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Porquerolles en trimaran Astus et Magnum – partie 2

3ème jour

Le reste de la nuit a été tranquille avec juste le passage de quelques rafales au petit matin.
La journée démarre sur un ciel voilé et un vent qui forcit progressivement.
Un peu plus au large, les voiliers ont pris un ou 2 ris.

Après un long et bon petit dèj’ communautaire, nous nous mettons en route à pied vers le village distant d’un kilomètre pour aller louer des vélos pour la journée.
On croise d’ailleurs des tonnes de gens en vélo qui s’élancent sur les nombreux chemins de l’île.


hé oui... C'est bien là dedans que Pierre a passé la nuit !

Probablement pour les beaux yeux d'une femelle, quelques faisans males s’affrontent en match pas très amical sur le terrain de foot local.

Parvenus au village, on s’inquiète de pouvoir encore trouver des vélos à louer. Les loueurs en haut du village (les moins chers à 11 €/vélo/jour) ont été dévalisés. Nous devons nous rabattre sur ceux proches du débarcadère pour dénicher 7 VTT et le dernier siège enfant disponible.

Première escale à la sortie du village chez Perlinsky pour goûter et acheter quelques bouteilles du vin de l’île.

Ainsi revigorés, nous pouvons nous attaquer à la montée jusqu’au phare (1) surplombant les falaises de la côte sud.

Exposée au vent et au vague, l’ambiance est moins « dolce vita » que sur la côte nord.

Retour au mouillage (2) pour le pique-nique où l’on mélange indistinctement les mets de chacun pour obtenir une bonne grosse salade.
Allongés sur la plage, à l’abri du vent, la sieste guette et il faut se faire violence pour enfourcher de nouveau nos montures à 2 roues.
Direction les Mèdes (3), à la pointe est de l’île.

Après une ascension sévère mis nous vit tous mettre pied à terre (sauf le Marc surentraîné), nous prenons d’assaut les restes du fortin sous le regard plus ou moins complaisant des mouettes installées là pour couver.

Etonnant de les voir ainsi, à proximité immédiate du passage des nombreux humains venant visiter les lieux, alors qu'il y a tant de lieux difficilement accessibles où elles seraient plus tranquilles.

Nous en profitons pour observer une maman en train de nourrir son rejeton d’un morceau de « je ne sais quoi » régurgité pas vraiment appétissant.

Le fortin disperse son parfum de mystère avec ses salles plus ou moins sombres, ses puits et ses ruines aux allures médiévales.

Bien que le vent ait faibli à 3-4 Beaufort au cours de l’après midi, il reste vigoureux lorsque l’on débouche sur la grande terrasse exposé au courant d’Est. La température chute et la vision de cette côte agressive n’incite pas à vouloir venir y beacher.

Il est temps de revenir (à donf) au village pour rendre les vélos et, après ces efforts, de poser ses fesses à la terrasse d’un café pour un pot réconfortant agrémenté d’une bonne glace pour certains.

Petite inquiétude lorsque l’on constate la disparition de Marilou … que nous retrouverons à une centaine de mètres de là en train de faire une démonstration de surf à des nouvelles petites copines, glissant debout sur un toboggan en fer. La session de free-ride se terminera quelques minutes plus tard par un joli gnon sur la joue…

Pour terminer la soirée en beauté, ce n’est pas le choix des restaurants qui manque. Nous optons finalement pour l’Hippocampe (4), attirés par sa sympathique terrasse surplombant le port de Porquerolles.

Enfin, pour clore cette journée terrestre sportive, retour à pied jusqu’au mouillage. Inutile de préciser que la plupart se sont écroulés de bon cœur dans leur couchette pour une bonne nuit réparatrice bienvenue pour affronter le renforcement du vent jusqu’à 6 beaufort prévu pour le lendemain.

Pour ma part, je multiplie les sorties sur le pont durant la nuit afin de faire la chasse aux bruits parasites. Car si le plan d’eau reste calme, quelques rafales tourbillonnantes arrivent à se frayer un chemin jusqu’à nous et poussent les bateaux d’un côté ou d’un autre.
D’ordinaire, je dors dans la tente sur mon trampoline mais pour cette rando en équipage réduit, j’occupe la cabine et redécouvre avec quelle efficacité elle joue son rôle de caisse de résonance.

Une drisse qui frotte sur le mât, le pare-battage sous la coque qui gratte le sol, une amarre qui racle sur le pont, le safran qui bute sur le moteur,… tous ces petits bruits sont intégralement retransmis aux occupants de l’habitacle.
Pas de quoi empêcher mes équipières de s’endormir aussi rapidement que profondément. Mais moi, en bon skipper toujours sur le qui-vive au moindre signal suspect, je veux le silence absolu !
Après quelques essais, une fois larguée une partie des multiples amarrages inutiles, je finis par l’obtenir. Seul subsiste le petit grincement de l’amarre avant lorsqu’elle se tend doucement sur son ancre …

Je constate d’ailleurs que l’oreille du skipper est sélective car d’autres bruits se font entendre mais ils sont loin de me déranger, bien au contraire. Comme la nuit précédente, de petits oiseaux nocturnes poussent la chansonnette dans les bois alentours.
Pas des cris rêches de mouette mais bien des petits gazouillis légers tels ceux que l’on trouve sur les CD de relaxation que l'on trouve chez Nature & Découverte. Rien de tel pour se faire bercer sous le duvet.

De Jean-marc Schwartz, mai 2008

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