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Raid en 420 sur le lac Léman
Christian Thieren est adepte de régate et de rando. Il navigue
sur un vieux 420 Lanaverre de 1973 et nous livre le récit d'une longue journée
de raid sur le Lac Léman.
Le Maca du Léman, 13 août 2005
texte et photos de Christian Thieren

Le départ
Ce
matin était doux. Une petite brise prometteuse m'éloignait du port de Lutry.
J'avais décidé de rejoindre le bout du Lac.
Me voici seul sur mon vieux 420. En trente ans, il n'a pas pris une ride
et il n'y a pas de raison que ce bateau ne puisse pas être utilisé pour
autre chose que la régate. Voilà embarqués, vêtements secs, frigo box avec
boissons, sandwiches et bonbons, rame, lampe de poche, cyalumes et téléphone
portable.
Mon premier grand voyage en
dériveur sur ce lac ressemblant à une mer intérieure. |
La
direction générale
Virement de bord et voici mon étrave qui pointe en direction du Rhône au
Bouveret a 30 kilomètres environ car il m'est interdit de naviguer trop loin
de la côte ni de passer la frontière.
Je longerai donc la rive suisse. En une demi-heure, je passe Cully. Si le
vent se maintient, l'affaire sera dite en une grosse demi-journée, mais je
navigue sur le Léman bien connu pour sa météo capricieuse.
Du vent, il y en a toujours trop ou trop peu, jamais suffisamment !
C'est tout son charme et ce qui a formé une élite de navigateurs au long
court.
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Les
vignes dévastées
D'ailleurs du vent, il y en a eu trop il y a quelques semaines. Une
véritable tornade qui a dévasté une partie du vignobles.
Le paysage passe de l'été à l'automne en suivant la saignée de la grêle. Les
vignerons s'en souviendront encore longtemps.
Mais le vent tombe alors que je m'approche de Vevey. Adieu le timing, me
voici en route pour bien plus longtemps que prévu.
Il est temps de prendre l'apéro et le sandwich; si le vent se levait j'en
resterais sur ma faim et ma soif.
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Les
long bords sous spi
Je me traîne... sous un soleil de plomb!
Un air souffreteux se lève du sud, plein travers et je décide d'augmenter ma
surface de voile.
Le spi envoyé, me revoici progressant vers mon but. La brise revient peu à
peu et me voici grignotant les miles.
Que du bonheur, 15 bornes sous spi en 420. |
Le
Bonjour de la CGN
Le Rhône, le vapeur de la CGN me dépasse et me lance un coup de sifflet
en guise de bonjour.
Son capitaine me salue de la main.
Je lui rend son geste.
Peut-être m'avait-il suivi de loin. Moment inoubliable et image forte.
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En
vue de la fin du lac
La brise est de nouveau là et le rail de nuages semble me montrer le
chemin à suivre.
Une régate vient à ma rencontre. Je les croiserai à nouveau dans la soirée.
Le château de Chillon se précise, je pourrai revirer de bord pour
rejoindre Le Bouverêt.
Un bord de près, un peu de gîte, une bonne manière de se réveiller un peu.
Il est déjà 4 heures. Il devient évident que je naviguerai jusqu'au
couchant.
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Vers
Le Bouveret
Le vent retombe, masqué par le relief. Il devient temps de repartir vers
l'ouest.
Je suis bien au bout du lac. Le pari est réussi mais cela veut dire que je
ne suis qu'à mi-chemin.
Ligne droite vers le Lavaux. Tant pis, au diable les règlements, je coupe
au plus court, par le milieu du lac.
Le vent redevient instable et me voici encalminé. Devant Vevey, je peux
abattre un peu et re-hisser le spi.
Tiens, voici les premiers bateaux de la régate qui me croisent.
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Retour
en soirée
La lumière diminue, la nébulosité augmente, confirmant les prévisions
météorologiques du lendemain.
Mais pour l'instant je profite du paysage essayant d'avancer dans des airs
évanescents.
Un bateau de la régate affale ses voiles et rendre au moteur. Le soir, le
voix portent et j'entends son skipper proférer des noms d'oiseaux.
Ceci dit, cela fait déjà huit heures que je suis sur l'eau et par moment je
souhaiterais bien aussi avoir un moteur.
La nuit va bientôt tomber et je ne suis toujours pas à Cully ! Il me
reste encore 15 bornes !
Bon, je rentre le spi car de nuit, cela sera plus prudent.
J'allume mes feux chimiques. La température commence à diminuer et le
vent change à nouveau de direction. Me voici à
nouveau au près.
La côte s'estompe remplacée par l'éclairage public. Il fait noir et le
vent annonciateur de la dépression s'est maintenant levé. 40 minutes au
rappel et j'avale les derniers 10 kilomètres.
Enfin Lutry ! Je suis exténué mais si heureux.
Il est 23 heures. J'ai navigué 12 heures pour faire 60 kilomètres.
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Organisation
Liste du matériel embarqué pour ce raid
solitaire en 420 :
Sécurité
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Ancre parapluie
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Pagaie
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Feu de détresse
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Gilet de sauvetage
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Cyalumes rouge et vert
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Lampe de poche
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Téléphone portable
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Crème solaire
Avitaillement
-
3 litres d’eau, prévoir un litre d’eau
supplémentaire.
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2 canettes de bière
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2 sandwiches, prévoir plus de nourriture
(fruits secs)
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bonbons
-
vêtements de rechange dont combinaison néoprène
-
sac étanche
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Bonjour,
Jolie promenade, bravo. je rêve d'en faire de même, mais ai un peu de travail à faire sur mon 420 Lanaverre, de 4 ans cadet de celui-ci. Aidez-moi à le restaurer, j'attends vos conseils sur lanaverre.420.free.fr