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Accueil / Récits / France / Méditerranée / Mistral gagnant de Marseille à Toulon en Tabasco Mistral gagnant de Marseille à Toulon en Tabasco1er jour, juillet 2007Mise à l'eau au Vieux Port de Marseille (1): excellente cale à double pente, à côté de la capitainerie.Attention. Ne pas amarrer sans surveillance son bateau au ponton qui longe cette cale, car le bac pour Frioul accoste ici. Dépose de la voiture et de la remorque à Carqueiranne (2), à 85 km de Marseille, et retour en train, le but étant d'effectuer un "one-way". Nuit au cat-way du CNTL (Cercle Nautique et Touristique du Lacydon). Bon accueil, sanitaires corrects mais un peu éloignés. Quasiment chaque arrivée dans un port s'est traduite par cette conversation : Au port du Frioul, très mauvais accueil, sur un ton désagréable : "Y'a pas de place, allez voir ailleurs !". Alors on a tourné à la godille dans le port jusqu'à trouver entre deux gros voiliers la place pour nos 2 mètres de large, on s'est glissé sans bruit dans ce trou de souris et on a passé la nuit caché là, sans rien payer ; et toc ! 3ème jour, 5 millesLa météo lance un avis de grand frais pour les 3 jours à venir. Mistral, Nord-Ouest.On n'aura pas attendu longtemps pour découvrir le clapot court et haché, caractéristique de la Méditerranée. Le Tabasco, malgré sa faible longueur à la flottaison, passe plutôt bien, si, à la barre, on laisse l'étrave libre de choisir son passage. Je débarque mon équipière au quai du château d'If (4), d'accès scabreux car exposé au Mistral, pour la visite. "Désolé, Madame, le château est fermé à cause du coup de vent, la vedette ne peut plus accoster parce qu'il y a trop de ressac". Retour à l'abri du Vieux port de Marseille (1), pas la peine de casser du bois ni de l'alu dès les premiers jours de vacances ; et puis la perspective d'être coincés deux jours par la tempête dans une calanque ne nous réjouit pas trop. 4ème jour, 0 millesLa Canebière, le Panier, le vallon des Auffes, le parc Borély, Notre-Dame de la Garde…C'est l'occasion de recevoir l'ami Benoît à la sortie du boulot ; un costard cravate sur le Tabasco, le palan d'écoute n'avait jamais vu pareille chose ! 5ème jour, 16 millesLe vent a molli à 5 Beaufort. Nous décidons de quitter Marseille en direction des calanques.Au portant, le bateau trace à toute vitesse sous deux ris - petit foc et l'étroit passage (5) entre le cap Croisette et l'île Maïre est vite atteint ; de loin on a l'impression que les bords vont frotter. Première calanque visitée, Sormiou (6). Arrive un pneu de la Brigade des Flots bleus, chargée de faire respecter le règlement des calanques, qui change d'ailleurs chaque année. Extrait : Changement de ton, suivi d'un sympathique échange de vues sur les rapports entre les voileux et l'environnement. Nous profiterons même de nombreux conseils sur l'accès et le mouillage dans les autres calanques. Le vent est toujours fort et c'est plein vent arrière avec deux ris que nous longeons la falaise blanche pour arriver au couchant dans En-Vau (9). Les descriptions que j'avais lues lors de la préparation de cette randonnée nautique m'avaient amené à imaginer cette calanque beaucoup plus longue et étroite qu'elle n'est en réalité. L'eau y était, à ce moment, très froide (16 °) suite au coup de mistral qui chasse les eaux chaudes de surface vers le large. Comme chaque soir, j'avais soigné la qualité du mouillage : deux ancres empennelées plus une longue aussière à terre, nez au vent. Je n'ai pas eu à regretter ce travail quotidien : au coucher du soleil, le vent a forci régulièrement dans l'axe de la calanque, descendant par rafales furieuses du haut de la falaise. Toute la nuit, le bateau a fait le drapeau dans la tempête, le mât faisant des " S ". Au matin, plus de vent et aucun problème à bord, si ce n'est l'état de l'équipage qui avait peu dormi. Puis Port-Miou (11), très longue et bordée de chaque côté de bateaux serrés les uns contre les autres. Ici, pas question de poser sa pioche, il faut prendre une bouée blanche, gratuite le temps du déjeuner. Nous avons tout remonté à la godille, déclenchant chez les plaisanciers locaux l'invariable question : "Vous êtes en panne moteur ? Vous voulez qu'on vous remorque ?". Sympathique mais étrange région, où les voiliers avancent sous génois seul au portant et au moteur au près, où la godille est inconnue, et où l'on vous regarde comme un extra-terrestre quand vous entrez à la voile dans le port… Dès qu'on dépasse Cassis (12), la couleur de la