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<<Porquerolles en trimaran Astus et Magnum

De Porquerolles à Port Cros en Tabasco(s)>>

Bouboule et Chanchan dans le brouillard

Je m'appelle Baudouin, Bouboul pour les intimes, et je suis de Liège en Belgique.
Je voulais vous faire part de ma première balade en Méditerranée à Pâques 2007.

Comme mon Serena 23 n'arrivait toujours pas, la société Cap au Large me prête un Viva 700, son grand frère, un dériveur de 40 cm plus long.

On en prend possession le soir et pas mécontents de pouvoir se mettre à notre aise.
Il est très confortable.

je me réjouis de pouvoir enfin naviguer. J'avais revendu mon vieux "Béatrice" en décembre pour un nouveau "GATEWAY" qui devait m'être livré pour la fin mars… L'attente fut longue mais le plaisir est intense.

Je vais enfin naviguer !

La nuit me paraît ne pas finir. Je me retourne dans tous les sens.
A 7h00, je dois me lever et, sur la pointe des pieds, je sors et vais respirer l'air de la mer du Cap d'Agde (1). Je traîne sur les pontons à regarder les bateaux. Qu'ils sont beaux…

Bon ce n'est pas tout, mon GSM sonne. C'est Chanchan ma cuistotte, ma moitié, qui me réclame pour le petit déjeuner.

Vite fini, on fait un brin de toilette et on se prépare à larguer les amarres.

Première peur, c'est la première fois que je sors un voilier en mer, en "solitaire accompagné". Ma Femme Chanchan a très peur des voiliers : "ça penche fort… C'est mieux le bateau à moteur !".

Bon, comme on est là pour de la voile, on ira piano.

Le moteur démarre au 1/4 de tour. Un petit Honda de 6 chevaux, c'est bien suffisant.
Les amarres sont larguées et nous voilà partis pour notre petite aventure.

On a opté pour une sortie pépère : on longera la côte +- 2 heures puis retour. La météo nous a prédit que du soleil, un petit vent et une mer calme. Tout est parfait.

Dans l'avant port, je hisse la grand-voile et déroule le génois. Un vrai plaisir … et le tout du cockpit. Le pied !

Dés la sortie du port, nous prenons la direction de Port Camargue (2). Le vent est bien régulier et avec notre 7 mètres, nous avons dans notre sillage, 2 voiliers de 9 - 10 mètres.

Après 1h30 de calme avec une légère musique comme bruit de fond, la petite collation de 10h00 devant de très beaux paysages. Ma femme me demande si on pourrait rentrer car elle n'a pas l'habitude de tout ce calme et la mer lui retourne un peu l'estomac. Elle trouve que c'est suffisamment long.

Je lui propose de faire demi-tour le temps de me faire un petit café.
Le temps de descendre me le faire… Aie aie aie ! La cata !

Plus personne derrière moi. Ou plutôt si… Un énorme brouillard. Du bien blanc, épais et  condensé. Plus de voiliers derrière…  que du blanc.

La panique !
Pour moi, contenue à l'intérieur mais pour Chanchan, extériorisée : "On va se noyer ! Mourir comme sur le Titanic…".
Et moi : "Mais non, mais non…"

Je ne l'a menais pas large… Allons bon, réfléchissons.
Le cap est de +- 40° à l'aller… donc je devrais être bon au 220°. On va pouvoir rentrer tout doucement.

Ce voilier n'a ni radar, ni radio, ni GPS. On doit rentrer en douceur.

La première 1/2 heure se passe bien. Le sondeur m'indique 5-6 mètres de fond et, dans une éclaircie, je vois mes 2 suiveurs qui, eux aussi, ont fait volte-face et rentrent.

Le brouillard est de retour. Visibilité 40 mètres. Je suis bon mais 1/4 h dans la purée plus tard, sans avoir eu le temps de le voir … 90 cm au sondeur !

Pas de panique. Que faire ? On risque de vite toucher le fond alors quoi ?

  1. relever la dérive et le safran
  2. rentrer les voiles
  3. mettre le moteur en marche, voilà qui est fait

Sur ce, on voit le fond de l'eau, les poissons … mais pas la terre ni nos 2 voiliers pilotes.

Revenu de mes émotions, nous repartons doucement et moi avec l'appréhension de me planter.
Je me sens perdu … quand, enfin, un trou dans l'écran.
Ouf, je revois mes 2 voiliers. C'est mon jour de chance.

