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Le Lac Majeur en Tabasco

Texte et photos de Jean Inizan
Mise à l’eau
Le niveau du Lac Majeur baisse en été, mais cette année 2006, il se trouvait
anormalement bas, 1m50 en dessous du niveau habituel, faisant apparaître une
marche d’une vingtaine de centimètres en bas de toutes les mises à l’eau, les
rendant absolument impraticables.
Après bien des recherches (notamment à Arona où nous avons trouvé une cale
parfaite mais inutilisable à cause du niveau de l’eau), nous avons découvert une
cale magnifique entre le port et l’école de voile de Cannobio, d’une pente
idéale et pourvue d’un parking gratuit juste à côté. Nous avons pu laisser la
remorque trois jours sur la digue.
Navigation
À partir de Cannobio, nous avons testé deux destinations particulièrement
intéressantes, recommandées par notre amie Clotilde que nous remercions pour son
accueil.
Le château de Cannero
 Deux
îlots se faisant face, séparés par un étroit passage, accueillent chacun
les ruines d’un ancien château fort. |
 On
peut mouiller au ras des enrochements, l’endroit est somptueux. On se
sent tout petit au milieu des montagnes, protégés par les murs
imposants, seuls au monde dès que les nombreux visiteurs de la journée
sont rentrés à terre.
Se baigner ici est un régal. |
Le
soir, deux cygnes, visiblement propriétaires des lieux, viennent poser
leur bec sur le liston pour quémander les restes de pain. |
 Nous
y avons réalisé le sauvetage de quatre gaillards, partis par
inexpérience à deux milles sous le vent de leur point de départ, dans
l’incapacité de rentrer ; un remorquage au louvoyage, avec le pédalo à
la traîne et les marins d’opérette à notre bord, a remplacé l’apéro
tranquille que nous avions imaginé. |
Les îles Borromées
Isola Bella, Isola dei Pescatori, Isola Madre… Situées dans le triangle
Stresa – Baveno – Verbania, à l’endroit le plus large du lac, elles représentent
une destination incontournable pour tous les touristes. Pouvoir y accéder à la
voile avec son bateau est un bonheur !
 Venant
de Cannero, nous avons choisi, vu l’absence de vent ce matin-là, de
passer par le milieu du lac en espérant y trouver une brise favorable.
Mauvaise pioche !
Il est bien préférable de longer au plus près de la côte : on y profite
d’une très légère brise thermique, on slalome sous spi au milieu des
baigneurs éberlués et on voit bien mieux les villas donnant directement
sur le lac, dotées chacune d’un port privé fermé par une grille en fer
forgé. |
 Autour
des Îles Borromées, on retrouve le pénible cocktail "pétole + eaux
agitées" mais la vue de ce qui nous entoure fait oublier tout le reste. |

Mouillage
Nous avons passé les deux nuits au mouillage dans l’anse du plus grand îlot
du Château de Cannero. La deuxième nuit nous a prouvé qu’un amarrage sérieux
était indispensable, même en eaux intérieures : un coup de vent de Nord a pris
le lac en enfilade au début de la nuit, pour ne se calmer qu’à l’aube.
J’avais
amarré le bateau bout au vent, l’étrave à un mètre sous le vent de
l’enrochement nord avec l’ancre principale plus deux aussières en V, une
deuxième ancre en travers vers le large et une aussière de 30 mètres
frappée entre le taquet arrière et l’enrochement sudCe dispositif,
très efficace puisque rien n’a cassé, n’a pas empêché le Tabasco de
tirer des bords toute la nuit, faisant des embardées d’une violence
telle que j’estime la force du vent à 7 voire 8 Beauforts. |
Conclusion : ne pas se fier au calme apparent des lacs et soigner
systématiquement l’amarrage, quelles que soient les conditions météo.
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