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Accueil / Récits / Océanie (continent) / Les îles Fidji en Navigator
10 mois aux îles Fidji |
| Tout d'un coup, mon cœur fait une embardée, et mon sang se glace en un instant !
Coupant l'eau relativement calme à l'abri de l'île et venant droit sur moi, la
plus grande nageoire de requin que j'ai jamais vu ! S'approchant de plus en plus, il est évident que j'ai piqué sa curiosité et ce gros bébé vient jeter un œil. Je m'abaisse à moitié accroupi, m'accrochant au bateau comme à ma précieuse vie en attendant le crash de la collision. Il ne s'est jamais produit, le poisson colossal (je pense que c'était un
requin tigre), a plongé et est passé juste sous moi. Je ne l'ai jamais revu, mais depuis ce jour, il a ajouté une dimension nouvelle à l'aventure et je n'ai jamais cessé d'être aux aguets. |
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La prochaine île sur tribord est l'étourdissante "Naviti" où, à l'extrémité
sud-ouest, vous trouverez quelques-unes des plages et des mouillages les plus
beaux dans toutes les îles Fidji.
J'ai suivi la côte un peu plus près des îles et j'étais de nouveau impressionné
par l'image du rivage de carte postale. Plage de sable blanc après plage de
sable blanc, toutes inhabitées, d'une pureté primitive et apothéose de toute
croisière.
Je suis passé à côté de quelques bateaux stationnés là et tous les équipages levaient le pouce, signalant ainsi que le bonheur avait été trouvé. J'aurais aimé m'arrêter là moi même, mais le jour avançait, le vent tombait et j'avais encore un bon bout de chemin à faire.
La traversée suivante entre Naviti et Matacawa Levu et je continue de guetter
ce requin.
Mais un nouveau problème survient. Tout est devenu incroyablement sombre : le
type d'obscurité que l'on trouve les nuits sans lune sous les tropiques. Je
décide de jeter l'ancrer du côté ouest de Matacawa Levu et de dormir sur le
bateau plutôt que de risquez de naviguer aveugle dans le Lagon Bleu.
Lendemain matin, la tempête souffle de nouveau. Je hisse la grand-voile et
pars vers 6 h.
En quelques secondes, je chavire. En bataillant, je parviens finalement à
reprendre un peu près le contrôle du bateau.
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Cela ne dure pas longtemps et voilà la destination de rêve : le fameux "Lagon Bleu ". Difficile de décrire brièvement ce mouillage merveilleux, ourlé de tous les côtés par des plages de pur sable blanc planté de cocotiers et l'eau cristalline couleur turquoise. |
Même avec 25-30 nœuds d'alizés, la baie reste calme à l'abri du précieux sommet d'Yasawas, Nanuya Lai Lai. Je décide qu'il est temps de s'offrir un peu de luxe.
Après une rapide cérémonie du baisers sur le sol (j'avais chaviré deux fois déjà ce matin), je suis descendu au Kingfisher Lodge, un paradis étourdissant d'épais jardins ombragés et idéalement situé, juste devant la plage. (Il y a plusieurs lieux de résidence de grand standing dans la région dont les bons tarif et l'emplacement unique laisse rêveur)

A peine enregistré qu'un petit groupe de locaux qui avait étudié le mat de
misaine cassé a soutenu qu'il pourrait être remplacé avec un arbre local connu
sous le nom de VaiVai. Ils décrivaient ce bois très dur qui pousse droit comme
une flèche du sol comme un cadeau de Dieu.
Quelques branches frêles sont rapidement coupées à la machette et la base est
taillée pour s'insérer dans le pont et voila! C'est fait. Il semble assurément
suffisamment costaud et je suis extrêmement reconnaissant car l'autre option
consistait en un voyage retour long et cher sur un bateau local jusqu'à l'île
principale.
Les jours suivants ont été occupés à naviguer, à pêcher, à plonger et à festoyer. Mes hôtes se sont parfaitement occupés de moi avec du poisson frais (la plupart pêchés moi même il est vrai), des fruits frais et quelques unes de ces délicatesses tropicales – de mon point de vue - moins désirables : fruit de l'arbre à pain, casava et la petite banane bouillie, convenant très bien, cependant, dans le contexte présent.