Et coup de bol, je ne suis qu'à 100 mètres derrière eux et sur le même cap. Tout va bien, ma petite femme respire mieux : "On va enfin rentrer".

L'entrée dans le port ne fut pas très académique. Avec toutes ces émotions, j'ai oublié de redescendre le safran et la dérive.

Conclusion

Ne pas vouloir en faire de trop sur un plan d'eau que l'on ne connaît pas.

Dans le brouillard… On jette l'ancre et on attend que ça passe.

On réfléchit avant de repartir.

Pour une première sortie, on a eu peur … mais on recommencera !

De BOUBOUL, mars 2088

Commentaires

8 Comments
1- Brouillard... connais pas Jmarc (Nautical Trek), wrote at 15.03.2008 19:11 answer

Merci Bouboule pour ce récit. On s'y croirait !
Et comme je n'ai jamais eu l'occasion de tomber sur du brouillard en mer (ou plutôt que ce dernier me tombe dessus), c'est l'occasion pour moi de découvrir...

Voilà qui me motive à apprendre à rentrer une carte sur mon PDA-GPS et à savoir m'en servir.

Je me pose une question : est-il possible d'avoir à la fois un brouillard à couper au couteau et, en même temps, du vent soutenu ? Ou bien, est-ce que le vent chasse obligatoirement le brouillard ?

6- Brouillard...connais pas. Moi si ! Patrick, wrote at 17.03.2008 10:16 answer

il y a une quinzaine d'années de ça, nous partons de Granville pour St-Malo; traversée de la baie du Mt St Michel, environ 25 miles. C'est l'été, le grand beau : Soleil et petite brise qui nous permet de faire route directe. du coup à bord c'est la décontraction la plus totale : farniente, pêche à la traîne, jeux pour occuper les enfants...
Brutalement le brouillard tombe; - de 50m de visi. Trop sûr de moi, je n'ai pas pris la peine de déplier la carte et j'ai navigué à vue depuis le départ; je ne sais pas exactement où nous sommes; nous avons marché 2 heures et demi, je connais ma vitesse, le vent est tjrs là, je considère que sa direction n'a pas varié, et donc j'estime... Plutôt que de conserver mon cap et filer droit vers la côte bretonne plutôt mal pavée à cet endroit, je décide de faire plus d'ouest pour tenter de la longer.
A bord, mon calme apparent déstresse l'équipage, mais intérieurement je ne suis pas rassuré; les premières cornes de brume résonnent dans la ouate et nous guettons le bruit des moteurs.
Après une heure de ce régime, alors qu'au ras de l'eau la visi est nulle, nous voyons le soleil au-dessus de nos têtes; j'envoie ma petite femme au haut du mât et là, magie de la mer, elle se retouve au dessus du coton et grace à la côte en vue, me guide sur le bon cap.
Conclusion : Même par grand beau, toujours noter sa position sur la carte heure par heure.
C'était le début des GPS grand public qui remplaçait les Loran; j'ai cassé ma tirelire !

7- Les Glénans m'auront au moins appris ça... philippe Rouard ( Winnie), wrote at 17.03.2008 16:27 answer

...entre autres !

La loi : La ( bonne ) tenue d'un livre de bord consignant la marche du bateau est réglementairement obligatoire pour les navigations au-delà des 6 milles...

Pourtant.... les Glénans obligent la tenue de ce livre pour tous les stages de croisière, même côtière...
On pourra facilement évoquer des raisons évidentes:
- L'apprentissage des stagiaires
- Une trace officielle pour les experts en cas de collision, sinistre, ( perte d'un marin ? )...

Les sceptiques me rétorqueront qu'en cas de brouillard soudain, si on n'a pas pris soin de noter régulièrement sa position, il est toujours temps d'allumer un GPS portable...

Je me suis rendu compte , pendant mes deux stages de croisière, l'année dernière et cette année, que le fait de s'astreindre à nourrir les lignes de ce "fichu cahier "oblige à se poser régulièrement un tas de questions conjointes sur l'environnement du bateau, l'évolution du baro, celles du vent, des nuages, des vagues...et pousse à quitter une certaine contemplation passive assistée ( avec la sécurité procurée par la présence du moniteur "qui veille au grain" )et à aiguiser son sens marin ( surtout pour un débutant tel que moi...)

Sans quoi, comment apprendre à faire le lien entre les 3 bulletins côtiers journaliers du crossmed reçus à la vhf et la modification du paysage mouvant autour de nous...? Ce n'est pas forcément inné...

