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<<Suède, Blekinge Archipelago Raid en K-bane 7.1

Les îles Äland en Skellig2>>

5,40 m en Baltique

texte et photos de Gilles Ferreira

Le bonheur sur les eaux de la Baltique

"C'est l'envie de naviguer autrement qui m'a conduit sur les côtes suédoises. Et c'est au début des années 90 qu'à débuté l'aventure Anta.

Je rêvais d'un petit bateau unique, capable de m'emmener de l'autre côté de l'Atlantique pour fêter le 20ème anniversaire de ma première transat comme équipier.
Amoureux des très petits bateaux, je connaissais le navigateur suédois Sven Lundin par ses exploits passés: Cap Horn,Saint Hélène... à bord de ses Bris, grand comme un mini-transat d'aujourd'hui !

Mon bateau fera 5,40m de long, 1,20m de large, tonture inversée, fond plat, mat de 3m de haut, grand voile carrée à livarde avec dérive à l'avant.

On passera de longues années à la construction avec mon épouse et surtout mon ami Christer qui nous ferra partager pendant de longs mois la vie familiale suédoise.
Construction composite avec mousse Klegecel, fibre de verre, fibre de polyester et époxy.

Le résultat est un bateau qui passe partout, ou presque, et très solide (un bateau de série aurait coulé depuis longtemps !).
Il y a toute une philosophie qui va avec ce bateau :la vie simple, sans gadget, dans le respect de son environnement.
Bien sûr, pas de moteur hors bord, l'apprentissage de la godille aura été difficile, mais quel plaisir par une calme soirée de surprendre un chevreuil ou un élan à la lisière de la forêt.

Seul ou en flottille avec Christer et le finlandais Johan, en presque 10 ans, à raison de plusieurs semaines par an, j'aurai exploré une infime partie de ce paradis de la croisière côtière, terrain de jeux extraordinaire avec une navigation en général facile, malgré les milliers de roches qui vous attendent tapies sous la surface...

La première fois que l'on cogne, c'est la panique, mais le bateau est tellement solide que l'on y fait même plus attention !

J'aurais passé des heures de bonheur parfait, de solitude, de calme, de rencontres variées
-Ah c'est un bateau de Sven Lundin ! Le contact était établis malgré mon anglais approximatif !
Fierté légitime après une navigation "mouvementée" réussie.

En général, l'été est beau avec un petit vent sympa... Mais j'ai eu aussi des étés très froid et ventés.
Quand le vent monte à 20-25 noeuds, il faut connaître ses limites ! Se méfier aussi des orages, qui lors d'une de mes premières navigations, m'a confirmé dans l'idée qu'il ne faut pas se trouver à la mauvaise place au mauvais moment !
Lors de cet orage, si le vent se levait deux minutes plus tôt, on aurait été refoulé vers la haute mer et vu mon expérience à l'époque !!!
Mais les grands moments de bonheur sont les plus nombreux. En tout, j'ai parcouru 2000-2500 milles, énormément appris sur la navigation, la construction d'un bateau, découvert l'amitié.

Les autorités suédoises ? Jamais de réels contrôles. Deux,trois fois une vedette viendra tourner autour du bateau, mais plus par curiosité qu'autre chose.
Cela fait trente ans que mon ami navigue sans papiers, sans matériel "obligatoire"... Tout à fait le contraire d'ici !
A l'époque, il y avait pas mal de zones militaires "interdites" (voire la mésaventure d'Yves Pestel à bord de son Spica), mais aujourd'hui, il y a beaucoup moins de restrictions...

A deux reprises, j'ai également amené Anta dans sa région d'origine (Anta était un lapon écrivain qui a décrit avec beaucoup de talent la vie de ce peuple nomade au début du 20eme siècle), pour naviguer sur le lac Inari, grand plan d'eau peuplé de milliers d'îles en laponnie finlandaise.

Encore un endroit formidable à découvrir !
Il y a un silence là-haut ! Forêt patagonne moussue et spongieuse à souhait, où on peut écouter le silence, chose impossible sous nos latitudes... Mais il faut y naviguer sérieusement, avec une vraie carte marine (pas celle de l'office du tourisme).

Il n'y a pratiquement pas de phares, de bouées et autres amers pour aider à s'y retrouver car, mis à part quelques barques de pêcheurs, il n'y a pas de trafic sur le lac. Donc prudence,d'autant plus que la frontière russe est juste à côté...

Anta sur l'ile sacrée des Lapons sur le Lac Inari (Laponie)

Aujourd'hui, j'ai ramené Anta sur un plan d'eau intérieur près de chez moi. Ca a le grand avantage que je peux naviguer tous les jours si je veux. Mais j'ai déjà la nostalgie de mes mouillages nordiques...

