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La côte sud-est de la Suède en Bris>>

Le Blekinge Archipelago Raid en K-bane 7.1

Immergez vous dans l'ambiance festive et bon enfant du 2ème Blekinge Archipelago Raid à travers le récit et les superbes photos de Laurent Seveno.

Imaginez le Golfe du Morbihan sans courant et sans marées, une multitude de petits ports traditionnels, des îles et des rias à perte de vue, des mouillages forains à profusion, une population chaleureuse toujours curieuse dès qu'une voile se profile à l'horizon, des gens amoureux des beaux bateaux et accueillants, et vous aurez le Blekinge, contrée sud de la Suède.

Vendredi 19 Août 2005
Eârendil, notre Kbane 7.10 vient juste de recevoir ses avirons et son artimon qui finalise son gréement de Yawl houari. Nous sommes fin prêts pour participer au 2ème Blekinge Archipelago Raid.
En route pour les 1840 Km qui séparent Tréguier de notre destination en Suède, nous passeront par Rennes et Paris où nous attendent Pascale et Luc, nos équipiers de choc.

La traversée de l'agglomération parisienne avec une remorque de plus de 8 mètres, un vendredi en fin d'après midi (même en août) est épique. Surtout ne pas se tromper de bretelle ! Ouf, grâce à notre navigateur Luc, tout se passe sans encombre et nous filons bientôt bon train vers la Belgique.

Un petit arrêt dès la frontière franchie nous permet de nous rassasier et en route pour l'Allemagne dont nous ne verrons rien, traversée de part en part par les autoroutes (gratuites) nous n'y voyons que des arbres, même les agglomérations de la Rhur nous seront invisibles ! A croire que l'Allemagne est une immense forêt.

Nous faisons une petite halte sur une aire d'autoroute pour un petit somme de 4 heures, confortablement installés dans la cabine du bateau. Le mouillage est sûr, mais un peu bruyant !

Samedi matin, voulant faire notre avitaillement tant que nous sommes dans la zone Euro, nous faisons l'ouverture d'un immense hypermarché proche de Lubeck. Drôle de magasin ressemblant à un entrepôt de grossiste, tout s'y vend en gros conditionnement, sans doute un souvenir du temps où l'Est passait à l'Ouest pour s'y ravitailler.

Direction Puttgarden où nous embarquons en Ferry pour une traversée d'une heure vers le Danemark.

Étrange contrée où terre et mer se mélangent sans qu'on en discerne toujours la limite, nous sautons d'îles en îles par des ponts parfois gigantesques. Sous nos roues, cela régate dur dans tous les bras de mer que nous enjambons. On aime la voile au Danemark.

Nous contournons Copenhague et empruntons le long tunnel qui débouche bientôt sur l'immense pont reliant le Danemark à la Suède, impressionnant !

Enfin la Suède. Aussitôt quittés les abords de Malmö (où se déroulent les sélections de la Louis Vuitton cup), nous nous retrouvons en pleine nature. Les villages sont rares , « c'est le far est ». Les panneaux de signalisation alertent sur le danger représenté par les rennes en liberté.

Ici, la circulation routière est plus que fluide et surtout très fair-play. Si d'aventure vous rattrapez un autre véhicule, celui ci se rabat sur sa droite en ralentissant afin de vous permettre de doubler ! C'est ici une coutume que nous adopterons vite.

Nous traversons ce paysage bucolique jusqu'à notre destination, Hällevik, petit village de chaumières colorées dans un environnement de bocage parsemé de gros blocs granitiques.
Nous sommes sans doute les derniers arrivés, aussi nous nous empressons de gréer le bateau et de le mettre à l'eau à partir d'une petite rampe.

Nous avons notre contrôle de sécurité par le comité d'organisation, aucun risque, je suis plutôt suréquipé dans ce domaine !(mais où est passée la paire de jumelles ??).

Le dîner offert par l'organisation permet de faire connaissance avec les autres participants qui viennent parfois d'horizons lointains (Nouvelle Zélande, Japon, Açores).

