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Accueil / Récits / Italie / Venise en Tabasco Venise en Tabasco
Texte de Jean Inizan, photos de Patrick Girardot
et de Jean Inizan
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De
Paris à Venise via Chamonix pour attraper Rouge, Eva et leur bateau Seliger,
1200 Km d’autoroutes et la traversée du Tunnel du Mont-Blanc. |
La
descente jusqu’à Venise s’effectue sans difficulté, pourvu de ne pas passer à
proximité de Milan le vendredi soir, bouchons assurés. |
Du 13 au 23 juillet, nous avons connu tous les jours la même météo : grand soleil, température 32 à 38 °C, vent de secteur Sud à Sud-Est dominant, force 2 faiblissant en fin d’après-midi.
Nous
avons choisi le camping
de Fusina, pour sa proximité de Venise et sa marina. Celle-ci offre une
double cale de mise à l’eau gratuite, très pratique bien qu’un peu glissante en
partie basse, et la possibilité de garer les voitures et les remorques en
sécurité pour 5 € par jour. |
Le
Tabasco passe à peu près partout, dérive descendue de 4 ou 5 tours, il y a
environ un mètre de profondeur en dehors des canaux. |
De Fusina, on entre dans Venise par le canal de la Giudecca, navigable à la voile, mais les eaux sont très agitées par le passage incessant des vaporetto, taxis, ambulances, polices diverses et variées, livreurs, vedettes privées, ferries immenses !... Comme en plus, les zones de déventes sont nombreuses, il est parfois sage de passer certains secteurs sous grand-voile seule et moteur.
Autre possibilité,
emprunter le canal extérieur au sud de Giudecca, mieux exposé au vent de sud,
mais moins joli.
L’arrivée sur San Marco se fait alors en laissant San Giorgio à bâbord ou à
tribord.
Le bassin de Saint-Marc, sa célèbre place et le Palais des Doges, constituent un passage obligatoire. Dans la journée, l’agitation fébrile et la dévente de San Giorgio nous ont souvent obligés d’affaler et de passer au moteur. Il faut ici avoir le coup de barre franc et assuré et ne pas hésiter sur les priorités !
Il est possible de débarquer son équipage à Saint-Marc en faisant un « touch-and-go » à n’importe quel quai de taxi ou de ferry momentanément libre – attention au ressac- mais il est impossible de trouver une place pour se « garer » le temps de visiter à terre. Inutile également de tenter un mouillage, la police fond sur vous immédiatement : « Problema di benzina ? ».
Quant aux tout petits canaux, nous avons bien tenté une incursion à la
godille mais on bute également très vite sur un pont… |
C’est l’île du verre : on peut en boire un, pendant que les filles passent de boutique en boutique. L’arrivée par le canal sud dans la lumière du soir est une merveille.
Le petit déjeuner sera pris ce matin-là sur le quai pour avoir
enfin un peu d’immobilité !Il est préférable de s’amarrer dans un petit canal moins passant. |
![]() Une
petite « trattoria » en amoureux est également recommandée… |
Toute petite île dont le campanile montre un sacré degré de gîte. Pour l’atteindre, la navigation depuis Murano, bord à bord sous spi restera dans les annales !
![]() Une
fois l’amarrage terminé, une petite vieille vient nous expliquer que
c’est un port privé et qu’on doit payer 5 € pour les deux bateaux ! Pas
cher pour le calme et la beauté de l’endroit … |
On peut faire un brin de toilette et la vaisselle à la
fontaine de la grande place, mais il ne faut surtout pas tarder pour dîner car à
20 heures, tout est fermé. |
Malheureusement, le chapelet de bouées coniques rouges qui borde la plage matérialise une bande ( 300 m ???) qu’il est formellement interdit de franchir, ce que nous avons fait évidemment, rappelés à l’ordre immédiatement par le plagiste très mécontent d’avoir été obligé de mettre sa sécu à l’eau pour nous barrer la route !
Arriver à la voile sur la place Saint-Marc à la nuit vaut bien les quelques frayeurs qu’on s’y fait. Les « bricole » des chenaux d’accès principaux sont éclairées par d’antiques lampadaires, le ballet des taxis n’a pas encore cessé, on voit des feux verts rouges et blancs qui circulent en tous sens, le vent disparaît peu à peu, diminuant d’autant notre manœuvrabilité. Mais que c’est beau !
Quand on a appris à éviter les mouillages agités (cf. Murano), on peut trouver partout des coins magnifiques et d’un calme absolu pour passer la nuit. Chaque petite île cache un port abandonné ou un canal désert ; il n’y a parfois de la place que pour deux Tabasco serrés à couple et on s’y échoue parfois pendant son sommeil, mais quelle quiétude !
Impossible de parler de Venise et sa lagune sans évoquer ces deux questions que nous nous posions et que nombre de personnes nous ont posées . Alors disons-le tout de suite : il n’y a pas d’odeurs désagréables sur la lagune !
Évidemment, si vous décidez de naviguer en suivant le bateau qui ramasse les poubelles le long des canaux, vous aurez la même sensation qu’à l’arrêt derrière un camion-benne…
Quant aux moustiques, il n’y en a pas un seul tant que le soleil est haut ; par contre vous serez dévorés dès que l’obscurité gagne si vous n’avez pas pensé à vous enduire de répulsif. Les moustiquaires fixées au velcro dans la descente sont indispensables pour passer des nuits tranquilles.
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