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Photo du monocoque Miniou

Avis sur le monocoque Miniou

Cette page a pour but de rassembler des avis et des témoignages (propriétaire, essai, presse,...) à propos du monocoque Miniou.

Commentaire de Nautical Trek

Un joli petit voilier bien conçu et pas avare en espace utile et solutions originales.

 

Sa jupe accueillante est d'une longueur inhabituelle pour un bateau de cette taille. Encore moins courante, l'astucieuse chaise moteur qui coulisse sur des rails permet de bien rentrer le moteur en navigation.
C'est également très appréciable pour les trajets sur remorque où le moteur peut rester à poste sans forcer exagérément sur la jupe à chaque passage de bosse sur la route.

Cette initiative mériterait d'être reprise sur toutes les unités destinées à changer souvent de plan d'eau...

Le cockpit reste d'une bonne longueur. Disposé sur 2 niveaux, il permet une position rentrée bénéficiant du confort et de la protection apportés par les dossiers tandis qu'un large plat-bord légèrement incliné offre une position idéale pour barrer au rappel.

Si le rail du palan de grand voile gène la circulation et l'utilisation des banquettes pour la sieste, il permet de mieux contrôler la forme de la grand voile à fort rond de chute.

Un grand coffre est accessible en fond de cockpit via un panneau de pont étanche.

Une baille à mouillage et un bout dehors pour le spi asymétrique complètent le plan de pont.

Intéressons nous maintenant à la cabine. Le franc bord modéré n'a pas empêché l'architecte d'opter pour un rouf volumineux mais dont les jolies courbes s'intègrent bien à la ligne générale du bateau.

Du coup, on récupère du volume dans la cabine... et beaucoup de luminosité grâce aux nombreux hublots.

Les 2 plus grands, de chaque coté du rouf, adoptent une forme originale et apportent une touche d'originalité à cette unité. Ils sont complétés par un panneau ouvrant au dessus de la couchette avant, par un hublot sur le panneau de la descente tandis que la porte en plexiglas contribue, elle aussi, à la profusion de lumière baignant la cabine.

L'intérieur est rehaussé par les nombreuses boiseries mariées aux surfaces blanches pour éclaircir l'ambiance. Un bloc cuisine succinct s'escamote pour dégager la tête de la couchette avant babord.

Le puits de dérive sert de pied pour la table fixe. Une modification mineure permettrait à cette dernière de se rabattre de chaque coté du puits pour libérer de la place en dehors des repas.

Il faut s'attendre à ce que la vision de part et d'autre de la table soit gênée lorsque le dérive est relevée.

L'ensemble du dessous des couchettes/banquettes constitue des coffres de rangement. Même si leur profondeur est limitée, la surface utilisée permet d'accéder rapidement aux affaires ainsi étalées.
Un espace sous le cockpit et deux équipets complètent les rangements. Ces derniers auraient même pu être plus profonds sans que cela ne gêne l'assise ni le couchage.
Enfin, les couchettes arrières profondes peuvent être utilisées sans complètement empiéter sur les banquettes du "carré".

Aptitude pour la rando nautique

Les +

  • cabine lumineuse
  • nombreux coffres en cabine
  • cockpit accueillant
  • tirant d'eau très réduit même avec l'encombrement du bulbe

Les -

  • la dérive sabre dont le bulbe empêche d'échouer à plat et limite les possibilités de navigation "rase cailloux"

De Jean-Marc Schwartz, décembre 2006


Commentaires d'Eric Allano, propriétaire

J’ai déniché ce voilier sur les hauteurs de Cannes en octobre 2005. Son précédent propriétaire n’avait navigué qu’une poignée de milles en méditerranée. Stocké dans un hangar depuis 4 ans, il était flambant neuf et brut de chantier.

Après un hiver passé dans un chantier ami à le préparer à mon goût, je l’ai mis à l’eau en mars 2006. Mes sorties en mer se déroulent en Bretagne sud, du Golf du Morbihan à Concarneau : un terrain de jeu idéal, parsemé d’îles plus jolies les unes que les autres où j’embarque très régulièrement mes enfants de 3 et 5 ans.

Le Miniou est le fruit de la collaboration, à la fin des années 90, du chantier Espace Vag avec le Centre Nautique des Glénans. La carène de ce voilier est celle du Glénan 5,70 à bord de laquelle des milliers de stagiaires ont fait leurs premières armes.

Largement éprouvée, cette carène est revisitée par l’architecte G. PLESSIS qui propose au chantier Espace Vag une version habitable, à tirant d’eau modulable et servie par un gréement de qualité.

