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Techniques de mouillage avec marée

La marée pose problème quand il s'agit de s'arrêter au bord du rivage :

  • si elle descend, vous vous retrouvez échoué et incapable de repartir
  • si elle monte, vous ne pouvez plus remonter à bord sans vous mouiller

Loin de constituer un obstacle à la pratique de la randonnée nautique, la marée peut même devenir une alliée pour peu que l'on sache l'exploiter.

Rouleaux de portage

Si votre embarcation n'est pas trop lourde (moins de 400 kg chargée), vous pouvez la déplacer en la faisant rouler sur des rouleaux gonflables de portage. Il en existe supportant différentes charges (en 2004, compter environ 19 € pour une charge de 450 kg et 26 € pour 600 kg).

Compte tenu de leur volume important, il faudra prévoir un gonfleur à bord pour les gonfler. Préférez les modèles disposant d'une valve large qui sont très rapides à dégonfler.

 

Un modèle bien adapté au roulage intensif. Fabriqué en PVC épais (850 gr/m2), il est plus cher (44 € en 2006) mais bien plus résistant à l'abrasion et au poinçonnement. Il dispose de plus d'une valve de gonflage large de type annexe.

Certec, le fabricant, peut fournir des rouleaux de toute dimension de longueur et diamètre.

Mouillage mobile

De Pierre-Alain Lemoine : "Concernant les mouillages dans les zones à marées (nous sommes dans le golfe du morbihan), nous avons l'habitude d'utiliser un moyen simple et pratique.

Imaginons que nous sommes à deux heures de la Pleine Mer (marée montante) et que nous souhaitons partir découvrir l'île sur laquelle nous sommes.

On place la ligne de mouillage sur le pont et on relie à l'extrémité de l'ancre une aussière (appelée va et vient) plus longue que le mouillage et qui se termine par un grappin ou se frappe à un quai.
On descend du bateau et on le pousse au large pour le garder à flot. On tire d'un coup sec sur l'aussière pour faire tomber l'ancre et le bateau se mouille ainsi tout seul.
On peut à tout moment reprendre son bateau en utilisant l'aussière amarrée à terre qui permet de ramener l'ancre (et le bateau) à soi."

On notera qu'avec cette technique, si l'ancre venait à déraper en votre absence, le bateau ne risque pas de partir seul au large grâce à l'aussière reprise à terre.

Bien adapté aux fonds sableux, cette technique est plus limitée sur fond rocheux où l'ancre risque potentiellement de se coincer lorsqu'on la ramène sous l'eau avec l'aussière restée à terre.

Dans le cas d'utilisation d'un grappin en bout d'aussière à terre, il est pratique d'y fixer une bouée ou un pare battage.
D'une part, cela permet de signaler aux promeneurs la présence de cet obstacle agressif.
D'autre part, si l'aussière n'était pas assez longue pour éviter au grappin d'être recouvert à marée haute, la bouée qui flotte au dessus vous permettra de retrouver facilement votre aussière (attention d'utiliser un bout suffisamment long pour la bouée afin qu'elle ne puisse soulever le grappin, poussée d'Archimède aidant...)

Quelques témoignages

De Didier B. : "Bon, évidemment, il faut faire un minimum attention, mais si on se pose trop de questions, on finit par ne jamais débarquer !

En fait, le point le plus important à mes yeux est celui-ci : ne laisse pas ton bateau se poser sans surveillance si tu n'es pas sur de la nature du fond.
Autrement, on peut toujours trouver des solutions pour garder le bateau à flot et pouvoir y retourner facilement.

Si le vent vient de la cote, ton bateau sera repousse vers le large. Tu peux facilement mouiller ton ancre haut sur la plage, et laisser filer le bateau.
Si la marée monte, tu pourras le tracter a la plage plus tard. Même topo si la marée descend.

Si le vent pousse parallèlement a la cote, tu peux envisager de mouiller long et de tirer un grand bout a terre. Ton bateau reste en eau et tu le fais revenir a toi quand tu as besoin. Evidemment, si le vent tourne ...

Le vrai problème, c'est si le vent pousse a terre. La, il faut rester a proximité si vraiment tu veux éviter la baignade ou la mise au sec.
Sinon, le plus simple consiste à prendre son temps : si la marée est montée et que tu ne veux pas te mouiller, attends un peu, profite de la plage pour faire la sieste.
Si elle est descendue, profites-en pour retourner au bateau et fais la sieste à bord....

Dans les cas de doute, il faut prévoir de s'arrêter pendant un intervalle symétrique autour de la marée (haute ou basse).
Si tu arrives a PM-2, prévois de repartir un peu avant PM+2

Dans tous les cas, je te déconseille de te mettre au sec a l'heure exacte de la pleine mer sans un examen attentif de l'annuaire des marées. La mer ne remonte pas toujours a la même hauteur !"

Roulage

De Vincent B. : "avec un multi très léger et par beau temps on peu s'approcher suffisamment près pour voir le fond sur lequel on se pose, et là, l'idée des rouleaux est judicieuse a condition que la pente de la grève soit suffisante tout de même. Je m'explique, il sera plus facile de remettre un bateau à l'eau à Etretat où la plage ne varie en largeur que de quelques dizaines de mètres et il risque d'être assez pénible de repousser le bateau à l'eau au Mont Saint Michel a marée basse.

Chez mes amis des States, la rando nautique se pratique beaucoup et ils ont en général quatre généreux pare battage pour faire ça, CHEERS [NDLR : le trimaran de Vincent] lui même est mis a l'eau par ce moyen et il fait 900kg et 12 mètres de long avec l'aide de quelques bras locaux supplémentaires, son tirant d'eau n'est que de 12 cm."

Erreurs à éviter

De Philippe De T. : "L'art est bien entendu de poser le bateau à marée descendante et de bien faire le calcul pour pouvoir revenir à pied sec. 

Avec quand même quelques variantes très subtiles :
- le bateau a une quille fixe et se couche quand la baignoire se vide (bien caller les pots de fleurs avant de descendre à terre),
- faute de débutant, aller beacher à l'heure de la marée haute la plus haute des cinq années à venir,
- la plus jolie variante, découvrir avec stupéfaction qu'on est en train de poser le bateau dans une vase molle, profonde et bien collante"


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