roche change : de très blanche elle passe à un ocre sombre magnifique sous le soleil. Puis Saint-Cyr-les-Lecques (15), où la remontée des fonds produit des vagues " intéressantes " en Tabasco, passage entre l'île de Bendor (16) et la côte, nuit à Bandol (17). C'est dans ce port que d'antiques douches sont gérées par un système de cartes à puce qu'on vous oblige à acheter mais qui ne sont pas consignées… Par contre, la promenade de nuit sur les quais vaut le détour : quelle animation ! Les riches, mollement affalés sur les sofas de leurs immenses promène-couillons, garés cul à quai, buvant le champagne en lisant le journal, semblent indifférents à la foule des vacanciers qui flânent entre les marchands ambulants, photographiant les riches avec un brin d'envie mélangé à un soupçon d'ironie… Nous trouvons, très tôt, un magnifique mouillage dans une crique, à proximité du port de l'île des Embiez (19). Il faut, pour approcher le rivage, slalomer à vue entre les " mattes ", ces énormes patates de posidonies mortes qui servent de support aux algues vivantes et à de nombreuses espèces de poissons. Le Tabasco permet de s'approcher très près de la plage, en dépassant toutes les vedettes à moteur mouillées partout en vrac. L'île des Embiez est la propriété de Paul Ricard, ouverte au tourisme et plantée de vigne dont on tire un excellent rosé vendu exclusivement sur place. 8ème jour, 14 millesRouge me l'avait dit : le cap Sicié (20) constitue une frontière météo.On peut avoir du vent de Nord-Ouest jusqu'au cap et rencontrer une brise d'Est à Sud dans la rade de Toulon. Le vent nous a, en effet, accompagné mollement jusqu'à l'approche de la pointe, pour nous abandonner lâchement avant même d'avoir réussi à basculer sur l'autre " versant ". Je m'en suis même endormi à la barre une demi-heure pour constater au réveil que le bateau n'avait même pas dérivé. La mort dans l'âme, j'ai dû avoir recours à la risée Mercury pour passer Sicié, longer la presqu'île de Saint-Mandrier (21) et arrondir le cap Cépet (22) pour retrouver enfin une brise qui nous accompagne jusqu'à Toulon (23). Ah ! Toulon… Encore un magnifique exemple de cohérence de notre administration. Et la capitainerie nous place très gentiment sur une de ces pannes dont la grille d'entrée est fermée ; bah… faire le singe au-dessus de l'eau pour contourner la grille avec la vaisselle et la trousse de toilette dans les bras permet de rester jeune ! Demain nous devons retrouver Seliger quelque part dans la grande rade, la randonnée en amoureux se termine, place à la randonnée entre copains… De Jean Inizan, décembre 2007 2ème partieCommentaires
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Il en effet interdit de manoeuvrer à la voile dans nos ports,
même à la rame je me suis fait réprimander en public a grand renfort de mégaphone...
Ne parlons pas de la godille, un engin venu d'ailleurs..
Les calanques sont dans mes projets.
Je me trompe ou la cale de Marseille a un palier qui ne permet pas de beaucoup reculer la remorque ?
Peut-on laisser remorque et véhicule à Marseille même, ou est-ce impossible ?
Il y a en effet une marche au bout de la cale: pratique pour mettre à l'eau car le bateau descend dans l'eau profonde, mais il faut être attentif au moment d'effectuer sa marche arrière.
Pour le parking, j'ai préféré ne pas essayer de laisser la voiture et la remorque une semaine sans surveillance; et mes questions à ce sujet à la mairie et l'Office du Tourisme sont restées sans réponse... A proximité de la mise à l'eau, je ne vois pas d'endroit facile et sûr pour garer.
"Ils viennent du continent le matin, passent la journée à griller sur la plage avant, en string ou même à poil, en mangeant des glaces et en se baignant de temps à autre"
Moi, une des choses qui me plaisent dans la rando-navigation, c'est précisément de pouvoir trouver des petits coins peinards où m'ébattre en tenue d'Adam (extensible: je porte la même depuis ma naissance!), sans ennuyer personne...
Ca m'a pris ado, quand j'étais en vacances à Cavalaire avec mes parents et que nous sommes allés pédi-randonner à Port Cros. Dans l'anse qui fait face à l'Ile du Levant, les plaisanciers ne se gênaient pas et je me suis dit que moi aussi quand je serais grand...
Et maintenant, je suis grand! Youpie!
Et quand bien même, si tel n'était pas le cas (que j'apprécie le natu-nautisme), je ne me plaindrais pas, je crois, de pouvoir admirer les naïades nues qui m'entourent!
Même si elles portent un string, allez, ne soyons pas extrémistes!
What a question !!!!!