Après cette première séance, retour à l'atelier pour y remonter la dérive lestée d'origine à la place de la dérive en bois. Ces 70 kg supplémentaires plongés sous l'eau ne seront pas de trop pour améliorer la sécurité de l'engin en utilisation rando.
Le pont de 4 jours du 14 juillet suivant nous donne l'occasion de nous en assurer, accompagné par un trimaran Astus 20.1 (lire le récit).
Côté performance, malgré sa dérive, le chargement pour 4 jours et les 3 gaillards à bord, le bateau reste vif. Non seulement, il tient le trimaran en vitesse (qui est encore plus chargé, il faut le
reconnaître) mais il se paye même le luxe d'être souvent plus rapide ! Au prix, il est vrai, d'un engagement permanent de l'équipage.
Tous assis au vent à force 2 et tous au rappel dès force 3 ... A force 4, on est déjà à la rue. La dérive lestée ne suffit pas à calmer définitivement son tempérament ... vivant.
Après cette première rando, il fut décidé d'ajouter des
câbles de trapèze pour tenir la bête sans devoir réduire trop vite. On a pu constater que ce n'était pas du luxe lors de la rando suivante où le vent est monté jusqu'à force 8 le deuxième jour.
Le premier jour à force 4 à 5 au près, c'était déjà sportif. Avec 3 adultes à bord, c'était trapèze en continu et les 2 autres au rappel, une main en
permanence sur l'écoute de GV. Concentration exigée sous peine de partir au tapis. Combi
néoprène de rigueur pour chacun. Après avoir passé un cap, le vent se calme un peu. J'en profite pour laisser la barre à Florence, histoire qu'elle découvre et apprenne à dompter "le pur sang". La rafale qui nous a cueilli quelques secondes après a bien failli nous faire franchir le point de non retour jusqu'au chavirage ... bon, ben finalement, j'vais reprendre la barre. Chaud le boat !
C'est fun ... mais pas de tout repos et franchement déconseillé avec des enfants. Une navigation qui s'apparente plus au jeu d'équilibre des catas de sport dans la brise, avec la capacité de charge en plus et les risques d'enfournement en moins.
On a navigué le lendemain sous foc seul par force 6, grand largue tranquille, travers plus sport et enfin bon plein plus laborieux. Lorsque c'est monté à 7-8 après le pique-nique, on a préféré rouler la toile et continuer au moteur (face au vent).
Conclusion : voilà un engin de rando particulièrement vivant. Un régal absolu de finesse et de sensation dans le petit temps (force 2 à 3). Le top lorsque l'on sort une heure ou deux pour s'amuser, plus exigeant physiquement si la sortie dure une journée ou plus. Et lorsque le vent monte, ça devient carrément chaud ...
Entre la fougue de cette monture sauvage et la sérénité de mon trimaran facile à apprivoiser, mon coeur balance...
Se payer des runs sportifs une paire d'heures entre copains puis partir des jours en balade tranquille en famille. C'est pour conjuguer ces 2 programmes opposés avec un même bateau que j'ai acquis cet engin !
Pour cela, reste plus qu'à donner un nouveau visage de randonneur pénard à ce sportboat hyperactif...
de Jean-Marc Schwartz, février 2007 |