qui mène jusqu'à l'eau et qui ne permet pas à un adulte normalement constitué de s'y asseoir avec les pieds dans l'eau.
En l'absence de dossiers, les bancs du cockpit du Magnum sont plus exposés aux embruns. Comme une partie du trampoline recouvre les bancs, l'humidité est conservée et l'on navigue souvent avec les fesses mouillées si l'on ne s'équipe pas d'un pantalon ciré.
Autre différence notable, la hauteur de la bôme :
- au niveau des dents sur le Magnum 21 standard (F'ai pas fu arrifer la bôme)
- au niveau du front sur le Magnum 21 S (oh, la belle bosse)
- bien au dessus de la tête sur l'Astus 20.1 (rien à dire)
Outre le danger que représente une bôme basse lors des virements de bords et empannages sur un Magnum (demandez à Christine que la bôme à envoyé à la baille...), la gîte supérieure (pour cause, souvenez vous, de flotteur surélevé au dessus de la ligne de flottaison) fait que l'on se retrouve avec la vue sous le vent coupée par la voile. Pas cool pour admirer le paysage, surveiller les bateaux qui passent ou parler avec les équipiers assis en face.
Sans dossier, on adopte alors, sans s'en rendre compte, une position voûtée qui finit par donner mal au dos. Pour y pallier, je naviguais assis au fond du cockpit du Magnum, le dos contre les bancs.
Performances
Coté vitesses, elles sont sensiblement équivalentes. Nous avons eu l'occasion de naviguer une dizaine de jours à plusieurs Astus 20 et plusieurs magnum 21 ensembles. Le cap au près est équivalent et les vitesses proches, même si, dans toutes les conditions de vent et à toutes les allures, les Astus 20, même plus chargés, finissaient toujours par se détacher devant ... On penserait le contraire vu l'allure "sportive" affichée par le Magnum mais n'oublions pas que l'Astus est plus toilé.
Et même en utilisant le spi asymétrique sur les Magnum comparé au gennaker sur les Astus. La vitesse de pointe est comparable mais souvent, le gennaker finit par faire la différence car plus stable en moyenne que l'asymétrique. Sauf la fois où, tandis que j'étais sous gennaker sur mon Astus, j'ai vu passer le René qui me doublait sous le vent sur son Magnum avec son spi asymétrique ... complètement dégonflé ! Je le soupçonne depuis d'avoir installé des dispositifs non réglementaires sous son embarcation ...
Les 2 bateaux utilisent un bout dehors rétractable. Celui du magnum, plus long, se manoeuvre depuis le cockpit. Il est conseillé de le rentrer dès que l'on n'utilise plus le spi afin de limiter les infiltrations d'eau qui rentrent dans le coffre avant par le passage du tube. Celui de l'Astus reste à l'extérieur de la coque évitant ainsi toute possibilité d'infiltration d'eau à l'intérieur.
Grand dériveur ou mini-croiseur
Si les 2 bateaux marchent à des vitesses comparables, le Magnum affiche son tempérament de "grand dériveur" en mouillant copieusement son équipage lorsque le vent et la vitesse montent. On reste bien sec jusqu'à force 3 où ça commence à mouiller, un peu, au près. Si le vent insiste, la douche va alors crescendo.
Sur l'Astus, on se sent plutôt sur un mini croiseur, moins au contact de l'eau. C'est bien sec jusqu'à un bon force 4 où ça commence à mouiller, un peu, au près. A partir de force 5, au près, il faut s'équiper mais la douche est bien moins intense compte tenu de la hauteur du franc bord et de la protection combinée du rouf et des dossiers du cockpit. C'est simple, mes filles étaient le plus souvent en shorty néoprene sur le Magnum ... elles ne les mettent plus depuis qu'on est passé à l'Astus.
Rangements
Pour le stockage, la différence est criante entre les possibilités de l'Astus avec ses grands coffres de cockpit et sa cabine, sans parler de sa baille à mouillage, comparés aux 2 coffres disponibles sur le Magnum.
Pourtant, le coffre avant du Magnum est long et volumineux. On pourrait même s'y allonger.
Mais il faut compter avec la place prise par le bout dehors une fois rentré à l'intérieur et sa disposition tout en longueur ne facilite pas l'accès aux affaires. Il faut sortir les affaires posées devant pour atteindre les affaires de derrière. On évite donc d'y accéder lorsque la mer et les embruns sont de la partie car on a vite fait d'embarquer un seau d'eau à l'intérieur. Remarquez, comme de toute façon, il y a toujours de l'eau qui rentre par le bout dehors, on a forcément pris la précaution de mettre les affaires dans des caisses plastiques ou des sacs étanches ...
Si l'on se penche dans l'entrée de ce coffre, on distingue un volume de rangement intéressant (2 caisses de 30 litres), un peu en arrière, juste sous le plancher du cockpit. Mais là encore, il faut vider les affaires posées à l'entrée du coffre pour pouvoir accéder à ces caisses. Du volume donc ... mais pas pratique à exploiter.
Il existe un deuxième coffre sur l'arrière, bien plus petit et dont l'accès est malaisé par la petite trappe ronde étanche qui lui sert de porte. Sur les nouveaux Magnum, cette trappe ronde est remplacée par une trappe carrée heureusement un peu plus grande.
Sur l'Astus, côté rangements, on est gâté. Les 2 grands coffres sous les bancs du cockpit permettent d'y stocker un bon volume de matériel directement accessible en navigation. Quant à la cabine, elle offre un volume de stockage vaste, sec et pratique d'accès, y compris lorsque ça piaule dehors.
Détails divers
La jupe courte de l'Astus permet d'avoir la barre qui passe sous la poutre arrière, évitant ainsi de devoir la lâcher à chaque virement de bords pour passer la main derrière le palan d'écoute de GV, comme sur le Magnum.