Cet été, je devrais y retourner naviguer avec mon ami. J'espère aussi amener mon bateau sur le lac de Constance dans le sud de l'Allemagne, à la frontière Suisse, là où au début du 20ème siècles, on construisait les fameux Zeppelins.
Ce n'est pas la Laponie, mais avec les montagnes enneigées qui le borde,c'est très joli.

J'ai abandonné l'idée de traverser l'Atlantique avec Anta. Mon ami finlandais a rallié le sud du Portugal aux îles Canaries à bord de Karin, bateau pratiquement identique au mien (on les a construits ensemble).
Malgré son énorme expérience, il eu pas mal de déboires...

Pour améliorer Anta, je devrais faire pas mal de frais, un nouveau gréement entre autres, donc je préfère le garder comme il est et faire de la côtière.

Un autre rêve, ou plutôt une obsession ? Construire un bateau de 1,20m pour partir sur les traces d'Hugo Vihlen, Billy Dunlop et autre Tom Mc Lean.
Il y a quelques années, j'ai passé plusieurs jours à aider l'anglais Tom Mc Nelly à réparer son Verra Hug2. Il venait de Gibraltar et était en route vers New York. Son engin faisait cette longueur de 120 cm. C'était génial !

A bords de Verra Hug2 de Tom Mc Nelly

Je suis fasciné par ces tout petits bateaux. Je travaille sur un historique relatant les grandes traversées réalisées à bord de petits voiliers. J'ai déjà rempli deux classeurs d'écoliers et c'est loin d'être complets !

Ma maquette trône dans mon bureau et je ne désespère pas de passer à la construction. Il y a une belle ballade a faire sur l'Inari; l'intégral, d'Ivalo à Kirkenes (Nor.) via le lac, des rivières et quelques zones de portages. Avec un petit tri à voiles style Triak, ça devrait être un beau voyage... mais pour des raisons de sécurité,c'est mieux d'être à deux, et il faut compter un bon mois de liberté..."

Première croisière en Bris

Trois juin 1995, l'aboutissement d'un long rêve fait trois ans plus tôt. Naviguer dans les îles suédoises avec mon Bris.
Trois longues années de déceptions, de joies, et d'impatience. Egalement un peu d'angoisses pour les prochains jours.

J'ai très peu navigué avec mon Bris "ANTA" et je n'ai aucune expérience de navigation dans les archipels.
On fera le début de cette croisière à trois Bris.

Parti de Lindö, un minuscule port au nord de Kalmar dans la Baltique, on rejoindra une île dans la région d'Oxelosund à 280 kilomètres dans le nord en 14 jours.
Durant ce temps, j'aurai plus appris que pendant les quinze années où je me suis intéressé à la voile.
Deux semaines extraordinaires de navigation, de découvertes et d'angoisses...

Saltor, Okvöskär, Vallö. Sandö... Jour après jour, défilent des îles enchanteresses couvertes de forêts. Mouillages tranquilles avec juste le bruit des oiseaux. Nos bateaux nous permettent d'aller dans des endroits peu visités.
On parcourt gentiment entre 10 et 20 milles par jour (1 mille = 1852 m). Il fait beau, soleil et petit vent, la belle vie quoi.
Storö, Ekö, Snuggö... la côte suédoise se déroule au pas lent de nos montures.
Le quatrième jour, on atteint la région de Klintemala, un petit port avec quelques maisons, mais surtout la possibilité de faire les courses et prendre une bonne douche.
Le matin même, à la sortie d'une petite gorge, c'est l'apparition d'un vieux village de pêcheurs, avec l'impression de se retrouver 50 ans en arrière.
La physionomie des îles a changé, la forêt à fait place à l'univers minéral. La pluie apparaît également.

Le lendemain, c'est l'arrivée à Västervik après une dure journée. On a passé la matinée recroquevillés dans nos cabines minuscules à attendre la fin du déluge.
Puis départ tranquille avec un vent du sud qui nous permet de bien avancer avec nos voiles déployées.

Les milles défilent, on suit les balises vertes et rouges, on porte une croix sur la carte, on grignote, on règle la voilure, et surtout on regarde pour s'en mettre plein la vue, pour ne jamais oublier !

On passe un petit canal, et c'est la dernière ligne droite avant l'escale. Puis le vent forcit, les vagues commencent à déferler, les derniers milles se feront à pleine vitesse et avec la peur au ventre !