Nous sympathisons avec les belges, Marc et son épouse, accompagnés de leur fille. Marc a construit lui même son Stir Ven.

Dimanche 21 août
Après avoir convoyé nos remorques et voitures à Karlskrona, terme de notre périple, nous écoutons attentivement le briefing des responsables de l'association Albacore, organisatrice du Raid, j'ai nommé Charles-Henri Le Moing et Jochen Krauth.

Pour midi, le sympathique suédois propriétaire d'une petite guinguette de restauration nous offre notre repas, énorme toast chaud au hareng, à la purée d'oignon et à la confiture d'airelle ! Étrange mélange pour nous, mais au combien succulent.

Le départ de la première étape à la voile est donné en début d'après midi sous un soleil resplendissant et une toute petite brise de sud est. Les môles du port sont occupés par des familles suédoises venus admirer cette flottille variée.

Nous scrutons sous la surface de l'eau les innombrables gros blocs de roches qui parsèment les fonds. Il vaut mieux respecter les chenaux, surtout avec nos 1m90 de tirant d'eau !

Malgré la charge embarquée (nous sommes un des deux seuls bateaux de la flotte à être en autonomie complète pour la semaine de raid), nous remontons au près, un à un, les bateaux. Le vent instable monte et retombe sans cesse nous permettant de mieux faire connaissance avec les autres concurrents.

L'ambiance est conviviale et nous discutons bord à bord avec nos voisins du moment , nous devisons avec Eugen et Anna, sympathique couple sexagénaire Bavarois accompagnés de leur petite chienne Lizzy, leur bateau n'a rien d'un engin de compétition et Eugen s'excuse presque d'être si bien placé !

Nous nous installons bientôt en tête de la course, précédés seulement de deux Plûmes (dessinés également par Gildas Plessis), poids légers, bien toilés et emmenés par des équipages aguerris ainsi que la Petite Elisa de Gilles Montaubin (engagée dans la classe voile-aviron) qui se révèlera, quelle que soient les conditions, un concurrent redoutable.

Petite Elisa

A 1 mille et demi de l'arrivée le vent tombe complètement et la régate est annulée, nous sortons nos avirons , des chants d'équipages se font entendre pour se donner du courage sur le bois mort !

Les vedettes accompagnatrices nous doublent, tractant des chapelets de concurrents attardés, puis vient notre tour de nous faire remorquer.

Nous pénétrons bientôt dans le charmant petit port d'Hanö surplombé par son unique village aux maisons peintes de couleurs vives.

Là encore, la population locale nous réserve un accueil chaleureux.

Aux environs du port, les maisons s'égayant au bords des berges possèdent toutes leur petit havre miniature aménagé au milieu des roches noires .

Hanö est une grosse colline verdoyante émergeant de la baltique. Son sommet est couronné d'un phare juché sur une grande calotte granitique. Nous n'aurons malheureusement pas assez de temps pour l'explorer complètement, nous aurions bien voulu observer quelque uns des cervidés qui y vivent librement. Ici c'est le village des hommes qui est entouré de clôtures et pas l'inverse !

Le soleil jouant sur la Baltique

Nous sommes gratifiés d'un superbe coucher de soleil sur la baltique .

Lundi matin, changement de décor, ciel bas, brise soutenue de Nord est. C'est donc au près dans une mer hachée que nous remontons vers Vägga, notre halte de midi.

La régate sera perturbée par le passage d'un petit cargo qui coupe la route de la flottille. Nous sommes obligés de plonger à son arrière pour continuer notre route. Nous luttons jusqu'à la fin avec Toubkal, le Stir Ven magnifiquement construit par Nicolas et Valkyria superbe Pilot Boat traditionnel emmené par une équipe de vikings plus vrais que nature.


Valkyria

Profitant de leur combat au lof, c'est dans la bonne humeur que nous les coiffons sur la ligne d'arrivée.

