Les détails qui tuent
Pour la nuit ou la sieste, il suffit de laisser la capote déployée et le plancher du cockpit avant à poste pour disposer d'une couchette double où seul l'espace pour le bas des jambes sera limité par la présence du mât traversant et la hauteur réduite sous le pontage avant.
Le banc central est partagé en 2 grands coffres, l'un abritant le bloc cuisine et l'autre le WC chimique. Ce dernier s'installe et s'utilise à l'abri des regards dans la fosse de la cabine.
Je ne sais pas si c'est prévu d'origine mais pour les repas, le panneau de plancher du cockpit avant fera une table parfaite pour 4 personnes. Imaginez vous, confortablement installé dans ce cockpit avant, pliant et dépliant la capote en fonction du plus ou moins de soleil et de vent souhaité. Le plaisir du cabriolet sur l'eau !
Lorsque le plancher du cockpit avant est fermé hermétiquement par son panneau, cette partie du cockpit est au même niveau que le cockpit arrière et reste donc autovideuse. En cas d'entrée d'eau dans la fosse du cockpit avant (si le plancher est retiré par exemple), le volume envahissable limité réduit l'impact de ce surpoids sur la marche du bateau. On pourra continuer de naviguer ainsi ou utiliser la pompe prévue.
Un grand coffre arrière permet de loger le moteur hors-bord et sa nourrice à l'abri des regards. Pour le stockage des affaires, on pourra, au choix, glisser des caisses sous le pontage avant ou dans la fosse du cockpit avant lorsqu'elle est obturée par son plancher.
Un réservoir d'eau est prévu... pour la douche après la baignade.
La hauteur réduite de la capote permet de la conserver en navigation sans que la vison du barreur soit gênée. Les passavants restent utilisables ainsi que les manoeuvres courant dessus (drisses et écoutes). Pour faciliter le hissage de la grand voile et les prises de ris, on pourra replier la capote pour accéder facilement au pied de mât, juste le temps de la manoeuvre. Idem pour mouiller l'ancre où il est possible d'atteindre la proue sans passer par d'étroits passavants et sans rouf à escalader.
Coté manoeuvre justement, la grand voile unique est hissée sur un mât carbone emplanté dans un tube traversant le pontage avant. Détail plutôt rare sur un cat-boat, un long bout dehors, en carbone également, tout comme la bome, permet de booster les performances au portant par l'ajout d'un grand gennaker. Structurellement, le mât est prévu pour tenir sans hauban. Cependant, afin de mieux contrôler sa courbure, notamment sous gennaker, 2 bastaques (très avancées) ont été ajoutées.

On notera que le gennaker monté sur emmagasineur, l'absence de foc et la grand voile entièrement lattée accompagnée de lazy-jack, simplifient les manoeuvres à l'extrême pour le navigateur solitaire. Malgré ses airs de "racer", ce dayboat est initialement conçu comme un engin de ballade plutôt que comme un sport-boat. Son rapport poids/voilure avantageux est plus destiné à combattre la pétole méditerranéenne qu'à aller concurrencer les petites bombes en carbone. Sa grande largeur à la flottaison est avant tout un gage rassurant de stabilité même si cela devient un atout pour les départs au planning au portant.
La bome est à une hauteur suffisante pour ne pas se faire scalper aux empannages, tant que l'on reste assis bien-sûr. Une latte semi rigide permet de supporter la bome lorsque la voile est affalée. Un classique palan de hale bas complète le système en navigation.
Le rail du chariot de GV est fixé au fond du cockpit, facilitant la circulation et autorisant le barreur à régler l'écoute avec sa main avant, ce qui est plus pratique que d'avoir l'écoute déportée sur l'arrière. La tourelle du palan est fixé sur l'excroissance centrale recevant le bulbe de la dérive lorsqu'elle est remontée. Selon le réglage du chariot, le passage sous le vent entre le poste de barre et l'avant du cockpit sera encombré par les circuits de l'écoute. Pas bien gênant si l'on prend la peine de passer au vent.
La dérive pivote intégralement dans la coque. Longue et fine, équipée d'un bulbe à son extrémité, elle permet au bateau d'être auto-redressable en cas de chavirage. Le "trou" dans la coque pour accueillir le bulbe génèrera probablement des turbulences importantes. Un système d'obturation est à l'étude, dans le genre de celui prévu sur l'Open 5.00.
Le constructeur espère obtenir une homologation pour 5 personnes en catégorie C. Autre espoir de Marco Croci, parvenir à sortir le bateau équipé et lesté à 300 kg seulement ! Là, sachant que la coque sera en polyester monolithique, j'attend de voir avant de croire...
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