On affale les voiles à l'entrée du bassin, on godille contre le vent, l'amarrage se fait en catastrophe et est suivi d'un calme étrange. L'équipage peut souffler et se dire que c'était formidable...

Décidément, cette escale restera dans notre mémoire: arrivée acrobatique vent arrière, et le lendemain, départ contre le même vent, les mêmes vagues.
Les voiles de tempête sont hissées, on respire un grand coup. La bataille est engagée.

A la sortie du port, nous avons rasé de près une balise derrière laquelle apparaissaient des rochers. Durant notre lutte pour ne pas les cogner, une sterne n'arrêtait pas de voler en piqué sur nos têtes. On apprend petit à petit les règles du jeu.

St Hush, Trässö, Gasth... en général, on quitte notre mouillage vers 10 heures, après un petit déjeuner et une ballade pour se dégourdir les jambes. La navigation dure quelques heures.
Puis vient le temps de trouver un petit coin pour dîner rapidement.
Ensuite redépart jusqu'à 18, 19 heures; à partir de là, on cherche une place pour dormir.

Parfois il faut s'y reprendre à plusieurs reprises pour trouver un endroit qui nous convienne. A l'abri du vent, des vagues et où la descente à terre puisse se faire aisément.

Skellö, Lökö,... Jamais on ne se lasse du paysage, la mer, les rochers; parfois apparaît une petite maison de bois rouge fondue dans son environnement.

Arkösund, Beten... baptême du feu pour "Anta" et son équipage.
L'arrivée sur Beten se fera dans de grosses vagues déferlantes qui explosent sur la côte. Surtout ne pas faire d'erreurs, rester concentré à la barre tous les sens en éveil, une faute d'attention ne pardonnerait pas !
Rassurés, nous ne le sommes pas, mais en même temps on se dit que c'est très beau et que l'on a de la chance d'être là.

Nous resterons bloqués plus de 40 heures, abrités derrière l'île. Il y a une dépression dans le sud de la Baltique et il ne fait pas bon être dehors.

C'est ici que nos chemins se séparent. Notre ami finlandais a mis le Cap sur Helsinki quelques jours auparavant, et aujourd'hui, Christer, la personne grâce à qui mon bateau existe, met les voiles vers l'horizon où se bousculent de gros nuages de pluie.

Nous décidons d'attendre demain. Dur pour le moral de se retrouver seuls, à 150 milles de notre port d'attache. Voilà mon examen: ramener l'équipage sain et sauf à Lindö.

Pour notre premier jour, il est décidé de partir tôt: 5 heures du matin.
Ciel bleu, petit vent W.S.W.. Cap au sud dans la houle résiduelle du mauvais temps de la veille.

Au fil du temps, le vent a molli, d'où la nécessité de godiller dans les passages délicats. Le vent tourne et on commence à tirer des bords dans une faible brise.
A trois ou quatre milles de l'endroit prévu pour dormir, plus un souffle. On godillera chacun à notre tour durant de longues heures pour enfin atteindre l'île de Lökö à 21h30 après avoir parcouru +/- 27 milles nautiques.
Fatigués mais contents de notre première journée en solo.

Le lendemain notre apprentissage continue. Vent dans le nez, voiles bordées pour le près, l'étrave d'Anta ira caresser les algues de chaque côté de l'étroit chenal.
Nous sommes les seuls à jouer à ce petit jeu, tous les autres bateaux marchent au moteur.


Escales dans l'archipel suédois

En fin de journée, grosse houle très inconfortable. Puis le vent nous laisse tomber à quelques milles du but dans une brume qui nous cache tous nos points de repère. Godille, godille.
Ciel très noir, l'espoir d'arriver avant l'orage. A moins de 50 mètres de notre havre, le vent se met à souffler à pleins poumons en quelques secondes... Suivent quelques instants de panique générale pour ferler les voiles et godiller comme un fou pour atteindre la côte toute proche.
C'était cela ou se faire repousser d'où l'on venait. On passera une demi-heure les pieds dans l'eau à retenir le bateau secoué comme un pantin qui se couche sous des rafales incroyables!
Notre abri sera atteint en poussant, en tirant et en profitant des légères accalmies, encore tout groggy de ce qui nous est arrivé.

Etape suivante Kvädo, que nous atteindrons tôt dans l'après-midi. Le ciel prenait de nouveau une vilaine figure, et échaudés par notre expérience de la veille, nous préférons nous arrêter.
Pour une fois le temps ne nous manquera pas pour se préparer un bon repas, d'autant plus qu'en cours de route on s'est arrêté chez un vieux pêcheur pour lui acheter du poisson fumé. Délicieux !