Nous faisons escale à Vägga, joli petit port de pêche entouré de collines verdoyantes et de gros escarpements granitiques.

Toute la communauté du village s'est réunie pour nous offrir une succulente soupe à base de lard et de Mogettes.

L'après midi , les choses sérieuses commencent. Nous allons pénétrer proprement dit dans l'archipel du Blekinge, véritable labyrinthe d'îles et de rochers granitiques. La consultation de la carte n'est pas engageante et l'on se demande bien où l'on va passer. Certaines passes marquées de perches nous apparaissent minuscules, d'autant que le vent à viré franchement à l'Est, plein dans le pif donc ! 

Le départ est donné sous le soleil revenu et une bonne petite brise pour cette première étape dans l'archipel .


Valkyria vue à travers le hublot Eârendil

Cette remontée au travers de dizaines d'îles est de toute beauté mais demande un attention particulière au niveau de la carte. Emportés par la passion de la régate, nous nous arrêtons brusquement alors que Valkyria vient juste de passer au même endroit ! Le sondeur affiche 4m50 ! Nous avons touché une sorte de table sous marine, remontée de la dérive pour dégager et c'est reparti.

Nous approchons de notre destination dans un paysage superbe , une sorte de ria entourée de collines boisées et de grosses roches.L'île de Tjäro nous accueille dans un mouillage champêtre. Difficile de croire que nous sommes si près de la mer.
L'île, propriété du conservatoire du littoral local est parsemée de gros blocs granitiques et alterne prairies grasses et petits massifs boisés. C'est un enchantement.
Tout autour, sont disposés des barbecues constitués de pierre. Ils sont à disposition de tous. Même la grille et la brosse métallique pour la nettoyer vous attendent. Étonnant !

Nous explorons l'île parcourue de petits sentiers balisés , de gros affleurements granitiques donnent un air de Lavezzi à cette île ,mais en beaucoup plus verdoyante !

Le hameau, situé sur les hauteurs de l'île, est composé d'anciens baraquements de pêcheurs transformés en une sorte d'auberge de jeunesse. Nous pouvons librement utiliser les cuisines richement équipées tout inox (frigos, gazinières) ainsi que les salles à manger.

Un peu plus tard nous découvrons le sauna mixte, accessible également à tous !

La soirée est animée, surtout par nos vikings de Valkyria dont le lest liquide composé de cannettes de bière tend à diminuer sensiblement !

Nous passons la fin de soirée avec Yon et Nicolas, l'équipage de Toubkal ainsi qu'Eugen et Anna, à couple, avec lesquels nous partageons l'apéro.

Après un sommeil réparateur, nous nous réveillons sous un soleil radieux et une bonne petite brise d'est. Ce sera donc encore du près !

Notre étape du lendemain sera variée, alternant la navigation entre des petits îles, puis en mer ouverte où ils faut cependant surveiller plusieurs hauts fonds rocheux à fleur d'eau non balisés, puis de nouveau dans un archipel de petites îles où chacune semble une invitation à s'y arrêter. Les passes signalées par de simples perches sont parfois très étroites et demandent des virements de bords fréquents. Notre fort tirant d'eau (1m90) ne nous aide pas pour louvoyer dans ce dédales d'îles et d'îlots, d'autant qu'à l'approche de l'arrivée, les fonds remontent sensiblement dans le chenal et qu'il devient difficile d'y tirer des bords.

Nous tricotons avec le magnifique équipage de la baleinière des Acores qui a choisi de remonter à l'aviron.


Castelette à la rame

Sur les berges environnantes, les résidents de petites maisons de bois possédant chacune leur pontons, nous saluent de la main.

Nous touchons par deux fois, la roche puis un banc de vase juste sur la ligne !

Jens et son équipier à bord d'Atreju, le plus petit bateau de la flotte (4m30) essaient de nous doubler en s'aidant de leurs pagaies !

