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Porquerolles en trimaran Astus et Magnum – partie 3

4ème jour

Le soleil est revenu et le vent est remonté d'un cran. Cela n'a pas empêché les régatiers de s'élancer en croiseur dans la rade de Hyères. Ceux qui n'ont pas voulu prendre de ris se font mettre au tapis par les rafales vigoureuses.

Nous savourons le spectacle, bien à l'abri sur notre petite plage, en attendant une accalmie.

La journée s'écoule tranquillement tandis que le vent semble ne pas vouloir fléchir.
Les uns s'affairent sur leur bateau, d'autres explorent les plages et grottes environnantes, se bagarre ou construisent des cabanes à doudou.

On ripaille, on rigole, on se repose… Le soir est encore loin et l'heure est à la détente.

N'empêche que cela fait plus de 24 heures qu'on est installé sur cette plage et je commence à avoir une furieuse envie d'aller voir ailleurs. Je suis partagé entre l'envie d'aller en découdre sur l'eau et la préoccupation de ne pas imposer une navigation musclée aux équipiers qui sont là avant tout pour prendre du bon temps sans se stresser.

Nous découvrons que le bateau ancré devant nous depuis que nous sommes arrivés là et qui arbore fièrement un grand pavillon est occupé par l'équipe du site Hisse et Ho. Eux aussi sont en standby depuis la veille.

Au milieu de l'après-midi, je décide d'aller faire un tour sur l'eau. Le vent souffle toujours aussi fort et Isabelle ne cache pas son appréhension du retour sur Hyères. Elle garde en mémoire la fin mouvementée lors de sa première rando l'année dernière à Cavalaire par un bon force 6, voir 7.

Je vais donc faire un tour dehors histoire de m'assurer que c'est facilement tenable pour un équipage peu habitué à ces conditions sur un tel petit voilier.

Je prépare mes 2 ris, nous capelons les gilets et nous voilà partis avec mes 2 équipières, la plus jeune planquée dans la cabine. Marc et Sylvie sur leur Magnum et Pierre en solo sur son Astus 16 se préparent à faire de même. Je me disais bien que je ne serais pas le seul à avoir des fourmis dans les gambettes…

Le chemin qui mène jusqu'à la sortie de la baie est particulièrement tranquille… Mais une fois passé la pointe, on change de registre. Le vent monte crescendo et les vagues avec. J'ai sorti un demi mètre carré de foc histoire de garder le bateau équilibré et je pars sur un bord de bon plein pour m'assurer de ma capacité à remonter au vent.
On se prend de temps en temps de bons embruns mais le bateau reste contrôlable. Il faut juste lâcher du lest dans les rafales qui atteignent un bon force 6.

Derrière, Marc et Sylvie ont sorti le foc en grand. Ou plutôt, c'est une rafale qui leur a sorti toute la toile d'un seul coup. Sous la tension, le bout qui maintient l'emmagasineur a complètement râpé les dents du taquet clam-cleat en plastique et ils ne peuvent plus le conserver enroulé. Impossible pour eux avec ce vent et cette toile excessive de remonter au vent. Ils doivent se contenter d'un bord de travers puis retour à la base.

Nous les suivons pour indiquer aux copains restés au mouillage que c'est gérable, d'autant plus que le bord de largue vers le port de Hyères sera plus abattu.

Chacun se prépare avant le grand départ. Gilets, cirés et tous les ris disponibles.
Marc fait un nœud sur le bout de son emmagasineur pour pourvoir dérouler un petit peu de toile.

Pierre sur son Astus 16 ne dispose que d'un seul ris. Il s'élance faire un tour dehors et je constate qu'il remonte malgré tout sans problème sur mes traces avant de revenir le sourire aux lèvres.

Toute l'équipe est fin prête, harnachée comme un commando avant l'assaut. Nous y allons tous ensembles. C'est rassurant de pouvoir ainsi compter sur la veille des autres en cas de difficulté en cours de traversée.

Le voilier d'Hisse et Ho remonte son ancre en même temps que nous … mais seulement pour aller mouiller un peu plus près de la plage.

Une fois dehors, ça monte doucement … mais bien moins fort que 20 minutes auparavant. Le force 5-6 s'est transformé en 4-5.
Du coup, la navigation est vraiment tranquille avec nos mouchoirs de poche.

Ca manque sérieusement de tonus et les focs finissent par être déroulés mais le souvenir des rafales de toute à l'heure me font hésiter à envoyer plus de toile. Je ronge mon frein en remontant au vent avec Pierre pour mieux pouvoir abattre plus tard et profiter des vagues pour surfer.

Arrivé à mi parcours, au milieu de "l'accalmie", je craque. Moi qui me faisais une joie de débouler jusqu'à Hyères sur les chapeaux de roue, je reste sur ma faim. Le vent ne semble pas vouloir regrimper au rideau aussi, j'arrête le bateau puis fais péter un premier ris. C'est encore trop molasson… On s'arrête de nouveau et le second ris est largué.
Enfin, le trimaran commence à s'animer. La vitesse grimpe et m'autorise les départs en surf dans les vagues.

Marilou, qui commence à avoir mal au cœur à jouer aux cartes dans la cabine alors que ça remue quand même pas mal, vient nous rejoindre dans le cockpit.

Je remonte progressivement les collègues partis loin devant pendant ma pause et commence à bien me régaler à l'approche de Hyères avec une mer et un vent qui forcissent quelque peu. Je dépasse le port, empanne et repart dans l'autre sens. Les vagues sont encore mieux orientés et les surfs au planning s'enchaînent. Quel pied !

