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Accueil / Récits / Espagne / Salon nautique de Barcelone 2006 Salon nautique de Barcelone 2006 |
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Le
dénuement, limite austère, du plan de pont tout plat laisserait penser
que le confort a été sacrifié au profit du look "contemporain"... mais
pas du tout. Le petit pontage avant, à travers lequel vient se planter
le mat très avancé (gréement de Cat-boat oblige), est suivi d'un immense
pontage servant de bain de soleil. Courant sur les bateaux à moteur, cet
espace farniente ne se retrouve, la plupart du temps, que sur des
voiliers de plus de 15 mètres, et encore, ils sont rares. Les adeptes de
la bronzette, ou de la sieste en plein air au mouillage, peuvent se
féliciter des origines méditerranéennes de ce petit voilier qui ne les a
pas oublié.En navigation sous voile, entre la gîte et l'exposition aux embruns, le plan sieste me parait moins évident... sauf que l'on va voir que ce petit bateau a plus d'un tour dans son sac à voile. |
Le pont "3 en 1"C'est chouette, me direz vous, un joli bain de soleil mais nous voilà amputés d'un bon morceaux de cockpit et de cabine. Pour joindre l'utile au futile, Marco Croci nous sort alors son arme fatale : le pont modulable qui autorise les 3 configurations !
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Continuons
la visite en nous intéressant au grand panneau sur le plancher du
cockpit avant. Retirez ce panneau pour découvrir une fosse étanche. On
peut maintenant descendre d'un niveau et venir s'asseoir sur ce qui
était naguère le fond du cockpit. Vous voilà confortablement installé,
profitant de la protection du bordé et du soutien dorsal du plat bord.
Et
si cette protection ne suffisait pas, il ne vous reste plus qu'à déplier
la capote discrètement intégrée dans le pont pour obtenir un abri digne
de ce nom.Quand je vous disais que ce voilier était génial... et encore, vous n'avez pas encore tout vu ! |
Les détails qui tuent
Je ne sais pas si c'est prévu d'origine mais pour les repas, le panneau de plancher du cockpit avant fera une table parfaite pour 4 personnes. Imaginez vous, confortablement installé dans ce cockpit avant, pliant et dépliant la capote en fonction du plus ou moins de soleil et de vent souhaité. Le plaisir du cabriolet sur l'eau ! Lorsque le plancher du cockpit avant est fermé hermétiquement par son panneau, cette partie du cockpit est au même niveau que le cockpit arrière et reste donc autovideuse. En cas d'entrée d'eau dans la fosse du cockpit avant (si le plancher est retiré par exemple), le volume envahissable limité réduit l'impact de ce surpoids sur la marche du bateau. On pourra continuer de naviguer ainsi ou utiliser la pompe prévue.
Un réservoir d'eau est prévu... pour la douche après la baignade.
Coté manoeuvre justement, la grand voile unique est hissée sur un mât carbone emplanté dans un tube traversant le pontage avant. Détail plutôt rare sur un cat-boat, un long bout dehors, en carbone également, tout comme la bome, permet de booster les performances au portant par l'ajout d'un grand gennaker. Structurellement, le mât est prévu pour tenir sans hauban. Cependant, afin de mieux contrôler sa courbure, notamment sous gennaker, 2 bastaques (très avancées) ont été ajoutées. On notera que le gennaker monté sur emmagasineur, l'absence de foc et la grand voile entièrement lattée accompagnée de lazy-jack, simplifient les manoeuvres à l'extrême pour le navigateur solitaire. Malgré ses airs de "racer", ce dayboat est initialement conçu comme un engin de ballade plutôt que comme un sport-boat. Son rapport poids/voilure avantageux est plus destiné à combattre la pétole méditerranéenne qu'à aller concurrencer les petites bombes en carbone. Sa grande largeur à la flottaison est avant tout un gage rassurant de stabilité même si cela devient un atout pour les départs au planning au portant.
Le rail du chariot de GV est fixé au fond du cockpit, facilitant la circulation et autorisant le barreur à régler l'écoute avec sa main avant, ce qui est plus pratique que d'avoir l'écoute déportée sur l'arrière. La tourelle du palan est fixé sur l'excroissance centrale recevant le bulbe de la dérive lorsqu'elle est remontée. Selon le réglage du chariot, le passage sous le vent entre le poste de barre et l'avant du cockpit sera encombré par les circuits de l'écoute. Pas bien gênant si l'on prend la peine de passer au vent. La dérive pivote intégralement dans la coque. Longue et fine, équipée d'un bulbe à son extrémité, elle permet au bateau d'être auto-redressable en cas de chavirage. Le "trou" dans la coque pour accueillir le bulbe génèrera probablement des turbulences importantes. Un système d'obturation est à l'étude, dans le genre de celui prévu sur l'Open 5.00. Le constructeur espère obtenir une homologation pour 5 personnes en
catégorie C. Autre espoir de Marco Croci, parvenir à sortir le bateau
équipé et lesté à 300 kg seulement ! Là, sachant que la coque sera en
polyester monolithique, j'attend de voir avant de croire... |
Un bijou à offrir à Noël ?Pour finir d'enfoncer le clou, la finition prévue pour ce dayboat est résolument haut de gamme. Outre les espars en carbone, on retrouve du bois vernis et du teck à profusion. Pour avoir une idée du soin apporté à l'esthétique finale, il suffit de jeter un oeil sur le Truc 12 du même constructeur. C'est superbe ! Si côté raffinement, la comparaison avec les Wally est justifiée, coté prix, on reste dans le domaine du raisonnable. A 15 000 euros HT en prix de lancement, cela reste accessible à celui qui souhaite se faire plaisir et s'offrir un joli petit voilier hors norme, capable de répondre à un large panel de programmes : de la sortie à la journée entre amis aux randonnées longues durées en couple en passant par l'escapade en solitaire, il peut tout faire. Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce bateau. Pour l'instant, ce n'est qu'un projet sur le papier qu'il conviendra de valider une fois réalisé, notamment la question délicate des écoulements d'eau du cockpit auto-videur et l'étanchéité du plancher du cockpit avant. Rendez vous donc au printemps 2007 lorsque les premières commandes déjà enregistrées auront été livrées. En attendant, je vais quand même laisser traîner la documentation au milieu des lettres au Père Noël de mes enfants, on ne sait jamais... |
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