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Accueil / Récits / France / Méditerranée / Porquerolles en trimaran Astus et Magnum / Partie 1
Porquerolles en trimaran Astus et Magnum – partie 1Départ du soirLe week-end s'annonçant venté et pluvieux, on décide de partir dès le mercredi après-midi au lieu du jeudi matin afin de profiter des meilleurs jours. Il est 16h30 lorsque nous prenons la route et le port de Hyères (1) est vite rejoint moins de 2 heures plus tard. Ils ont eu le temps d'apprendre qu'il fallait se présenter avant 17 heures à la capitainerie pour pouvoir acheter le badge électronique permettant d'ouvrir la barrière d'accès à la mise à l'eau… Nous les retrouvons donc en train de monter les flotteurs de leur Magnum sur l'immense cale du club. Le soleil est bien là mais le vent est faible et nous tirons un bord de prés serré droit sur le village de Porquerolles (5). Nous envisageons d'aller beacher à la Pointe Prime (2) pour aller manger une pizza dans un restaurant du village. Notre progression n'est pas très rapide et, une heure plus tard, nous n'en sommes qu'à la pointe de la presqu'île de Giens (14). En s'approchant des quelques bateaux au mouillage, à quelques dizaines de mètres du rivage seulement, je me dis que j'ai été un peu trop optimiste. Je vois les bateaux mouillés se balancer sous le clapot léger… C'est ok pour passer la nuit au mouillage mais pas suffisament calme pour rester beaché sur la plage. En compagnie de Marc, je continue de m'approcher, avec l'espoir que ce clapot disparaisse dans les derniers mètres… Bingo ! Nous longeons la rive jusqu'à la grande plage de la Baume (4) qui s'étale devant de grands espaces boisés. Sympa mais nous voila au milieu d'une zone de baignade d'où nous seront peut être délogés le lendemain matin. Par crainte du bruit nocturne, nous préférons repartir pour aller voir un peu loin. Marc qui avait déjà jeté son ancre est bon pour la remonter. La plage suivante (3) n'est pas aussi jolie à mes yeux. Elle n'a pas l'espace et les grands pins parasol de la précédente. Du coup, je poursuivrais bien jusqu'aux plages d'après... Nous décidons donc d'y rester ce qui s'avèrera, au final, une excellente option. L'endroit est très tranquille, uniquement occupé par une immense villa contemporaine et son parc orné de sculptures tout aussi modernes. On attaque tardivement la cuisine et le repas dans le cockpit de l’Astus 20. La nuit n’est pas trop froide mais l’humidité qui tombe impose de bien se couvrir. Troublant la quiétude de l’endroit, des hélicoptères de l’armée sillonnent la nuit pendant 3 longs quarts d’heure… Cela gâche un peu l'ambiance "naufragés sur la plage d'une île déserte". Le reste de la nuit sera parfait. Pas un seul bruit ni mouvement du bateau dans ce calme absolu. Marc et Sylvie, quant à eux, ont planté leur tente igloo au milieu de leur cockpit après avoir tendu un trampoline supplémentaire entre les poutres centrales. Ils préfèrent cette solution plutôt que d’utiliser l’un des trampolines existant sur le Magnum 21 afin d'éviter de devoir caler le flotteur en gonflant une réserve de flottabilité dessous. 2ème jourNous démarrons la journée sur un rythme cool, profitant du soleil et de la tranquillité du lieu.Cette plage est un régal de sérénité. Quel bonheur et quelle détente de se réveiller dans un tel endroit après une bonne nuit à bord. Je repense à mes précédentes expériences de rando nautique avec départ par la route en fin de journée la veille qui m’avaient dissuadé de récidiver. A chaque fois, on avait (mal) dormi sur un parking à proximité de la mise à l’eau. Bruit, chaleur, … on s’était toujours réveillé fatigué avant même d’avoir mis le bateau à l’eau. L’option de mettre à l’eau en fin de journée et d’aller bivouaquer sur une plage sympa m’apparaît maintenant bien plus judicieuse. Vers 11h, tandis que l’on s’apprête à partir, un bateau à moteur s’approche de notre plage en confirmant l’hypothèse d’un passage en eau plus profonde (80 cm) à l’autre bout de la plage. La veille, nous avions dû remonter dérive et safran pour franchir à la voile la grande dalle rocheuse qui défend la majeure partie de la plage. Or, ce matin, le vent d’Est de force 3 qui se manifeste dès que l’on sort de l’abri de cette plage fait moutonner le plan d’eau et déferler le clapot sur la dalle rocheuse. Sans ce passage plus profond, la sortie de notre plage idyllique s’annonçait délicate… Je mets le moteur en marche et le laisse tourner au point mort, au cas où… Mais la sortie à la voile au milieu des cailloux se déroule sans problème. Je coupe le moteur pour ne plus y toucher jusqu’à la fin du séjour. Une fois dehors, je savoure les 3 Beaufort bien établis en tirant un long bord droit sur le village de Porquerolles (5). Je constate que, de toutes