Au grès des empannages, je passe en trombe les sillages de Marc et Jean-Claude qui ont prudemment gardé leur 2 ris.

Quand à Pierre, bien que seul à bord du plus petit des trimarans, son unique ris pris dès le départ lui a permis de s'envoler devant, plus rapide et plus au vent que tout le monde. Il se paie maintenant le luxe de revenir plein pot sur nous au portant… la bulle rouge de son gennaker déployée !

C'est bien là toute l'ambiguïté et l'intérêt de nos engins à trois pattes. Tranquilles et parfaitement sécurisants lorsque l'on réduit généreusement la toile ou fougueux et exaltants lorsque l'on s'amuse à pousser les manettes. Un même engin avec 2 visages, capable de passer du mode "père peinard" au mode "commando" selon l'humeur et l'envie de l'équipage.

J'attends le dernier moment pour mettre le bateau face au vent devant l'entrée du port. Foc roulé, moteur plein pot et GV affalée, on se fait allègrement secouer par le ressac en entrant dans la passe du port. En observant les vagues s'écraser sur les monticules rocheux qui servent de digue, je me dis que ce n'est pas le moment d'avoir le moteur qui cale…

Je rejoins Pierre à la mise à l'eau en m'interrogeant sur l'absence de Marc et Jean-Claude. Le premier a embouqué la seconde entrée du port pour aller directement à la mise à l'eau du club de voile.

Quand au second, Pierre l'a aperçu partir vers un autre endroit du port. Ce serait-il trompé de route ?

Nous aurons la réponse de Jean-Claude en allant le retrouver amarré à un autre bateau à quai : "Au moteur et à sec de voile, à 50 mètres de la passe du port, gros sur-régime suivi presque immédiatement d'une reprise d'un régime normal et surtout ... arrêt de la poussée !
Un coup d'oeil rapide vers l'arrière, il semble y avoir encore des bulles, mais la priorité n'est pas là, il faut passer le nez des enrochements poussé par le vent, re-dérouler un peu de foc et venir se mettre à couple du premier bateau accueillant.
Pas de casse, je relève le moteur et surprise… L'hélice a disparu !
Aucun bout ne traînait, aucun ne manque, je n'ai pas senti de choc particulier, le moteur n'a pas calé; la clavette de rotation et la
goupille de retenue ont disparu elles aussi…"

Bien sûr, ça lui est arrivé pile à l'endroit où je redoutais d'avoir le moteur qui cale.

Pierre repart sur l'eau avec l'Astus 16 pour le prendre à couple et le ramener à la cale de mise à l'eau. Heureusement qu'il avait replié ses flotteurs avant sinon la largeur hors-tout de cet héxamaran aurait avoisiné les 8 mètres !

La grande cale désertée à cette heure là (18h30) nous permet de prendre nos aises pour remonter et ranger les bateaux.
Toujours aussi incroyable le volume des affaires emportées par Pierre dans son Astus 16 !

Pour saluer le retour des "combattants", une escadrille de flamands roses passe au dessus de nous en formation. Isabelle peut maintenant se réjouir du bon déroulement de cette traversée tant redoutée où elle a pu s'amuser à barrer dans les vagues.

Les "au revoir" s'éternisent sur la cale, signe de la difficulté pour chacun de clore cette agréable équipée.

On n'est pas parti de l'endroit que l'on voulait.
On n'est pas arrivé à l'endroit que l'on pensait.
On a finalement très peu bourlingué durant ces 4 jours.
Mais quel grand bol d'air, que de bons moments et quelle détente pour chacun !

C'était notre première rando de la saison 2008… Vivement les autres !

De Jean-marc Schwartz, mai 2008

Commentaires

5 Commentaires
1- nettoyage bellenger, 23.05.2008 13:09 answer

Cher Jean-Marc,


Il faut que tu fasses nettoyer le capteur de ton appareil photo.

Le phénomène est accentué quand il y a beaucoup de lumière. Du coup, le diaphrargme se ferme complètement et la profondeur de champ est maximum, favorisant la mise en évidence des pétouilles présentent sur ton capteur.

Ainsi nous pourrons pleinement profiter de tes escapades nautiques.

Cordialement.

Hervé

2- Décidément... Philippe ( Winnie), 23.05.2008 16:36 answer

Moi j'vous l'dis, mon pôv'môssieur, les gens ne sont jamais contents .....

Pourtant, le schwartzou, il se décarcasse !!!

3- batoalo (Skipper Nautical Trek), 24.05.2008 13:53 answer

Non non!! c'est juste pour rendre service ... Big Grins Big Grins
Merci de ne pas avoir au passage relevé les fautes qui parsèment le message Mr. Green Mr. Green

4- saleté de pétouille ! Jmarc (Nautical Trek), 26.05.2008 21:16 answer

Effectivement Hervé, malgré un sérieux nettoyage de l'objectif, les saletés sur les clichés continuent d'apparaitre dans certaines conditions (photos extérieur avec le ciel en fond) Mad

Quand tu parles de faire nettoyer le capteur, tu veux dire "démontage de l'appareil par le constructeur" ? ça doit pas être donné comme intervention ... Frown

Est-ce qu'un numérique étanche nous met à l'abri de ce type de salissure ?

5- Belle Sortie Jonathan, 02.06.2008 11:09 answer

Vos photos dans la brise sont intéressantes. Belle sortie dans les Iles d'Hyères.

Ils marchent bien ces canots.
smile


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