Sur le Magnum, si l'on ne craint pas de se mouiller les fesses, on peut naviguer sur le trampoline, voire sur le flotteur si l'on change le stick par un plus long. L'absence de dossier invite à venir déborder sur cet espace agréablement perché au vent.
Sur l'Astus, avec son étrave porteuse presque verticale, on peut aller jeter l'ancre à l'avant sans sortir de l'eau l'hélice du moteur à l'arrière, comme c'est le cas sur le Magnum.
Le Magnum dispose d'un mât pivotant et d'un halebas contrairement à l'Astus dont le mât est fixe et la chute de la voile contrôlée directement par l'écoute et le chariot de grand voile.
Sur l'Astus, on peut contrôler visuellement et éponger la présence éventuelle d'eau dans les flotteurs via 2 trappes de visite sur chaque flotteur. Sur les 2 bateaux, les flotteurs sont moussés pour constituer la principale réserve de flottabilité les rendant insubmersibles.
Le tirant d'eau de l'Astus (de 25 à 30 cm selon la charge) est plus important que celui du Magnum (20 cm). Les deux bateaux encaissent bien la charge et continuent d'évoluer sainement avec un nombre impressionnant de personnes à bord. Le Magnum est homologué pour 6 adultes en catégorie C (8 en catégorie D) contre 5 adultes en catégorie C pour l'Astus (et 7 en catégorie D).
Sur l'Astus, le mât est posé en avant de la poutre avant et les haubans arrivent au niveau de cette poutre. Du coup, il est possible d'installer une tente couvrant l'ensemble du cockpit et les trampolines sans être gêné par les haubans.
Sur le Magnum, le mât est implanté sur la poutre avant et les haubans passent entre le cockpit et les trampolines ce qui ne permet d'installer une telle tente sauf à prévoir des découpes pour le passage des haubans.
Côté accastillage, il y a du bien et du moins bien sur chacun des bateaux. J'aime les écoutes de forte section du Magnum 21 et ses gros taquets coinceurs pour le spi. J'adore le système de double guide ralingue en inox de l'Astus 20, parfaitement efficace et incassable ainsi que le palan de cunningham bien pratique lors des prises de ris avec son crochet inox. J'apprécie aussi la possibilité, sur l'Astus, de pouvoir positionner le chariot d'écoute de grand voile décalé au vent.
Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas ! Surtout avec l'Astus proposé uniquement en blanc et liseré rouge. Pour le Magnum, la palette des couleurs proposées est plus vaste : blanc, rouge, bleu, gris, jaune, ... surtout que l'on peut associer une couleur de coque avec des couleurs de pont et de flotteurs différentes.
The cabine !
Pour terminer, je parlerai de la différence majeure qui saute aux yeux lorsque l'on regarde les 2 bateaux : la cabine de l'un, inexistante chez l'autre.
Même pour celui qui ne sort qu'à la journée, la cabine apporte un confort inestimable.
On y balance les affaires bien au sec et on les attrape aussi facilement en se penchant par la porte qui peut rester ouverte en navigation.
Un grain qui passe, un orage, un coup de froid, un coup de fatigue ... c'est un abri providentiel pour les enfants comme pour les adultes.
Besoin d'utiliser un réchaud à l'abri du vent ? De se déshabiller à l'abri des regards ? D'utiliser un WC en toute discrétion ? D'avoir une cabane pour occuper les enfants ? Pas de problème avec la cabine.
Et le jour où vous décidez de ne pas rentrer le soir pour profiter d'une jolie crique, vous avez la couchette double pré-installée.
Achat
L'Astus 20.1 est un peu plus cher que le Magnum 21 S qui est un peu plus cher que le Magnum 21 standard.
Concernant les Magnum, signalons l'existence d'un marché de l'occasion important, accessible à des prix intéressants. Il faut dire que le Magnum 21 existe maintenant depuis pas mal d'années et qu'il s'est vendu à plus de 400 exemplaires ce qui est un record sans précédent pour un multicoque de cette taille.
Noël Louvet, en créant ce bateau avec le succès qu'on connaît, a démontré qu'il était possible de produire un trimaran à un coût comparable aux monocoques de taille équivalente sans sacrifier la capacité d'embarquer un équipage familial, avec une bonne vitesse et en toute sécurité. Bravo !
Conclusion personnelle
On le voit, chacun de ces 2 bateaux a de sérieux atouts dans son jeu. A l'usage, voici les qualités que j'apprécie le plus chez eux, classées de la plus importante à la moins indispensable (il s'agit d'un avis personnel, lié à mon type de pratique) :
- l'abri offert par la cabine de l'Astus
- le volume, l'accessibilité et l'étanchéité des rangements de l'Astus
- le format plus compact sur remorque du Magnum
- la stabilité à l'arrêt de l'Astus
- la largeur des trampolines du Magnum pour y installer une tente 2 places
- la hauteur sécurisante de la bôme de l'Astus
- Le confort et la protection apportés par les dossiers de l'Astus
- le système rapide de repliage de l'Astus
- le tirant d'eau extrêmement réduit du Magnum
- le mâtage facile de l'Astus
- la possibilité de mettre à l'eau, flotteurs repliés, sur des cales étroites (Astus)
- la tension des trampolines du Magnum
- la possibilité de laisser le bateau à flot avec les flotteurs repliés (Astus)
- la possibilité de trouver facilement des occasions (Magnum)
Épilogue
Et pour ceux qui les croyaient frères ennemis, quelques clichés supplémentaires montrant comment les deux compères s'entendent comme cul et chemise dès lors qu'il s'agit d'aller prendre du bon temps ensemble sur l'eau.
  
  
  
de Jean-Marc Schwartz, février 2007 |