les plages aux alentours, celle que nous avons choisie semble la mieux protégée du vent d’Est. Arrivés ensemble aux abords de l’île de Porquerolles, nous en profitons pour tirer des bords en longeant la longue plage de la Courtade (6) qui, à cette saison, n’est pas protégée par les bouées bouée jaune interdisant l’accès aux bateaux. Il faut dire que la température de l’eau, à peine plus de 17°, limite la présence des baigneurs et donc, la gêne ou le danger que l’on pourrait occasionner à sillonner ces grandes étendues d’eau turquoise peu profondes. Parvenus sous le vent de la pointe du Lequin (7), nous faisons un premier stop à l’ancre devant une plage abritée de l’est pour repérer le terrain en prévision du renforcement du vent qui pourrait intervenir le soir même. L’endroit semble convenir mais la plage suivante (8), plus petite, paraît encore mieux protégée des courants d’air. Adjugé ! C’est là que nous reviendrons en fin de journée. Pour l’heure, il s’agit de se préoccuper de l’aire du pique-nique. Cap à l’Ouest en direction de l’extrémité de l’île pour dénicher d’autres recoins protégés. Un coup de fil de Jean-Claude nous apprend qu’il est sur l’eau, plus très loin de Porquerolles. Malgré ses indications, impossible de le trouver parmi les nombreuses voiles qui sillonnent la rade de Hyères. Lui non plus ne parvient pas à localiser mon gennaker rouge déployé. Il est probable que l’on soit chacun d’un côté de l’immense bâtiment porte-hélicoptère de la Marine nationale responsable de l’animation nocturne de la veille. J’empanne et profite d’une jolie vague pour partir en surf comme une balle en coupant le sillage de Marc. Voilà de quoi le motiver pour se décider à sortir enfin son spi ! Pendant ce temps, j’en ai profité pour longer de près la côte et explorer les criques. Vive le gennaker sur emmagasineur qui s’envoie ou s’enroule en quelques secondes ! A l’approche du Langoustier, avec une coordination aussi parfaite qu’improvisée, Jean-Claude et Isabelle pointent le bout de leur étrave dans nos sillages. Nous délaissons la grande plage du Langoustier (9), trop connue et trop peuplée, pour nous intéresser à sa petite sœur juste à côté (10). Par chance, malgré l’heure tardive, il reste un bon morceau de plage libre, sans embarcation ni personne. Je fonds dessus à la vitesse de tortue que m’autorise les quelques relents de brise qui parviennent à traverser la végétation protectrice… et, par respect pour la tranquillité environnante, préfère sortir la pagaie plutôt que de démarrer le moteur. Arrivé sur place, je découvre une femme en train de se faire bronzer, profondément et confortablement enfoncée dans l’épaisse couche de posidonies séchées sur la plage. On profite du banc d’algue moelleux pour s’attaque le première d'une longue série d’apéritif… L’absence de vent conjuguée au soleil généreux donne à la sortie des allures estivales et convainc les plus hardis (dont je ne fais pas parti) d’aller piquer une tête dans l’eau. 16h30… J’ai quelque peine à bouger la meute alanguie sur le tapis d'algue pour une nouvelle nav’. Tout le monde a très vite pris le rythme farniente. Il faut dire qu’il ne manque plus que les cigales. Le vent a baissé d’un cran et me voici de nouveau seul aux commandes, mes équipières étant reparties pour quelques heures de sieste au fond de la cabine. Je patiente en faisant des allers-retours sous gennaker devant l'île du Petit Langoustier (11) et son fortin. Tandis que les collègues s’extirpent de la baie déventée des langoustiers, je m’élance vers l’île du Grand Ribaud (12). Force 2 au bon plein, pas de problème pour conserver le gennaker en le bordant bien. Le bateau allonge la foulée et l’écart se creuse avec mes poursuivants. Pendant que Jean-Claude garde ses distances plus au large, avec Marc, nous remontons au vent le long de la presqu’île de Giens, nous extasiant en contemplant au passage une grande villa contemporaine idéalement placée sur un promontoire rocheux face aux îles (13). On s’approche de la côte autant que nous le permet les eaux peu profondes tapissées de roches. Arrivés au cap de l'Esterel (14), Pierre, le 4ème larron, nous indique au téléphone qu’il ne mettra son bateau à l’eau au port de Hyères (1) que dans ¼ d’heure. Le vent se fait plus léger. Marc n'ayant jamais eu l'occasion de barrer un Astus 20, j’en profite pour échanger avec lui mon Astus avec son équipage endormi contre son Magnum 21 et sa Sylvie bien éveillée, elle. La barre, extrêmement bien équilibrée, ne parle guère dans ce petit temps et à cette petite vitesse. Je me concentre donc sur les penons et les voiles pour essayer de coller Marc mais je ne parviens pas à tenir l’Astus 20, ni en cap, ni en vitesse. Je peste contre cette bôme trop basse qui me bouche la vue et m’impose de faire