Néanmoins il était temps de continuer vers le nord pour découvrir l'immense
étendues de l'Île Yasawa et Sawa I Lau.
Pour l'étape suivante, j'ai été rejoint par mon cousin Jim; et par un jeune
Fidjien nommé Watisoni qui essayait de retourner chez lui à son village depuis
un an, telles sont les fantaisies du transport local.
Plus en confiance à plusieurs, nous partons avec un alizé qui souffle fort (malheureusement encore nord est), et tirons des bords tout au long du chemin jusqu'à Vawa, une petite île au nord du passage Sawa I Lau.
| Nous nous arrêtons là, mettons à bouillir une tasse de thé en cuisant un petit rainbow runner (aussi appelé Coureur Arc en Ciel ou Comète saumon) que nous avions attrapé en chemin puis nous décidons de faire un peu de plongée avec tuba. |
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La plongée avec tuba
est fantastique dans la plupart des endroits aux Fidji, mais quand vous êtes
aussi loin de tout, cela s'apparente plus un sport extrême. A peine entré
dans l'eau que le nombre de requins actifs me faisait prestement battre en
retraite sur le récifs peu profond d'où nous avions plongé. Ce n'était pas seulement les requins mais aussi le barracuda géant, la carangue à grosse tête et tout ce qui était géant et qui nous rappelait que "nous étions loin de toute assistance". |
Le reste du voyage vers le nord jusqu'à Teci, le village de Watsoni
s'achevait (encore une fois), mile après mile de cocotier, de sable blanc, de
plage déserte et je me sentais vraiment chanceux d'être là.
De nouveau, nous nous sommes arrêté, assemblant la cannes à pêche, effectuant
quelques lancers et attrapant quelques poissons pour la famille de Watisoni.
Je ne veux pas me vanter (enfin, juste un peu), mais la pêche ici est vraiment
énorme ! Le lancer à la mouche de la plage est phénoménale et la variété
d'appâts dont sont friand les poissons ne cesse pas de m'étonner.
Carangue
,
Barracuda
,
Poisson aiguille (encore appelé Orphie ou Needlefish)
,
Bonefish (pas si facile attraper)

et toutes sortes d'autre espèce non identifiées sont attrapées. A chaque fois, il y a des coups vraiment dramatiques de poisson si énorme que vous savez qu'il n'y a aucune chance de gagner la bataille.
Maintenant, je ne dis pas qu'il n'y a pas bonnes pêche en Nouvelle Zélande ! Bien sûr qu'il y en a. C'est juste qu'on a rarement l'occasion de le faire avec de l'eau jusqu'à la taille, chaude comme dans un bain, dans le calme plat, à l'abri des îles et avec une visibilité qui vous permet de voir votre proie (quelquefois énorme) déambulant dans l'eau peu profonde, à 30 ou 40 mètres de là.Notre sac de prises rempli, nous parcourons le
dernier mile jusqu'au village de Teci, officiellement le village le plus pauvre
des Yasawas.
Il n'y a pas long avant que notre compagnon fidjien n'indique un ponton
branlant.
Teci étant sur la côte Est de Yasawa, il faut marcher environ 3 milles à travers
l'île pour rencontrer sa famille.
Pour commencer, nous rencontrons une belle forêt côtière de Mangues, de VaiVai
et de plante grimpante locale dangereuse appelée "Attend une minute" parce qu'il
pourrait vous falloir beaucoup plus de temps pour vous dépêtrer de cette saleté
de broussaille épineuse.
Puis, c'est sur le plateau où vous trouvez de longues herbes avec un feuillage
ressemblant à une épée et, à ma grande surprise, des cactus !
Alors que nous redescendons, nous apercevons notre objectif. Bien loin de la
brochure de vacance de la côte ouest que nous avons aimé, le village, sur ce
morne promontoire de pierre balayé par le vent, sans arbres, est un peu
déconcertant à première vue.
Quatre-vingts habitants en tout, et complètement hors de l'itinéraire
touristique, ce n'est pas sans un petit malaise que nous descendons dans son
domaine.
