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Accueil / Récits / France / Méditerranée / Porquerolles et Port-Cros en Astus 20 et Iskio 595

<<Tour de Corse en Magnum 21 (en couple)

Corse du sud en 5o5>>

Virée en mono et multicoque aux iles d'or

 

Texte de Jean-marc Schwartz
photos de Christophe Meyer, Benoît Laine, Bernard Collaudin et Jean-marc Schwartz.

Ce 14 juillet 2005 qui tombe un jeudi est un prétexte idéal pour s'évader 4 jours à 2 bateaux et faire découvrir la rando nautique à 3 nouveaux équipages.

Partis de Cannes de bon matin, nous voilà moins de 2 heures plus tard sur la grande cale de mise à l'eau du port d'Hyères.

Ce pont du 14 juillet est probablement l'un des week-end les plus chargés de la saison et il y a déjà foule sur la cale (payante).

Elle est heureusement suffisamment vaste pour que nous puissions nous mettre dans un coin et préparer les bateaux sans gêner  la mise à l'eau des engins motonautiques qui se bousculent au portillon.

Proche de l'aéroport, le matage n'est normalement pas autorisé sur la cale... alors que des voiliers aux mats bien plus imposants stationnent sur leur cat-way à quelques mètres de là.

Faisant fi de cette aberration administrative, nous matons rapidement et mettons à l'eau les 2 bateaux.

Il s'agit tout d'abords d'un trimaran Astus 20.1, le numéro un de la série, sorti de son moule quelques semaines auparavant.
Benoît, seul à avoir déjà navigué dessus (2 heures) en sera le skipper, accompagné de Jenny, Laura et Christophe (à qui nous devons la plupart des jolies photos illustrant ce récit !).

Je prends le commandement du second bateau, un voile-aviron Iskio 595 ultra léger, en compagnie de Ian et Bernard.

C'est la première fois que je pars avec ce dériveur atypique et ne sachant pas ce que cela va donner, j'ai préféré m'entourer d'équipiers peu regardant sur le confort et les conditions de navigation...

Le volume de sacs et de caisses chargées sur chaque bateau est vraiment impressionnant. Surtout pour l'équipage du trimaran qui a prévu large... Heureusement qu'il y a les cabines pour engouffrer tout cela.

Coup de bol, nous profitons d'une voiture qui quitte le parking tout proche pour y parquer l'un des véhicules avec les 2 remorques l'une sur l'autre.


Tandis que le motonautisme règne en maître sur les cales de mise à l'eau méditerranéennes, Jenny a déjà repéré sa place favorite à bord.
Nous mettons les voiles juste le temps de sortir du port et de rejoindre la première plage, quelques centaine de mètres plus loin, pour attaquer le pique nique. La dérive pivotante caresse un rocher tapis sous l'eau et que l'on n'attendait pas devant cette immense plage de sable rectiligne...

On s'installe à l'ombre des arbres, le long d'une immense propriété privée qui présente l'avantage de limiter la fréquentation à cet endroit aux seules personnes ayant eu le courage de marcher jusque là et aux 7 fainéants qui viennent d'y débarquer en bateau.
 

Après avoir mis un peu d'ordre dans le rangements des affaires à bords, nous remettons les voiles par force 2 en direction de l'île de Porquerolles.

Nous partons avec un peu d'avance car nous nous attendons à nous faire rattraper rapidement par le véloce multicoque...

Bonne surprise, il n'en sera rien !

Durant tout le séjour, dans le vent rencontré (force 1 à 4), nous tirerons profit de notre coque étroite, légère et copieusement toilée pour faire jeu égal avec le trimaran, au prix il est vrai, d'un rappel souvent sportif et d'une attention de chaque instant.

Il nous faudra une journée et un certain nombre de coups de gîtes incontrôlés avant que l'équipage s'habitue à la fougue de l'embarcation et que nous commencions à nous détendre à bords.