gaffe lors des virements de bords. Le confort de mes dossiers de cockpit me manque et rapidement, je retrouve mon ancienne position, assis directement au fond du cockpit, le dos contre les bancs. Dans les virements de bord, le Magnum 21 tourne encore plus vite que l’Astus 20. Le temps de décoincer le stick derrière l’écoute pour avoir oublié que cette dernière passait devant la barre, je peine un peu à relancer le Magnum en fin de virement de bord. Il faut dire que le vent baisse de plus en plus. Tandis qu’il s’était détaché loin devant, le voici subitement encalminé avec un cap déplorable. Jean-Claude, qui peinait à nous suivre jusqu'à présent, a laissé la barre à Isabelle qui, concentrée, fait des merveilles dans ce temps de demoiselle en s'envolant loin devant. Quand l'élève dépasse le maître ... J’en profite pour refaire mon retard sur Marc et reprendre l’initiative… puis reviens vers lui, un peu inquiet de le voir scotché sur place. Y aurait-il un problème sur mon Astus 20 ? Je récupère mon trimaran, ma femme et ma fille et nous finissons par atteindre notre destination (8) sur le coup des 19h30. Le ciel, qui s’était couvert en cours d’après-midi, nous fait le plaisir de se dégager en partie pour laisser passer quelques rayons de soleil bienvenus. Le calme règne sur le mouillage … jusqu’à ce qu’un croiseur d'une quinzaine de mètres arrive avec sa sono tonitruante et jette l’ancre dans le secteur. Après plusieurs minutes de ce supplice sur fond de rap à donf, on balance un coup de trompe et leurs crions (dans l’espoir de se faire entendre) nos revendications de bon voisinage : « Pourriez-vous baisser le son, s’il vous plait… » ponctué d’un cordial « Merci !» lorsque le volume fini par diminuer jusqu’à s’arrêter … Suivi d’un profond soupir de découragement teinté d’énervement lorsque la sono repart de plus belle sur un nouveau CD. D’autres coups de trompes se font entendre… mais le volume reste toujours aussi inutilement fort. Un gars fini par s’approcher du bateau en annexe et pousse une vigoureuse gueulante. 2 autres annexes arrivent pour lui prêter main forte et la sono finit par s’éteindre. Qu’est ce que ça fait du bien lorsque le calme recouvre de nouveau le mouillage ! Chacun a installé son bateau et son campement puis l’apéro s’organise à terre (Jean-Claude a encore des munitions au frais). La petite Marilou qui attend de pied ferme son copain « Pierre de Hyères », lui crie, inquiète, « Tu nous rates ! », lorsqu’elle le voit faire demi-tour devant nous, le temps de mettre de l’ordre dans ses mouillages. J'avais installé une tente 2 Seconds sur le cockpit de l'Astus 20 pour tous nous abriter au cas où l'humidité et la fraîcheur du soir seraient dérangeantes mais ce ne fut pas le cas. Finalement, autour du buffet en plein air et avec nos discussions tardives sur la plage, c’est notre équipe maintenant au complet qui devient l’événement festif « bruyant » du quartier. Extinction des feux à minuit lorsque chacun regagne sa couchette. Commentaires
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Sur la dernière photo on peut voir une girouette en haut du mat du bateau de Jean-Claude. Jean-Claude, peux tu nous en dire plus sur le modèle et surtout le système de fixation. Amovible ? Rapide à démonter et à monter ? J’ai envisagé l’achat d’une girouette mais celles à démontage rapide sont prévues pour de petite embarcations et à 7 mètres de hauteur… Les tailles plus importantes se vissent ! Pas l’idéal sur un transportable.
Bravo pour la perspicacité, le bateau du milieu sur la photo est effectivement Tipota et sa girouette une Windex ou une Wintex (la plus petite, 25cm environ), sa particularité est de pouvoir se fixer au choix sur un plan horizontal ou vertical.
La partie fixe est donc vissée (vis parker) sur le coté du mât, la tige est mise en place avant le mâtage (enfin quand j'y pense ..) et fixée par une vis à oreilles - en remplacement de la vis fendue d'origine - elle ne peut donc plus ni tourner, ni ressortir. L'alignement se fait au pifomètre, en fait le mât étant encore dans son support de route, je dirige simplement le V vers la bas.
Ceci étant, Isabelle ne la regarde jamais et se fie aux penons dans les haubans et je dois reconnaître que c'est aussi efficace (et beaucoup moins cher !)
Outre leur coût dérisoir et la facilité d'installation, je trouve que les penons évitent les torticolis et le soleil dans les yeux qu'imposent les girouettes en tête de mât.

Le top, c'est la girouette anémometre Tacktik (sans fil et alimentation solaire). Avec l'afficheur déporté en pied de mât, tu as une info super lisible et complète.
Dommage que ce beau joujou dépasse les 1000 euros ...
Merci Jean-Claude pour ces précisions.
Je vais étudier la question pour voir si l'investissement vaut le coup !