Nous voici amarrés au ponton de l'île de Karön, face à la petite agglomération de Ronneby dont nous ne distinguons rien, sauf les pontons du port de plaisance. Les citées littorales savent ici se faire discrètes.

Nous visitons l'île boisée parcourue de nombreux sentiers et nous découvrons de charmants bungalows où dormiront les concurrents. Nous sommes au milieu d'un archipel d'îles verdoyantes que nous apercevons à travers les arbres. Ça et là, nous voyons des voiliers amarrés aux pieds de jolis petits cottages. Sur l'île, nous traversons les propriétés de grandes et belles maisons de bois, aucune clôture, c'est ici une tradition, la propriété privée est ouverte à tous.

La encore , nous retrouvons des barbecues publics dispersés sur la vaste aire naturelle surplombant le petit port.

De retour au ponton nous trouvons l'équipage du voilier traditionnel du Blekinge Museum en pleine composition musicale.
A côté, les vikings goûtent un repos bien mérité après un quatre heures occupé à alléger Valkyria des cannettes qui encombrent ses fonds !

Durant ce temps, les concurrents de la classe 1 effectuent une course à l'aviron sur la petite rivière qui remonte vers Ronneby.

Nous voyons bientôt revenir Kogi et Wolfgang qui savoure le cigare de la victoire à bord du magnifique 'No Name' construit par notre jovial autrichien.

Le cockpit d'Eärendil reçoit de nombreux visiteurs pour l'apéro au Muscadet du pays Nantais et après un dîner à la lueur de la petite baladeuse branchée sur la batterie du bord, nous nous installons confortablement dans nos couchettes.

Les chants joyeux de nos vikings, regroupés autour d'un barbecue riverain, résonnent tard dans la nuit.

C'est sous un soleil radieux que nous prenons le départ le lendemain matin. Une longue étape nous attend jusqu'à l'île d'Aspö.

Il fait même très chaud et les vêtements tombent un à un. Séance bronzette. Le bateau n'est pas au mieux de ses performances et je profite de l'escale du midi à la petite île d'Arpokalv pour aller faire un tour sous la coque.

L'eau n'est pas froide mais la présence de centaines de petites méduses n'est pas très engageante.

La raison de notre manque de performance est rapidement découverte. La dérive est ouverte sur toute la moitié basse de son bord d'attaque, soit pas loin d'un mètre. De plus, le voile de stratification tribord est décollé ! Pas étonnant que nous n'avancions plus !

J'avais prévu de changer cette dérive à l'automne, maintenant plus d'hésitations !


Le bateau de Wolfgang

Nous reprenons tout de même notre place dans la flotte pour faire route vers la grande île d'Aspö. Nous passons un pont tournant, le paysage change. Les îles sont beaucoup plus grandes, les étendues d'eaux qui les séparent également. Le temps change aussi. Le vent monte et bascule dans le sud ouest. Les grandes îles que nous longeons sont reliées au continent par une noria de gros bacs jaunes qui mettent un petit peu de distribil dans la flotte ! Nous arrivons bientôt à Drottningskär, terme de notre étape sous un vent soutenu et une mer hachée.

Nous nous faufilons dans le petit bassin du port , là encore une population sympathique et tranquille nous accueille chaleureusement. On nous propose la cuisine et la salle du club house local pour prendre notre repas car les petits moustiques des latitudes nord viennent ce soir nous rendre visite ! Nous avons également l'offre d'utiliser le sauna, ce dont nous ne nous privons pas.
Nous profitons de l'escale pour visiter l'impressionnant fort qui s'avance sur la pointe de l'île, souvenir du dispositif de défense de la rade de Karlskrona, le Rochefort local du 18ème siècle pour la marine royale Suédoise.


baleinière à Arpo

En soirée je consulte la météo à venir sur l'ordinateur portable de Jorchen. Une énorme dépression englobe l'intégralité de la baltique et une bonne partie de l'Europe du Nord (elle créera de nombreux dégâts en Allemagne et en Autriche).

 

Le lendemain matin , nous nous réveillons sous un ciel bas et un vent soutenu de sud est .

