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Région d'Agde en Tabasco

 

Programme ambitieux

Mon projet initial de navigation : quelque jours à Agde (1), bassin de Thau (2), lac du Salagou (3), lac de Pareloup (4) et, s'il me restait du temps, le lac de Vassivière (5). Programme un peu trop chargé pour être accompli avec une météo qui s'est avérée un peu trop capricieuse.

Première mise en situation en terrain inconnu : il faut chercher où mettre à l'eau, où garer la remorque et où laisser le bateau à l'eau ... et le tout en sécurité.
La découverte de cette petite partie de casse-tête à résoudre à chaque nouvelle mise à l'eau, (je mettrais ça sur le compte d'un manque d'expérience dans ce domaine) ainsi qu'une météo assez incertaine dans le reste de la France, ont fait que mon programme a été beaucoup plus allégé.
 
Après avoir trouvé les 3 ingrédients et n'ayant pas envie de les rechercher de nouveau quelques kilomètres plus loin, je suis donc resté chez un ami qui habite dans son catamaran au bord de l'Hérault, à Agde (1), à 3 km de la mer.

Mises à l'eau

Plusieurs cales sont possibles le long de l'Hérault.

Côté Tamarrisière :
La première (6) est mal entretenue et soumise au clapot mais c'est la plus proche de la mer.

La seconde (7), au Grau d'Agde, est la  mieux conçue mais fréquentée par les jet-skis. Un petit parking permet de prendre le temps de se préparer tranquillement.

La troisième (8) est sous le pont de la voie rapide (pas rapide du tout en été) avec une pente  limite (j'ai dû soulager l'arrière du bateau).

Côté Grau d'Agde :
La quatrième (9), à Agde, est peu fréquentée. Bonne pente mais il faut mâter quasiment presque dans la pente car il y a des platanes qui empêchent de passer. Parking le long de la rue… quand il y a des places.

Départ à la voile vers la mer en descendant l'Hérault

C'est encore loin la mer ?

J'ai mis à l'eau sur une cale à la pente très limite où j'ai dû immerger les roues jusqu'aux jantes mais la tramontane soufflant depuis plus de 2 jours, l'eau de l'Hérault est plus douce que salée.

Stationnement ensuite de la remorque, enchaînée à un arbre devant le catamaran du copain et bateau amarré à couple.
Seul problème : les barquasses de touristes qui passent parfois au-delà de 5 nœuds et qui occasionnent de sacrées vagues. Il vaut mieux soigner l'amarrage et le positionnement des pare-battages.
 
Je n'ai, hélas, pas de photos de navigation en mer. On aurait pu prendre le fort de Brescou (10), qui balise l'entrée du port du cap d'Agde, ou la plage de la Conque (11), bien caractéristique avec ses falaises, mais... regrets...
On n'a pas pensé à sortir l'appareil et par la suite, l'appareil est resté avec les plagistes.

J'avais emmené le caméscope afin de me faire une petite vidéo que je regarderais durant mes longues soirées d'hiver sans naviguer. Je me suis filmé et en visionnant, cela me fait penser aux images vidéos des navigateurs solitaires, on filme les mêmes choses, le sillage, le loch, le pilote qui travaille tout seul ...

 

1ère sortie

La tram est tombée, laissant place à du marin léger (force 3). Petite sortie familiale, remontée au près jusqu'au cap d'Agde mais, petit à petit, Pauline a le mal de mer…

2ème sortie

Toujours du marin mais plus fort (force 4, ça commençait à moutonner par endroit) occasionnant de plus grosses vagues (elles arrivaient jusqu'à la hauteur du  balcon).

Je dépose ma famille sur un ponton au bout de l'Hérault pour qu'ils puissent profiter de la plage et pars en solo affronter les éléments. D'ailleurs, toutes les navigations qui suivent seront en solo, la famille préfèrera profiter de la plage plutôt que de se faire secouer dans le bateau.

Première expérience de prise de ris en solo par mer formée. C'est faisable mais il va falloir que je regarde de plus près votre système pour arrimer le point d'écoute ... (et dire que j'ai côtoyé les cramés du Tabasco pendant 3 jours lors du Revival Tabasco Tour et que je n'ai pas pris une seule photo ni même regardé de près comment c'était fait).

Ca tape, ça secoue, ça mouille … mais ça avance tranquille, sous "pilote élastique", à l'abri dans le roof, assis sur le puits de dérive et laissant juste dépasser la tête pour surveiller.

Tentant de remonter la côte au delà du cap d'Agde vers Marseillan (12), une fois passé le fort, je me retrouve au travers, allure plus confortable.
Ensuite, j'essuie un nuage de brume. Ne voyant plus au delà de 300 mètres, je préfère faire demi-tour ...

Retour grand largue, en faisant des petits surfs (je ne sais pas si on peut parler de surfs mais plutôt d'accélérations) sur chaque vague à 7,5 noeuds...
J'ai appris plus tard qu'en fait, le Marin occasionne un courant d'environ un nœud, voir plus, au niveau du cap ... J'avais donc le courant aux fesses.

Petite chaleur en rentrant au port : j'étais en train de filmer l'entrée dans le chenal à plus de 6 noeuds, mais passant au travers, dérive partiellement relevée, le bateau dérapait dangereusement vers les cailloux. Pose du caméscope en catastrophe et déroulage du treuil de la dérive également en catastrophe. J'ai même eu peur de trop dérouler et de défaire le câble...

3ème sortie

Après avoir déposé la famille, encore une sortie solo. Cette fois, j'avais pris le ris à l'avance. Mais c'était encore trop toilé, il fallait que je change la voile avant... Encore une expérience de plus pour ce que j'appréhendais le plus ...

Eh bien, ça secoue pas mal ... Toujours sous pilote maison, le bateau suit son cap tranquillement pendant que je m'affaire sur la plage avant.

"vieux crabe", le seul vieux gréement du Grau d'Agde

4ème sortie

Petit temps, force 2. Je tire un grand bord vers le large, au près, espérant faire le retour sous spi. Mais, sans m'en apercevoir, le vent a tourné. Le temps que je prépare le spi, impossible de le hisser en prenant le cap du retour, j'étais toujours au près. J'ai même dû tirer un petit bord pour rentrer dans l'Hérault.

Sortie de l'Hérault encombré par le petit bac qui relie la Tamarrisière au Grau d'Agde

5ème sortie

Toujours du sud-est, force 3. Je vais enfin tenter d'aller à Marseillan.

Une fois au large, je croise la route de croiseurs de 25 à 35 pieds qui rentrent sur le Cap. Bien sûr, je vire à leur niveau et m'amuse à les suivre, voir même à en distancer quelques uns. Ca marche bien un Tabasco dans le petit temps !

Il va cependant falloir que je revoie sérieusement ma tension de drisse du génois, mon cap n'est pas terrible ... (Merci a "Rouge", un cramé du Tabasco, pour les conseils de joueur de harpe + changement de section de drisse. Depuis ça remonte impec).

Pour le retour, là encore, le vent a tourné. Pensant faire tout le retour au travers, puis grand largue, je vais faire du bon plein puis du travers mais c'est encore bon pour hisser le spi.

Une fois le cap passé, je hisse le spi. Là encore, je suis surpris de voir le bateau faire route tout seul, sous "pilote", le temps que je prépare le spi. Mais plus la journée s'écoulait, plus le vent tournait et mollissait. J'ai dû finir les derniers 800 mètres plus les 3 km de l'Hérault au moteur...

Didier Serrut, octobre 2007

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