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Accueil / Récits / Italie / Venise en Astus 20 / Escale à Murano

<<Lagune de Venise

Venise>>

Escale à Murano

Samedi 30 juillet, 3ème jour

La chaleur nous réveille vers 8h. La marée haute a décollé le bateau de la vase et nous prenons le temps de petit-déjeuner sous l'indispensable taud de soleil, complété par un paréo pour bloquer le soleil rasant.

Le hamac installé la veille est toujours en place mais nous ne l'avons pas utilisé. Il s'agissait d'un test pour installer notre tente igloo de 2 places sur le trampoline ainsi élargi au lieu de l'installer dans le cockpit. Malheureusement, le hamac se creuse trop lorsque l'on s'installe dessus et rend le couchage impossible à cet endroit car l'on se retrouve à moitié sur le flotteur et à moitié dans le vide.

Tant pis, il faudra continuer d'utiliser le sommier à lattes déroulable et les matelas pneumatiques pour le bivouac à bord.

Une petite brise thermique se lève de bonne heure et nous rafraîchit agréablement. Nous observons de loin un couple en pleine cueillette de crabes dans la vase.

En fin de matinée, nous partons vers l'est (1) dans si peu d'eau que nous sommes obligés d'évoluer sous foc seul avec le safran en grande partie relevé.

Sans traîner, nous fonçons sous spi sur Murano (2). Pas question de laisser filer la journée sans avoir trouvé un coin plus agréable pour passer la nuit suivante.


La rame reste un moyen de propulsion prisé sur la lagune. Debout et face à la route, c'est le poids du corps penché vers l'avant et appuyant sur l'aviron qui propulse énergiquement la pale vers l'arrière.

Ce style de nage typique de la région est sportif mais diablement efficace. Et pas uniquement réservé aux étroits canaux de Venise.


En ville ... sous spi

Nous longeons la ville de Murano sous spi, poussés par le thermique. C'est marrant, on a l'impression de naviguer en pleine ville.

Ce qui est moins agréable, c'est qu'à l'instar des villes terrestres, il y a un trafic de véhicules aquatiques en tous genres qui lève un clapot désordonné. On y croise des bus, des bateaux poubelles, des taxis, des ambulances,... Il ne manque plus que les piétons à la nage et les cyclistes en pédalo !

Pas de feux rouges non plus, c'est cool. Juste quelques chauffards pressés, parfois...


San Michele (3), l'île cimetière de Venise. C'est Napoléon qui, en 1807, décréta d'en faire un cimetière.


Cherche bivouac sympa

On commence l'exploration méthodique des abords de l'île de Murano.

Premier endroit repéré, un petit bassin creusé dans la terre (4) qui est bien abrité du clapot ambiant. Des matériaux pour des travaux et une barge sont stockés là. Pas de quai ni d'ombre, pas certain que nous soyons autorisés à rester là, nous passons notre chemin.

De l'autre côté de l'île, nous nous amarrons à un petit ponton en bois (5), à l'entrée d'un canal s'enfonçant dans la ville. il s'agit d'une vaste étendue quasi déserte à part un chenal permettant de sortir de l'eau gros navires avec un travel lift. Le problème : impossible de trouver un moyen d'accéder à pied à la ville pourtant toute proche, de l'autre coté du chenal.

On se décide alors à rechercher une place dans l'un des petits canaux de la ville. Il y a des bateaux garés partout sauf à un endroit où l'on s'arrête (6). On comprend en voyant les cailloux sous la surface de l'eau pourquoi personne ne s'est installé là.

Les locaux nous regardent d'un oeil étonné nous enfoncer dans l'étroit canal avec notre engin extra-large comparé aux gondoles. Ils nous hèlent pour nous prévenir de la présence d'un pont un peu plus loin.

Nous faisons demi-tour vers la sortie et observons envieux le long quai désert (7) faisant face aux travaux en cours de réalisation de l'autre côté du canal... renseignement pris auprès d'un vieil homme accueillant, nous pouvons nous amarrer là et y rester la nuit. Il faudra juste dégager lorsque les travaux reprendrons une fois le week-end terminé.

L'endroit est super, au bord d'un grand parc (8) où coule en permanence des fontaines d'eau fraîche et potable. Il y a même une aire de jeu pour les enfants et de grand arbres apportant une ombre rafraîchissante.

On en profite pour refaire le plein d'eau. Par cette forte chaleur et privés de baignade, notre consommation d'eau est à la hausse : 5 bouteilles de 1,5 litre par jour pour nous 4.

En se promenant dans le parc, les filles débusquent des lapins "sauvages" peu farouches.

L'amarrage du bateau est parfait. Nous squattons une installation abandonnée le temps des travaux : une planche en bois en guise de ponton pour débarquer au niveau du franc bord avant de grimper sur le quai par une échelle en fer.

Les 2 poteaux soutenant la planche sont gainés d'un gros tuyaux en polyéthylène noir par vraiment esthétique mais diablement efficace pour protéger la coque lorsqu'un bateau à moteur passe en laissant un ressac agité derrière lui.

L'art du verre

Murano est connu dans le monde entier pour ses verreries d'art. Nous passons le reste de la journée à nous promener dans cette ville très agréable.

Les ateliers sont nombreux mais pas de visite possible le week-end. Nous nous contentons d'admirer les innombrables oeuvres exposées dans les vitrines. Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. C'est incroyable de découvrir toutes les variétés et subtilités possibles dans le travail du verre !

 

On se régale à parcourir cette très jolie petite ville à taille humaine, appréciant les ruelles ombragées rafraîchies par la brise thermique.

Dégustation de nos premières glaces italiennes, exquises, tandis que les filles s'achètent des éventails dans une boutique de souvenir et qui s'avèreront être des accessoires bien utiles.

Elles se les payent grâce à l'argent des amendes récoltées à chaque juron que je profère (c'est la règle à bord). Entre les problèmes de voiture et les autres difficultés que nous aurons à affronter, elles vont d'ailleurs pas mal s'enrichir durant ce périple...

 

C'est bon pour le moral

De retour au bateau, on se paye une douche sur le quai et pour parfaire cette belle journée, une bonne plâtrée de pâtes rehaussées de Comté fondu.

Même les moustiques, qui débarquent à 20h30, sont moins nombreux que la veille. Surtout que cette fois, avec les flotteurs repliés (pour ne pas trop encombrer le passage dans le canal), la moustiquaire est correctement posée. Les 2 moustiques qui parviendront à trouver une entrée se feront littéralement exploser par Léa qui s'avère redoutablement efficace à ce petit jeu.

On termine la soirée par une partie de carte avec le moral reparti au beau fixe comparé à la veille.

Mis à part l'arrivée à minuit d'un bateau italien dont on entend la conversation bruyante bien avant de percevoir le moteur, la nuit est tranquille et nous permet de récupérer du stress accumulé ces derniers jours.


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