Le lendemain à notre réveil, brise du nord très forte. Avec notre voilure de tempête, le départ se fait en espérant profiter de ce vent portant pour faire un bon bout de chemin.
Effectivement on marche très fort, le bateau donne tout ce qu'il a, les milles défilent à toute vitesse.
Un voilier de plus de 10 mètres qui fait la même route que nous mettra plus d'une heure pour nous rattraper.

Dans les passages exposés à la haute mer, il y a des grosses vagues qui nous bousculent pas mal. Malheureusement après deux heures de cette chevauchée fantastique, on devra y mettre fin prématurément. Vent de plus en plus fort, vagues qui se gonflent.
Mais surtout après une erreur de jugement qui a failli envoyer le bateau et son équipage se fracasser sur des rochers qui n'étaient qu'à quelques mètres. Là, pendant quelques secondes qui ont paru des heures, nous avons eu très très peur !!!
Le reste de la journée se passera dans une grande baie, avec d'autres bateaux, à attendre que cela se passe.

Torrö, Älö, Utlangö... notre vie de nomade continue; chaque soir un paysage différent. Deux jours plus tard, arrivée en catastrophe à Bokö à cause d'une brise de mer (vent du sud) trop violente.

Le jour d'après, même scénario. Départ après un bon vent du nord, puis il faiblit de plus en plus et finit par tourner au sud pour à nouveau prendre de la vigueur.

On passera l'après-midi à tirer des bords dans le Kalmar Sund. Avec les vagues qui déferlent, impossible d'avancer.

Bien que l'on ne soit qu'à 10 milles de notre port d'attache, à contre cœur on devra faire demi tour. Avec les vagues qui courent derrière nous, nous irons nous réfugier dans le lagon de Saltor.

Le lendemain, la leçon retenue, on partira assez tôt pour rejoindre notre dernière escale vers 12H30.
A peine arrivés, le vent tournait au sud, mais ce jour là cela ne nous concernait plus.

Heureux, malheureux, ... fier, déçu, gai, triste,... un mois de croisière, 310 milles parcourus, des images et des souvenirs plein la tête... Une petite tranche de vie qui reluit d'un reflet plus doré... Mais surtout il n'y a pas de mot fin, d'autres départs auront lieu...

Bris concept

Pourquoi naviguer sur un si petit bateau, alors qu'avec le même budget, Francine et moi aurions pu avoir une embarcation plus grande, plus confortable et plus rapide ?

Tout d'abord à cause de mon amour pour les petits voiliers et mon dégoût pour tout ce qui est conventionnel et conformiste.
J'ai eu la chance de rencontrer l'inventeur de Bris. Monsieur Sven Lundin est suédois, et a passé sa vie à imaginer, à réaliser, et à mener à travers l'Atlantique des voiliers originaux et de petite taille (maximum 6,10 mètres).

Quand je l'ai rencontré pour la première fois en avril 1991, sa femme Olga et lui venaient de traverser l'Atlantique nord à bord de leur Bris Sixième du nom de 4,80 mètres.
A partir de ce jour, je suis tombé sous le charme du personnage et de ses extraordinaires petits voiliers. Je me suis juré que moi aussi, un jour, j'aurais un Bris.

Mais si l'on veut ce bateau, il faut le construire soi-même, cela fait partie de sa philosophie...
Mon salut est venu de l'autre côté de la Suède. Sur les rives de la Baltique, Christer construisait son Bris dans sa grange. Après beaucoup de discussions, d'aller retour Belgique-Suède, il acceptait de nous construire la coque pontée de notre futur bateau.

Après cela, ce serait à nous de nous débrouiller. En fait, aujourd'hui si mon embarcation existe, c'est grâce à lui... Puisque tout le bateau sera construit dans son atelier.
A plusieurs reprises on viendra passer de longues semaines pour mettre la main à la pâte. Mon budget initial sera vite dépassé, et sans l'amitié, ce voilier n'aurait jamais navigué.

Mais qu'est-ce qui différencie un Bris d'un autre bateau ? Qu'a-t-il donc de si exceptionnel ?
D'où vient le nom d'Anta ? C'est le nom d'un lapon, peuple nomade des régions arctiques de Scandinavie. Notre amour de cette région nous ont fait aimer ce nom.

Longueur : 5,40 m.
Largeur : 1,30 m.
Déplacement à vide : 350 kg.
Déplacement en charge : 700 kg.
Tirant d'eau : 0,30 - 0,90 m.
Surface voilure : 10,5 m².