Même par force 2, le volage Iskio 595 impose de garder la main sur l'écoute et les pieds dans les sangles pour maîtriser les embardées.

Pendant ce temps, sur l'Astus 20, c'est la décontraction totale... écoute de grand voile au taquet et femme à la barre !

Le passage plus venté entre la presqu'île de Giens et Porquerolles permet d'accélérer.

Au fond à gauche, le mouillage encombré de la Plage d'Argent.

En arrivant sur Porquerolles, on évite soigneusement le mouillage saturé de la Plage d'Argent et l'on s'accorde une première escale de rêve dans un recoin bien plus tranquille.
 
Aussitôt arrivé, chacun s'équipe pour la plongée et part découvrir les fonds marins.

Cette partie de l'île regroupe quelques recoins superbes, micro ports naturels pour venir beacher à l'abri.

Malgré le week-end de pointe, la plupart sont déserts...

Nous repartons ensuite vers la pointe ouest de l'île pour un arrêt à proximité de la plage du langoustier.

Là encore, c'est quasi désert à cette heure de la journée. L'avantage des îles, c'est que les gens ni traînent pas trop.

En fin d'après midi, direction le village de Porquerolles.

Nous beachons sur la Pointe Prime et prenons l'apéro au soleil couchant (enfin, ceux qui ont pensé à en prendre...) avant de partir manger au village.

La foule et l'animation du village contraste avec la tranquillité du mouillage.

Impossible de trouver 7 places de libre dans un restaurant ce soir de 14 juillet.
Nous nous rabattons sur des pizza à emporter au son du bal donné sur la place du village.
 

De retour aux bateaux, nous montons le campement à bords car le bivouac à terre est interdit sur les îles d'or.

Sur l'Iskio, il faut monter des lits de camps au dessus du banc transversal du cockpit afin de pouvoir poser dessus la petite tente igloo où iront se caser Ian et Bernard pendant que je profite de la petite cabine, privilège du capitaine...

Sur l'Astus, les couples se font des politesses pour savoir qui prendra la cabine ou la tente de cockpit plus spacieuse.
 

Le vent se fait attendre le lendemain matin ce qui nous laisse le temps de faire sécher les tentes et les serviettes qui ont pris la rosée... et de piquer une tête dans la mer calme comme un étang.

c'est reparti au portant avec l'île de Port Cros en ligne de mire.

La mer et le vent calme sont l'occasion de longer l'île de Porquerolles de près et d'admirer les forts et batteries militaires, nombreux sur les Îles d'or.
 

 

Bien que nous soyons partis avec une bonne avance (l'absence de femme à bord écourtant significativement les préparatifs...), le trimaran nous rattrape alors que nous atteignons l'extrémité Est de l'Île.

L'Astus profite des calories apportées par son gennaker dans ce régime de vent "light".
 

On aura beau tangoner et ramer, L'Astus nous rattrape inexorablement.

Dommage que les longs avirons en carbone soient restés à la maison faute de place.

Lorsque le vent baisse encore d'un cran, nous dégainons notre arme secrète : 5 CV Mercury.

Plus courageux et mieux toilé, l'Astus continue sous gennaker en abattant un peu plus.

Nos chemins se séparent, eux partant vers le Nord de Port Cros tandis que nous pointons vers le sud de l'île.

Nous retrouvons du vent quelques temps après et pouvons poursuivre sous voile jusqu'à atteindre la "plage du sud".

Un petit arrêt au ponton nous permet de découvrir la richesse de la faune sous marine. Des poissons énormes nous tournent autours, habitués aux visiteurs inoffensifs de la réserve naturelle.

Nous repartons ensuite à la recherche de nos camarades le long de la côte nord.

Nous les retrouvons dans la baie de la Palud alors qu'ils viennent de se faire déloger par un garde du parc de la plage où ils avaient beaché.

