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Accueil / Récits / Italie / Venise en Astus 20 / De Burano à Chioggia
De Burano à Chioggia5ème jourLundi matin, le week-end est bel et bien terminé. A 8h pétantes, les travaux dans le canal démarrent dans le bruit des machines. Une grosse foreuse perce des trous profonds pour y couler du béton. Aucun signe d'énervement de la part des personnes affairées au chantier concernant notre présence mais nous préférons décamper rapidement et fuir le vacarme. Le vent de force 2 à 3 a soufflé toute la nuit et continue ce matin. On s'arrête devant une petite île privée (1), accrochés à un poteau en béton bordant le chenal (je ne sais pas si c'est autorisé mais en tout cas, c'est très pratique). Nous y prenons notre petit déjeuner face à cette immense et magnifique propriété avec garage à bateau fermé. Dans cette partie de lagune, au nord de Venise, le trafic est bien moins intense. Nous tirons des bords avec un ris dans la grand-voile jusqu'à l'île de Burano (2). Dans les rafales, le haut du mât prend une courbure insolite vers l'avant. Je comprend mieux lorsque je vois que le haut de la ralingue de GV est sorti de la gorge du mât. Arrivés sur Burano, nous entamons par l'ouest le tour de l'île de Mazzorbo(3),adjacente et reliée à Burano par un grand pont, à la recherche d'un endroit pour accoster et laisser le bateau. Nous trouvons ce qu'il faut de l'autre côté de l'île, le long d'une passerelle (4) menant à un débarcadère privé. Une fois débarqués et passés le pont qui mène à Burano, nous découvrons un village pittoresque aux façades multicolores. Ici, la spécialité artisanale, c'est la broderie. Pas aussi spectaculaire ni aussi "tendance" que les oeuvres d'art en verre de Murano... La voiture... suite et pas finC'est aujourd'hui que nous devons récupérer notre voiture et prendre enfin la route pour la Croatie et ses eaux limpides dont nous rêvons. Nous profitons de nos dernières heures sur la lagune, attablés sur la terrasse d'un petit restaurant au bord de l'eau. J'appelle le garage... problème. Pas de nouvelles de la pièce commandée qui n'arrivera que dans 2 ou 3 jours ! Nous voilà contraints de prolonger notre séjour dans ces conditions franchement pas faciles : chaleur, moustiques, difficultés pour trouver un endroit adéquat pour bivouaquer avec les enfants. Le moral est en fond de cale. Coup de fil en France, le papa de Florence contacte l'assistance de notre assurance qui nous rappelle au resto. Nous sommes routés vers la cellule italienne qui propose de nous trouver un hôtel à l'endroit de notre choix. Cool ! Puisque nous avons navigué dans le nord de la lagune, nous suggérons Chioggia (5), tout au sud. L'assistance nous rappelle peu après pour nous indiquer qu'une chambre nous est réservée pour 2 nuits à l'hôtel Grande Italia. Voilà la question du bivouac résolue ! Après le repas, nous retournons à la librairie où Florence a repéré une carte de la lagune. Zut, c'est fermé jusque 15 heures. Tant pis, nous remettons les voiles sans carte. Armé de mes 2 croquis de la lagune, ça ne rate pas, je me plante d'embranchement entre plusieurs chenaux. Nous voila repartis vers Venise au lieu de longer la bande littorale. Je n'ai toujours pas sorti ma boussole et le ciel voilé n'aide pas à s'orienter. Encore victime de mon excès de confiance. Il faut dire que sur les croquis extraits du très complet guide Imray, ça a l'air super simple mais en réalité, il y a bien plus d'îles et d'îlots que cela. Un vrai labyrinthe. Je tente de couper à travers les îles mais les fonds remontent et il faut naviguer en relevant le safran ce qui lui fait subir des efforts inhabituels. Craignant l'avarie et pas du tout certain de trouver un passage entre ces îles, je me résigne à revenir vers le chenal vénitien. Une fois parvenus devant Venise, nous pouvons enfin couper vers Lido (6) et suivre la berge. Finalement, cette option ne s'avère pas meilleure car nous voilà à l'abri du vent. Et si l'on s'écarte de la berge, on manque d'eau pour le safran. Le parcours (au moteur) le long de Lido ne présente guère d'intérêt. C'est une succession d'immeubles résidentiels qui profitent des possibilités de baignade de l'autre côté de la bande de terre où l'on se retrouve en mer ouverte. On finit par décider de sortir du chenal et couper hors des sentiers battus pour retrouver un peu de vent et continuer sous voile à 5-6 km/h au bon plein dans un vent affaibli. On croise régulièrement des rangées de poteaux en bois qui bordent des canaux ou qui servent d'enclos. Dans ce cas, il faut rapidement repérer un passage avant de s'empaler sur la barrière ! Après l'effort, le réconfortIl nous faut 6 heures pour arriver au bout de la lagune ! Avec une cinquantaine de kilomètres de long, la lagune de Venise est bien plus vaste que ce que l'on imaginait. On commence par se pointer dans la mauvaise marina, celle de Santomarina (7), côté mer. Le temps de débarquer, de constater l'erreur et nous voilà repartis juste en face vers Chioggia (5). Arrivés au très élégant Club Sportivo (8) qui gère la marina de Chioggia, on nous attribue facilement une place au ponton visiteur (9) où nous amarrons notre trimaran pour 20 € la nuit (prix pour 2 personnes). Nous attrapons plusieurs sacs à dos et partons à la recherche de notre hôtel (10). Distant d'à peine 300 mètres par la mer, il nous faudra plus de 20 minutes de marche pour y arriver par la terre, le temps de traverser la zone industrielle à la recherche d'un pont permettant d'accéder à la vieille ville. En entrant dans la ville, on découvre avec bonheur une pancarte indiquant Hôtel Grande Italia ... suivi de 4 dessins en forme d'étoile que nous recomptons plusieurs fois, incrédules. Il est 21 heures lorsque nous arrivons dans le hall luxueux, nos sacs en bandoulière, fatigués, en sueur, vêtus de shorts et tee-shirts sales auréolés de sel, pas rasé et les cheveux hirsutes. L'employé tiré à 4 épingles derrière son comptoir nous accueille avec le sourire en nous remettant les clés de notre chambre.On découvre une suite immense ou l'entrée seule fait déjà 4 fois le volume de notre cabine. Les filles s'installent dans le grand salon, nous prenons la chambre au lit king-size. L'air conditionné qui distille une fraîcheur apaisante et la grande salle de bain en marbre sont un pur bonheur après ces journées plutôt ardues. Comble du raffinement, lorsque j'ouvre les yeux pendant la nuit , je découvre la voie lactée phosphorescente qui s'illumine, peinte sur le plafond de la chambre. Une nuit de rando à la belle étoile ... dans un 4 étoiles.
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