Jorchen hésitera jusqu'au bout pour autoriser le départ de la régate jusqu'à Utklippan à onze milles au large (cap plein sud est !) Bien qu'ayant sans doute le bateau le plus sûr de la flotte, je suis contraint d'annoncer notre forfait à Jorchen, vu l'état de notre dérive.

La décision de Jorchen tombe. Seul les bateaux les plus marins seront autorisés à rallier Utklippan. Ils devront rester groupés, en veille VHF et seront accompagnés de deux puissants Zodiacs, sécurité oblige. Les autres concurrents laisseront leurs bateaux à Aspö et seront convoyés à Utklippan par les vedettes de l'organisation.

Les équipages dormant dans leurs bateaux sont conviés pour le gîte et le couvert dans le phare d'Utklippan !

Je suis invité par Nicolas à le rejoindre à son bord ainsi que Kogi notre sympathique Japonais, Luc quant à lui est invité à bord du bateau de Marc.

Nous enfilons nos tenues de combat et faisons la photo pour le concours d'élégance. Que préférez vous ? Le modèle 1965 ou celui 1975 ?

C'est donc une petite flottille de deux Plûmes (l'un des trois ayant déclaré forfait), deux Stir Venn et 3 Pilot Boats qui prennent le départ du trophée Utklippan.

Nous avons deux ris, foc également arisé, et nous filons bon train. Aussitôt les passes de la rade franchies, la mer se creuse. Heureusement, le vent bascule légèrement dans le sud et il sera possible de rejoindre Utklippan en presque un seul bord !

Kogi est aux anges. Ancien champion olympique de Tornado, il a pris la première place au rappel et déguste abondamment les eaux chaudes de la Baltique. Le Stir Venn n'étant pas autovideur, Yon se charge d'écoper régulièrement.

Malgré une mer formée et très creuse, à aucun moment nous ne nous sentons en insécurité, confirmant pour Nicolas les qualités marines du Stir Venn. C'est un plaisir de naviguer dans ces conditions avec un équipage sympathique et international !

Nous sommes bientôt en vue d'Utklippan, de son phare plutôt qui émerge de la baltique écumante, particularité de cette île, en fait trois îlots séparées par un bassin central, deux avants ports et deux entrées très étroites, une ouest, une est, par la quelle nous pénétrons à grande vitesse. La manœuvre sans moteur est chaude. Elle le sera également pour Marc qui nous suit !

Utklippan est une île étonnante. L'île principale, occupée par trois baraquements construits par des pêcheurs, est aujourd'hui propriété du conservatoire du littoral. Il est possible d'y faire des séjours. Le phare à structure métallique adossé à un puissant bâtiment de pierre domine l'île.
Pas d'eau courante sur cette île, un puit vous invite à faire vos ablutions matinales !
Un petit bâtiment nous attire. Il s'agit de l'immanquable sauna public. Nous profitons de ses vertus régénératrices, un vieux poêle à bois en fait tout le charme et pour le rinçage, pas de douche, direction la baltique.
La soirée passée dans la grande salle du phare sera mémorable. Les chants entonnés dans de multiples langues sont repris en coeur par l'ensemble des convives.

Dehors le vent et la pluie font rage et notre nuit passée dans les combles du phare sera bercée par le sifflement du vent et le martèlement de la pluie sur le toit en zinc.

Le lendemain matin, le vent souffle toujours mais la pluie s'est arrêtée. Il a basculé dans le sud ouest. La mer est impressionnante, elle escalade aisément les ouvrages ouest du port.
Jorchen est dubitatif, scrutant l'horizon. Nous profitons de sa réflexion pour explorer l'île. Un vieux canon juché sur les grosses roches de la pointe sud nous attire. Il servait par temps de brume pour signaler l'île et ses plateaux de roches avoisinants.

Nous faisons la photo souvenir bien entendu réalisée par notre japonais de service, Kogi.