Nous savions que le mouillage était interdit à cet endroit mais ignorions que l'accostage direct sur la rive l'était également.

C'est bien dommage car la plage de la Palud, hormis la foule de touriste qui viennent s'y agglutiner, dispose d'un sentier sous marin idéal pour observer de très près les poissons.

 

C'est maintenant un bon force 3-4 qui s'est établi et nous filons vers la grande anse de Port Man, à l'extrémité est de l'île.

L'équipage du trimaran en profite pour s'offrir une séance de nage tractée avec masque et tuba.

On est encore un peu trop sur le qui-vive sur l'Ikio pour se permettre se genre d'excentricité.
 

Arrivé dans la baie, nous nous faufilons entre les nombreux bateaux au mouillage et les bourrasques qui descendent du relief.

Au fond de la baie, nous embouquons le long chenal qui permet d'accéder à la terre.

Le reste des rives est protégé par une ligne d'eau.

Nous voilà à l'abri du vent et du soleil pour enfin pique-niquer, assis sur un matelas d'algues séchées, à l'ombre des arbres.
 

Chacun profite à sa façon de cette escale : plongée, sieste ou marche jusqu'au fort suivant.
 
Une jeune femme, garde du parc, viens à notre rencontre et nous explique sans animosité que nous ne pouvons pas attacher les bateaux aux arbre à terre, question de règlement.

Nous repérons alors un point d'ancrage sous l'eau qui nous permet d'avancer un peu les bateaux le long du ponton. Ce dernier est trop haut pour pouvoir les amarrer classiquement à l'aide de pare battages.

Petite anecdote : j'enfile palmes, masque et tuba et pars explorer les fond marins lorsque je tombe sur une bouteille en verre au fond de l'eau. Histoire de participer à la préservation de ce parc fabuleux, je descend la ramasser et poursuis la ballade lorsque je tombe sur une deuxième dont le culot est cassé.
Sans parvenir à vider le sable qu'elle contient, je la fourre avec la première dans un sac plastique qui traînait aussi fond.

Tandis que je poursuis ma contemplation des poissons, je sens quelque chose sur ma main. Je jette un oeil et fait un bon sous l'eau en découvrant les longues tentacules d'un poulpe en train de sortir du sac. Il était recroquevillé dans la bouteille cassé !
 

Avant de repartir, nous prenons un ris dans les grands voiles en prévision du long bord de bon plein qui nous attend jusqu'au continent.

Une fois sorti de la baie, un vent de force 3-4 nous cueille et nous entamons une longue chevauchée en direction du Fort de Brégançon, distant d'une quinzaine de kilomètres. Nous déboulons au bon plein tous les 3 au rappel en jouant sur la grand voile et la barre pour conserver l'assiette.

Lorsque l'on se retourne, nulle trace de nos camarades. Nous poursuivons jusqu'à la petite crique convenue comme point de rendez vous pour l'escale du soir.

Pendant ce temps, l'Astus 20 croise un collègue à trois pattes autrement plus affûté.

Nous nous inquiétons de ne pas les apercevoir sur l'horizon dégagé. On apprendra plus tard qu'ils ont d'abords mis le cap vers l'Île du Levant avant de revenir assez abattu vers le continent. Ils en seront quitte pour tirer des bords avant de pouvoir nous rejoindre.

Tant pis pour eux, nous avons, entre temps, squatté le recoin le plus abrité de la crique et leur laissons la plage, un peu plus agitée, pour passer la nuit...

En fait, il y a avait un peu top de cailloux pour venir y glisser le tri et ses flotteurs.

Gros festin bien arrosé le soir, grâce aux réserves de l'équipage du trimaran, tandis que Bernard nous concocte de succulentes pâtes au Conté fondu.

La nuit venue, une partie de l'équipe installe son campement sur la plage.

Ian qui préfère les grands espaces dort à la belle étoile après avoir protégé son sac de couchage par un sur-sac étanche.

