Avis de Paul, propriétaire
"Je l'ai vu en photo dans un magazine et j'ai eu le coup de
foudre : c'est ce que j'ai toujours voulu avoir ! Un bateau qui ne nécessite ni place de port, ni remorque, ni installation de mise à l'eau, plus stable et plus marin qu'un kayak Kleeper équipé d'une voile, même s'il n'est pas aussi facilement transportable qu'un tel kayak démontable.
Je suis allé à Hambourg chez le fabricant (l'inventeur du produit qu'il construit lui même dans un petit atelier) faire un petit essai et je l'ai commandé. Jusqu'à aujourd'hui, je ne regrette pas ce choix.
Le génie de ce bateau réside avant tout dans sa coque. Elle se compose de quatre plaques de matière plastique reliées par une jonction complètement imperméable, protégée à l'extérieur par un tube fendu.
La coque pèse seulement 22 kg environ (modèle 325). Je peux ainsi la porter, sans aide extérieure, de la cave à la galerie de la voiture. En cas de nécessité, on peut aussi la porter sur plusieurs centaines de mètres lorsqu'il n'y a pas d'accès direct en voiture jusqu'à l'eau.
Le montage réclame un peu d'entraînement car la coque se replie
volontiers toute seule comme un coquillage géant. Une fois les trois bancs insérés et fixés chacun avec quatre goupilles, l'ensemble est parfaitement stable.
Il ne reste plus qu'à fixer les 2 avirons dans les emplacements prévus et l'on peut déjà aller à l'eau, en tout juste 5 minutes.
Encore une dizaine de minutes pour installer la voile, visser les dérives latérales sur les bordés et fixer le gouvernail sur le siège arrière. On a alors un voilier d'environ 3 mètres de long et d'une surface de voile d'environ 4,7 mètres carrés
(modèle 325) qui marche convenablement. Certes la forme de la
carène n'affiche pas des lignes d'eau optimisées pour la performance mais permet, avant tout, d'être repliable.
Le corps du bateau se compose, on l'a dit, d'une matière plastique flexible ce qui entraîne certains avantages et
inconvénients.
Le sol est d'une souplesse inhabituelle lorsque l'on se déplace vers l'avant ou l'arrière du bateau. L'inconvénient majeur est toutefois que le bateau peut se déformer fortement.
La voile fixée sur le mât posé à l'avant
entraîne le bateau à la gîte tandis que le barreur assis à l'arrière exerce une force de rappel opposée. Ces forces vrillent le bateau en entier.
Pour y remédier, on peut installer 2 bastaques reprises à l'arrière. Il faut détendre une bastaque et tendre l'autre à chaque virement de bord pour ne pas déformer la voile. Une habitude à prendre.
L'avantage, par contre, de la coque de bateau flexible est sa robustesse. On peut rentrer de plein fouet sur un récif caché sous l'eau sans
aucun dégât. La matière plastique plie simplement un peu puis reprend à nouveau sa forme originale, sans aucune déchirure ni trou. Au pire, il y aura une éraflure. Et lorsque le bateau s'échoue, l'eau est si peu profonde que l'on peut descendre n'importe comment, sans que l'eau n'entre dans les bottes.
Le bateau supporte le poids de deux adultes et deux enfants mais plus les vagues sont hautes et le vent fort, moins il faut charger le bateau. La question est : jusqu'à quelle force du vent peut-on effectivement naviguer à la voile avec le bateau ?
D'après mon expérience, cela dépend plus de la hauteur des vagues que de la force du vent. Si les vagues commencent à déferler, il peut arriver qu'une vague passe par dessus le bordé. Dans ces conditions, il est préférable de s'arrêter.
Depuis mes aventures dans le parc national de Kolovesi (1999), j 'ai constaté qu'il est très difficile de naviguer à la voile sur un Banana-Boot avec un vent de 5 à 6 Beaufort car la force du vent courbe les tubes alu qui tiennent la voile.
Traduction du site de Paul Lenz par Jean-Marc Schwartz, avril 2007 |