Le Miniou hérite donc de son aîné un caractère bien typé où performances et plaisir sous voile constituent à priori l’argument numéro un. Il n’en conserve pas moins tous les attributs de la petite croisière : baille à mouillage, capot avant, 4 couchettes, un bloc cuisine et un bon volume de rangement.

Le concept du Miniou s’adresse davantage me semble t-il aux anciens du dériveur ou du quillard de sport, pour qui trouver un abri bien équipé et chaleureux l’emporte sur l’ambiance caravaning de certaines unités de même catégorie…

Plutôt que de se positionner en miniature de course, le Miniou se révèle toujours facile : avec un plan anti-dérive efficace, un rapport de lest conséquent, ce voilier stable et rapide se mène comme une mobylette, y compris dans une mer formée. Sa vitesse moyenne permet d’envisager en effet des étapes journalières de 30 milles sans se fatiguer.

La qualité du gréement Sparcraft, inhabituelle sur ce type d’unité, rassure dans la brise et permet d’exploiter au mieux le plan de voilure : une grande voile à fort rond de chute et entièrement lattée, dotée de trois bandes de ris, un génois sur enrouleur et un spi asymétrique amuré sur un bout-dehors qui glisse dans le rond inox de la cadène d’étai.

Le plan de pont est en conséquence et on y trouve tout ce qu’il faut : un accastillage d’origine de bonne facture, des barbers de génois, un long rail de grand-voile réglable par palan.

A ces qualités marines s’ajoute un vaste cockpit en mesure d’accueillir quatre adultes. Il s’ouvre sur une jupe de 80 cm de profondeur : une configuration intéressante en navigation côtière quand il s’agit de pêche à la traîne, de baignade ou de débarquement… Cerise sur le gâteau, la chaise moteur coulisse sur un rail et protége ainsi le HB, accessoirement centre le poids.

Le rangement n’a pas été oublié puisqu’au delà des disponibilités intérieures sous les assises, un volume de 30 litres immédiatement sous la descente peut recevoir une petite glacière.
Le cockpit dispose d’un grand coffre central parfaitement étanche où je stocke 30 litres d’eau douce, un mouillage lourd, aussières, un jerrycan d’essence de 5 l, le seau de rigueur…
Le Miniou est naturellement un peu « sur le nez » et l’emplacement de ce coffre optimise le centrage de l’armement lourd qui pénalise inévitablement une petite unité.

Sur la plage avant, une baille à mouillage ne me sert qu’à stocker un mouillage léger, les encombrants pare-battages et accessoires de plongée.

Le Miniou se régale de navigation côtière puisqu’il peut se poser sur n’importe quelle plage. Son lest est constitué d’une quille sabre à bulbe. Elle se relève dans son puits à l’aide d’un système de potence équipée d’un treuil dont la démultiplication est adaptée et sûre (vis sans fin).
Cette configuration de lest a l’avantage de disposer d’un centre de gravité très bas et l’inconvénient de faire gîter le voilier de quelques degrés lorsqu’il se pose sur la grève, le bulbe restant en dessous du puits de quille.

Dès les premiers milles parcourus à bord en situation de brise, je me suis aperçu d’une dureté importante de la barre et d’un système de blocage du safran en position basse qui laissait à désirer.
La gentillesse et la disponibilité de l’architecte du Miniou m’ont permis de régler rapidement ce défaut de jeunesse, en optimisant la compensation du safran et en mettant au point un système de verrouillage digne de ce nom.

L’autre détail que je règle actuellement au sec est le parfait calage de la quille dans son logement : les guides en téflon méritent de mon point de vue un usinage plus précis que celui défini à l’origine.

Il n’est un secret pour personne qu’un petit bateau génère des petits soucis et je dois dire que la manutention du Miniou est déconcertante de facilité, en particulier la mise à l’eau qui s’appuie sur une remorque bien étudiée et un mât qui pivote sur son axe à l’embase.
Je ne réaliserai pas il est vrai cette opération tous les jours mais deux personnes averties se contentent de deux heures pour préparer l’ensemble.

A l’issue de cette première saison pendant laquelle j’ai navigué quelques 1200 milles, je suis bluffé par les qualités marines de ce modeste voilier, la chaleur de son intérieur vaigré de bois…et lui trouve en définitive bien peu de défauts.

La dimension généreuse du cockpit se paye en revanche par un espace de dégagement réduit en bas de la descente. Le point de fragilité du concept en navigation côtière reste la quille sabre en cas de talonnage : sondeur, anticipation et vigilance s’imposent.

Eric Allano, décembre 2006

 

Autres avis et témoignages

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