Le lendemain matin, nous accostons sur la plage d'à coté pour le rendez vous avec le troisième  équipage venu remplacer celui de l'Astus 20.

La pente de la place est tellement douce que nous utilisons l'Iskio, calant à peine 15 cm de tirant d'eau, pour transvaser les affaires des 2 équipages entre la plage et l'Astus mouillé dans 30 cm d'eau, à une bonne distance de là.

C'est maintenant Jérémie qui prend les commandes du trimaran, accompagné de Christine, Lucille et Séverin.

Deux mousses, Jérémie (10 ans) et Louën (8 ans) complètent l'équipe.

Nous repartons au moteur en direction du Fort de Brégançon avant de toucher plus de vent pour retraverser vers Port Cros.
Une petite halte au charmant petit port du village le temps de déguster un café et une glace puis l'on part s'amarrer au ponton de la plage sud (réservé aux embarcations de 6 mètres maximum).
Tout le monde profite longuement de la plongée au milieu des poissons et vient l'heure de remettre le cap sur Porquerolles.

Quel dommage qu'on ne puisse rester dormir sur une plage de Port Cros.

Durant la traversée, l'équipage de l'Astus aura le droit d'effectuer la manoeuvre de l'homme à la mer lorsque Séverin volera par dessus bord à la poursuite d'un couvercle qui s'est envolé...

Il est déjà tard lorsque nous arrivons sur Porquerolles, abandonnés par un vent mollissant. Nous pensions nous arrêter pour la nuit sur les premières plages de l'île mais la profusion de bateaux au mouillage devant la plage Notre Dame nous fait douter de la tranquillité de l'endroit.

Nous repartons alors à vive allure au moteur vers l'autre bout de l'île pour nous arrêter sur une petite plage déserte.

Bernard, jamais à cours de recette, nous régale ce soir d'une paella subtilement rehaussée de tranches de saucisson sec grillées !

Pour le couchage à 6 sur le trimaran, il était prévu que les 2 hommes passent la nuit chacun sur un trampoline pendant que les femmes et les enfants se partageraient la cabine et la tente de cockpit.

Finalement, bravant l'interdit, Séverin optera pour une nuit à la belle étoile sur la plage avec les 2 enfants à coté sous une tente igloo. ils auront droit au passage matinal des gardes du parc qui leur expliqueront gentiment que tout bivouac, même à la belle étoile, est strictement interdit compte tenu des risques d'incendie l'été, quand bien même nous ayons pris la précaution de n'utiliser les réchaud qu'à bord.

Après un copieux petit dèj', le vent se lève et nous mettons les voiles vers la presqu'île de Giens que nous explorons jusqu'à dénicher un joli petit coin tranquille.

C'est truffé de cailloux et nous accostons avec prudence jusqu'à la plage en guidant les bateaux entre les obstacles, les pieds dans l'eau.

Nous trouvons l'ombre nécessaire sur la plage pour le pique nique, la lecture ou la sieste
tandis que les enfants explorent la mer et les grottes environnantes.

Il faudra des trésors d'ingéniosité et de patience à Séverin pour convaincre Loulou de nager au dessus des algues "menaçantes"...

La brise se maintient à 3-4 beauforts l'après midi et nous autorise un retour sur la plage des langoustiers à Porquerolles avant de rentrer à vive allure sur le port d'Hyères.

Petit coup de stress au moment de remettre le moteur en route devant l'entrée du port, lorsque l'embout de l'arrivée d'essence se coince et se casse. Nous en serons quitte pour rejoindre la mise à l'eau à la voile, comme au bon vieux temps...

Fin d'un week-end d'exception où tous les ingrédients étaient réunis : météo optimale, sites maritimes grandioses, voiliers vivants et "passe-partout", ambiance conviviale.
 


<<Tour de Corse en Magnum 21 (en couple)

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Astus 20.1
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