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Accueil / Récits / Italie / Venise en Astus 20 / Départ laborieux Départ laborieuxMercredi 27 juillet 2005. C'est le jour prévu pour notre grand départ. Depuis quelques années que nous pratiquons la rando nautique avec nos jeunes enfants, chaque projet de navigation estivale surpasse le précédent. Nous partons de plus en plus longtemps et de plus en plus loin... avec des bateaux de plus en plus volumineux et confortables, il est vrai. Cette fois, on a mis la barre franchement plus haut. En éloignement d'abord puisque l'on a décidé d'aller voir pourquoi la Croatie était devenue la destination de croisière à la mode ces dernières années. Sur la durée ensuite car après avoir fait tant de route, autant en profiter pour en voir un maximum sur place. Nous voilà donc partis pour 4 semaines de périple. En fait, la route jusqu'en Croatie (1) n'est pas si longue de chez nous. Tout juste 800 km en partant de Cannes (2). C'est moins loin que si nous avions décidé d'aller naviguer dans le bassin d'Arcachon ! Sauf que là, il faut passer 3 frontières, parler d'autres langues, changer de monnaie, d'histoire et d'habitudes. Un avant-goût du grand voyage en quelque sorte. Le carrosse à voile est prêt, il ne manque plus que l'attelage mécanique mis en révision avant d'attaquer la longue route. Appel du garagiste : "Y'a un problème. L'embrayage est au bout du rouleau". Pas question de risquer la panne, on décide de repousser le départ d'une journée et de faire changer l'embrayage. Après nous être délestés d'un millier d'euros (gloups !), nous récupérons notre voiture le lendemain en fin de journée avec son embrayage neuf. Le temps d'installer le coffre de toit, de tout charger et de casser la croûte, nous prenons la route le soir à 21 h. Notre chargement est conséquent. Ne sachant pas trop ce que nous allions trouver sur place comme approvisionnement capable de se conserver au chaud, nous emmenons avec nous quantité de victuailles "longue conservation", sans parler des vêtements et autre linge de rechange. Le coffre de toit nous permet de garder l'intérieur de la voiture relativement dégagé pour pouvoir y dormir à 2. Car pour ne pas perdre de journées sur la route, on a décidé de rejoindre la Croatie en plusieurs "escales". L'idée est de partir en fin de journée, rouler le soir à la fraîche, dormir en chemin dans le bateau et le monospace et d'arriver le matin quelque part au bord de l'eau. On met à l'eau, on navigue la journée puis on ressort le bateau en fin de journée pour poursuivre la route.
Escale aux Cinque Terre ?Première escale envisagée, le Parc Naturel des Cinq Terres (3) à 300 km seulement et décrit comme une véritable oeuvre d'art de la nature avec ses falaises en surplomb sur la mer, ses petites plages enfoncées dans la roche et sa difficulté d'accès gage de sa préservation. Malheureusement, les fortes chaleurs qui sévissent depuis quelques jours ont favorisé la prolifération d'une micro algue toxique qui a déjà envoyé plusieurs touristes à l'hôpital... ce n'est peut être pas le moment de s'y arrêter ! On coule !Après une heure de route, je remarque la jauge à carburant qui descend rapidement. C'est normal. Nous grimpons les contreforts des Alpes italiennes, chargés à bloc et avec la clim à fond. Après 250 km seulement, je refais le plein... et toujours cette odeur d'essence persistante depuis le premier kilomètre lorsqu'on a fait le plein de la nourrice pour le moteur. Et puis voilà l'embrayage qui se met à brouter dans les montées. Plus de doute, quelque chose ne tourne pas rond. On sort de l'autoroute à la recherche d'un endroit tranquille pour passer la nuit et on prend un chemin au hasard entre les champs jusqu'à une aire en terre battue. Inspection de la voiture qui est couverte d'une couche poisseuse d'essence. L'odeur est envahissante et une flaque se forme rapidement sous le moteur. Le bateau n'est pas encore à l'eau que nous fuyons déjà de toute part. Impossible de rester là au risque de se retrouver à sec au petit matin. Je m'extirpe à grande peine de cet étroit chemin tortueux bordé de fossés profonds que l'on devine dans la nuit noire. Nous ne sommes plus qu'à 200 km de Venise... Essayons d'arriver au moins jusque là. L'embrayage patine de plus en plus et nous devons réduire significativement l'allure. 4h30 du matin. Épuisé et stressé, je m'arrête dormir 2 heures sur une aire d'autoroute histoire d'être certain de trouver de l'essence à mon réveil. Enfin à l'eauEn arrivant au petit matin sur Venise, nous mettons le cap vers le nord de la Lagune à la recherche d'une mise à l'eau ... qu'on nous indique finalement au sud de la ville, à Fusina. Avec un peu de mal, on finit par dégoter au détour d'une petite route la mise à l'eau indiquée (4). Un simple plan incliné en bois qui se jette en porte à faux dans un petit canal. Cela fera très bien l'affaire si l'ouvrage n'est pas vermoulu et veut bien supporter le poids de notre attelage. Il ne manquerait plus que l'on se retrouve avec la voiture dans l'eau ! J'abandonne là mes femmes pendant que j'amène la voiture chez le concessionnaire Renault de la région, situé par chance à quelques kilomètres de là (à Maghiera). La durite d'essence fuit à grand jet en arrivant sur le moteur. Elle a dû prendre un choc lors du changement de l'embrayage. Si ce n'était pas du gazole, la voiture aurait déjà pris feu depuis longtemps... Et dire qu'on a claqué plus de 1000 euros la veille pour être tranquille... Nous sommes le vendredi, le garagiste n'aura pas les pièces pour réparer avant le lundi. Cela nous laisse 4 jours pour explorer la lagune. Parfait. Seule consolation de cette mésaventure, on a trouvé une place idéale pour garer la voiture et la remorque à l'abri dans le garage.
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