Construction dans une grange suédoise

La construction est à base de plaques de Klegecel de 3 cm d'épaisseur avec une couche de fibre de verre à l'intérieur et 7 couches de fibre de polyester à l'extérieur. Le tout est collé avec de l'époxy.
Ce n'est pas très agréable à travailler, mais le bateau est d'une solidité à toute épreuve.

Sur le pont, de l'avant à l'arrière, on trouve deux petites soutes à voiles de part et d'autre du puits de dérive. Un petit capot d'aération pour la cabine, le capot de descente et un grand capot pour la soute arrière.
Il n'y a pas de cockpit.

La cabine fait un peu moins de 2 m de long sur 1,30 m de large et 1,15 m de hauteur sous-barrot.
Dans la partie avant se trouve un petit rangement de 45 cm de profondeur sur 90 cm de haut.
Cet endroit tient lieu de garde-robe, d'armoire à chaussures et de table à cartes.

A l'autre bout se trouve le meuble cuisine : 70 cm de haut, sur 38 cm de profondeur. C'est là que se trouvent une partie des provisions et tous les ustensiles nécessaires pour nourrir l'équipage.Les deux tuyaux d'aération, 10 cm de diamètre, passent également à cet endroit.

Sur chaque bord, des points d'attache très solides sont prévus pour fixer la planche anti-roulis. En dessous de chaque hublot, il y a un récupérateur de condensation. Cette "eau" peut très bien être bue après avoir été filtrée au préalable.

Il est sûr qu'au départ il faut être très motivé pour vivre dans si peu d'espace. Les premiers jours de l'installation à bord, ce sera l'éternelle question: "où est-ce que je range cela?".
Après cinq mois de vie commune, certaines choses n'auront toujours pas pu trouver leur place... Alors il ne reste plus qu'à se poser la question : "Est-ce que c'est nécessaire ?"

Anta est capable, malgré sa petite taille, de traverser les océans. Il a été pensé, dessiné, et construit dans cette optique. Ce qui est très important.
Le fond plat du bateau est pourvu d'une plaque en acier de 3 mm d'épaisseur, collée avec de l'époxy élastique. Le poids est approximativement de 60 kilos.
Le reste du lest est constitué par le matériel et ... l'équipage.


Test de stabilité

Nous avons une dérive placée très à l'avant et un safran placé à l'autre extrémité. Tous deux se remontent facilement en cas de rencontre avec des rochers immergés, ou pour échouer le bateau sur la plage.

Bien sûr, il m'est impossible de porter beaucoup de voilure : bateau très étroit à la flottaison + l'absence de quille lestée.
Normalement, pour un voilier de 5,40 m de longueur, on peut facilement avoir un mât de six ou sept mètres.
Le mât d'Anta fait exactement 3 mètres.
A l'origine, il est prévu la possibilité de fixer un second mât au sommet du mât principal sur lequel se hisse une voile triangulaire. En pratique, je ne trouve pas le système très commode d'utilisation et je préfère m'en passer.

Le leitmotiv qui a prévalu à la conception de ce bateau, c'est d'avoir le moins de prise de vent possible. Ainsi, au lieu de prendre des ris, on change directement les voiles. A cet effet, j'ai trois grandes voiles plus deux focs. La saison prochaine un génois viendra compléter la garde-robe d'Anta.

Au début il est très déroutant de naviguer sur un tel bateau. Juste le fait de mettre le pied à bord vous fait entrer dans un autre monde... Vous pouvez oublier tout ce que vous avez appris auparavant...

Dans le mauvais temps avec ce bateau, c'est comme une balle de ping pong. On est secoué, c'est très inconfortable, mais on est en parfaite sécurité.

En l'absence de la moindre brise, la propulsion se fait à l'aide d'une godille. Un moteur hors bord n'a pas sa place à bord. A la voile ou à la godille, on navigue au contact de la nature.

Sven Lundin a beaucoup d'idées pour améliorer les Bris. Possibilité d'un mât aile, de foils propulseurs, de roues à aube actionnées par un pédalier, d'un petit moteur électro-solaire, ou d'un second plancher dans la cabine. Avec Sven, un voilier n'est jamais terminé, on peut toujours l'améliorer. C'est un inventeur extraordinaire, un professeur Tournesol suédois.

Est-ce qu'Anta répond à toutes nos espérances ? De toute façon, le bateau idéal n'existe pas et n'existera jamais. Tous est affaire de compromis. Je suis très heureux de naviguer avec mon bateau, avec ses défauts et ses qualités, et je pense que l'on fera de grandes choses ensemble.

Gilles FERREIRA


<<Suède, Blekinge Archipelago Raid en K-bane 7.1

Les îles Äland en Skellig2>>

Bris 5m40