Jorchen donne enfin l'ordre du départ après nous avoir briefés sur la sécurité. Ce sera une étape de ralliement, nous devons rester groupés et seront de nouveau suivis par nos Zodiac anges gardiens.

Nous vérifions avant le départ tout le gréement du bateau car cela promet de secouer !

Enfin nous quittons un à un le petit bassin central. Il ne faut pas se rater, la passe est étroite et cela va aller vite, très vite !

Marc, qui s'est adjoint les services de nos amis açoréens, nous gratifie d'une superbe manœuvre de départ en utilisant une technique des pêcheurs à la voile.

Nous voici dehors, le bateau part en surf sur les vagues. C'est impressionnant et palpitant, mais nous nous sentons en parfaite sécurité sur le Stir Ven au comportement très sain.
Yon essaie tant bien que mal de photographier le Stir Vern de Marc juste à notre vent. Pas facile, cela bouge et c'est bien humide pour un numérique !

Nous avalons les onze miles très rapidement, mais il n'est pas aisé, avec le temps grisâtre, de repérer les passes d'entrées de Drottningskär.

Enfin la bouée d'atterrissage du chenal. Nous plongeons grand largue vers le port. Le bateau lève deux superbes moustaches d'étrave.

Pour entrer dans le port situé sous notre vent, nous préférons mouiller et affaler tranquillement sous l'abri du fort. Naviguer sans moteur dans ces conditions demande des précautions !

Nous pénétrons à force de rames dans le havre de Drottningskär.

Un peu de repos bien mérité avant de repartir pour l'ensemble de la flotte vers Karlskrona.

Nous reprenons possession d'Eärendil. Le vent ne s'est pas calmé et nous fonçons bientôt grand largue, speedo bloqué à 10 nouds malgré notre dérive bilame. J'ai un peu peur que sa remontée ne s'avère difficile !
La lumière sur la rade de Karlskrona est magnifique. Un superbe arc en ciel se forme sur le continent.

Nous approchons du cour de la cité et nous amarrons bientôt au petit ponton face à l'impressionnant bâtiment du musée de la marine .

Essai de dérive, ouf elle remonte complètement !

Ce soir , nous sommes invités par la municipalité pour un dîner typiquement Suédois dans la cour de l'écomusée. Superbe mise en scène, torches, feux de bois et costumes du 18ème siècle. Dommage, le vin que nous avons amené pour partager avec nos convives est bien vite retiré de la table. Un grand chambellan est venu nous dire que cela était «prohibited». Amusant cette réglementation Suédoise interdisant le vin dans les lieux publics. Vous saouler par contre grassement à la bière n'a rien de répréhensible !

Karlskrona est une jolie cité aux bâtiments du 18ème siècle. Construite sur une succession d'îles, elle possède plusieurs ports et un important arsenal. Sa citation au patrimoine mondial de l'Unesco n'est pas usurpée.

Si vous y allez, ne manquez pas de visiter ses musées (tous gratuits !), écomusée, écoles des cadets et surtout le magnifique musée de la marine qui enferme une impressionnante collection de figures de proues des 18 et 19èmes siècles et bien d'autres merveilles.

Nous voici déjà le dernier jour. La flottille est invité à la grande régate de voiliers classiques de la fin août. Nous accompagnons la flotte sur la moitié du parcourt. Pas question vu l'état de notre dérive, de participer à la régate. Le parcours est simple, c'est le tour de la ville en deux manches, aller retour.
Nous croisons de superbes class 15 et bon nombre de Folk Boats ainsi que de magnifiques voiliers traditionnels appartenant au musée qui me font penser aux Trabacolos de l'Adriatique.

Nous abandonnons à regret la flotte et allons remonter le bateau sur sa remorque.

Ce soir là, nous avons le dîner d'adieu avec l'ensemble des équipages. Soirée pleine d'émotions. Nous avons du mal à nous séparer, mais il le faut bien car demain, une longue route nous attend.

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La côte sud-est de la Suède en Bris>>