Nos craintes sont sans fondement et les sourires accueillants et les
commentaires sont vraiment authentiques alors que les locaux déchargent nos
cadeaux de poisson, le café, et que nous avons l'occasion de remplir notre
réservoir de 25 litres d'eau.
Ils nous expliquent que nous sommes les premiers mbavalangi ou "Whitman" (ils n'ont pas dit "hommes blancs") à leur rendre visiter depuis plus d'un an. Ils sont vraiment impressionnés par l'histoire de mon petit bateau, à tel point que c'est une expédition du village entier qui revient de l'autre coté le lendemain matin pour le voir.
Comme avec les autres, les Oohs et Aahs sur mon mode de transport ont fusés
avec des commentaires au sujet de ma bravoure et de mes compétences de marin.
J'ai même été appelé "Ratu Dave" ce qui signifie chef et un que j'ai vraiment
aimé: Kai Viti qui veut dire quelque chose comme "bâton fidjien" ou "courageux
et costaud".
je me suis demandé combien d'autres navigateurs avaient été traités ainsi :
pas trop de ceux qui se cachent au large dans leur luxueux palais de verre et de
boiserie, je suis sûr.
Et oui, il y a beaucoup à dire à propos des voyages sur un bateau à coque
ouverte et mon coeur enflé encore !
Un jour, nous avons navigué tous les trois avec deux autres (les frères de
Watisoni), jusqu'au point le plus au nord de Yasawaira où nous avons trouvé
Narewa Bay, le site du film "Contact" avec Jodi Fotser (vous souvenez-vous de la
scène de plage avec l'extra terrestre ?) et un autre point indescriptible sur la
carte.
Nous avons attrapé un énorme Donno ressemblant à un mérou d'environ 23 kilos. De
retour à Teci, Tout le monde a attrapé la ciguatera avec, bien qu'ils sachent
qu'il étaient empoisonné.
Ayant été naturellement informé de cela, Jim et moi y avons été doucement à
l'heure du dîner, mais le vrai Kai Viti l'a attaqué avec délectation assurant
que seulement un petit pourcentage de ceux qui le mange serait atteint.
Et c'est ainsi que tous ceux qui l'avait mangé à notre maison sont tombés
malades !
Ils ont sauté du lit à l'annonce de notre départ et se sont battu entre eux
pour savoir qui allait porter les 25 litres du réservoir d'eau durant les 3
miles du chemin de retour au notre bateau.
Aux autres nous avons fait nos adieux sincères et avons attaqué la marche retour
vers le Margret H.
Je pourrais continuer de vous parler du voyage retour vraiment
terrifiant au Kingfisher Lodge avec un alizé si puissant qu'il a cassé net le
nouveau mat de misaine comme une brindille;
les cavernes incroyables de Sawa I Lau;
comment j'ai construit un chouette coin d'herbe avec la bénédiction du chef
local juste sur la plage du Blue Lagoon où je suis resté pendant 3 mois;
la cagangue de plus de 36 kg qui a remorqué Margret H. pendant une demi-heure;
les raies manta;
les parties de café sauvage sans fin; le fait que j'ai été directement impliqué
dans le petit coup d'état sur l'Île de la Tortue (j'étais contre mais mes hôtes
avaient d'autres idées, pas toutes erronées);
les mariages où j'ai été; les cérémonies importantes que peu de mbavalangi (s'il
y en a eu) avait jamais vu (cela a impliqué plus de kava !).
je pourrais aussi vous parler de la situation politique qui a beaucoup inspiré à
essayer de me faire abandonner ma mission, mais je ne le ferais pas.
Ce que je dirai est quelque chose que vous avez déjà entendu: si vous avez un rêve, foncez et vivez le aujourd'hui: pour demain – et bien - demain vous pourriez avoir disparu, avoir des responsabilités auxquelles vous ne pourriez échapper, ou un bateau énorme ayant besoin d'être repeint et dieu sait quoi encore.
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Je dirai qu'avec une vision pragmatique, un bateau bien conçu,
le désir de faire quelque chose d'un peu différent et la capacité de
regarder au-delà des conventions, ce type de croisière est accessible à
n'importe qui ! Qu'importe - détente assurée, la croisière sur petit voilier est la liberté totale ! " David Perillo |
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