A la fin de mon stage de ce mois de février dernier, j'ai photographié toutes les pages du livre de bord rédigées pendant notre semaine...
Et je suis tout surpris, en le relisant seulement un mois plus tard, de me remémorer des détails et des anecdotes que ma mémoire était déjà en train d'enfouir "dans les cases du fond" ...

Certains dessinent en cours de nav, ou bien collent des photos une fois rentrés, dans les plages laissées vierges sur chaque page de leur livre de bord...
Quel plus beau souvenir peut-on garder, même d'une simple balade d'un week-end, que cette transcription de notre vécu à bord, à chaud, en "direct live" dirait-on maintenant ?

PHIL

2- Brouillard dense en Méditerranée Laurent D., wrote at 15.03.2008 19:17 answer

ça nous est arrivé une fois, devant Antibes.
On était en train de rentrer en direction du port, quand le brouillard est tombé d'un seul coup.
Visibilité inférieure à 50m.

Une aubaine pour se remettre à la navigation ! j'ai sorti la carte, la règle de cras, allumé le sondeur, et on a fait demi-tour pour aller se promener dans la baie de la Salis, sans rien voir autour de nous, juste en naviguant au instruments(loch, sondeur, compas).

Après 1 heure de jeu comme ça, on est rentré au port pile-poil entre les 2 digues, toujours sans rien voir Big Grins

3- Brouillard en méditerranée...j'ai eu... philippe Rouard ( Winnie), wrote at 15.03.2008 19:54 answer

...et pas plus tard que le mois dernier sur le Dufour 30 de l'école des Glénans, et au même endroit que Bouboule, par dessus le marché!
Sur le trajet entre Sète et le Cap d'Agde ...

Ce n'était pas à couper au couteau...On avait une visi à 50-100 mètres, qui nous permettait de temps en temps d'apercevoir la côte en suivant une route côtière avec 10 à 15 mètres au sondeur...

Le principal obstacle de ce coin est une grande zone rectangulaire d'exploitation conchylicole, donc interdite, balisée par 4 bouées cardinales...
On doit donc l'éviter, soit en passant entre la zone et le bord côtier ( sondeur utile sur un quillard de 1,80 m de tirant d'eau comme le DF 30...), soit en la passant au large par l'est...

Je pense qu'on aurait eu l'air malin si on avait talonné un banc de sable à cet endroit...

Vive les pirogues à trois patins et les dériveurs !!!

Le brouillard ce jour-là était accompagné d'un vent faiblard SE 1 à 3 Beaufort prévu pour basculer en tram ( donc NW ) dans les 48 heures...Ce qui s'est effectivement produit .
Cette fin de " marin" générait une houle résiduelle de 1,50 m venant se finir sur la côte...

Cocktail imparable ! :
Pétole + houle + brouillard = " l'estomac au bord des lèvres" pour les 4 stagiaires du bord ( dont mézigue...) fraîchement embarqués et pas encore amarinés !

En ces temps d'économie d'énergie de toutes sortes, on a tous réussi à garder au chaud le petit déj' au fond de nos tripes...Mais on faisait une tête pas terrible...Il faut ajouter qu'il faisait un froid de canard, en plus...

PHIL

4- Roger Baudet, wrote at 16.03.2008 10:00 answer

Le brouillard, c'est toujours assez angoissant et je ne suis pas fan !
C'est la principale cause de la présence d'un GPS à mon bord.

5- Ca peut arriver à tout le monde Francis Cauwe, wrote at 16.03.2008 20:43 answer

1° Ca peut arriver à tout le monde
2° De la nécessité même pour une sortie de quelques heures de disposer d'un miminum pour se positionner et de tenir une estime.
3°Pour ma part, je pense que dans ce genre de sitution il vaut mieux s'éloigner des dangers, donc de la côte et de tirer au large, mais chaque situation est un cas d'espèce.

Rolleyes

8- pas d accord bouboul0409 (), wrote at 17.03.2008 17:40 answer

je crois que s eloigner des cotes n est pas une bonne idee ,comme on me l a explique
ci vous vous deplace loin des cotes avec un petit voilier non equipe de deflecteur radar vous devenez beaucoups plus vulnerable car plus vous ete au large plus il y a de passage et de plus gros bateau le mieux est de jeter l ancre ,rester un obstacle fix jouer de la corne de brume tout enecoutant les autres
il me la ete conseille et je crois que ce conseil est a suivre moi c est ce que je ferai en juillet si la situation se represente
BOUBOUL


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