
L'intervention chirurgicale s'est bien déroulée. Les points de sutures sont posés mais avant de crier victoire, il va falloir replonger le monocoque dans son environnement liquide naturel et voir s'il n'y a pas de phénomène de rejet après cette double greffe de flotteurs.
Je vais enfin découvrir ce que donne cet étrange mariage contre-nature qui ne manquera pas d'hérisser les cheveux sur la tête des puristes, qu'ils soient mono ou multicoquistes.
D'un côté, je me dis que ça doit forcément marcher car le bateau est léger et convenablement toilé. D'un autre côté, je me dis qu'il doit bien y avoir un hic quelque part sinon l'on verrait plein de monocoques à flotteurs (ou de trimarans à coque centrale extra large si vous préférez) pour profiter de l'habitabilité des monos et de la légèreté des multi...
Pour pouvoir tirer un maximum d'enseignements de ce test, je suis accompagné sur l'eau par Jean-Claude et son nouvel Astus 20.1. Ces 2 bateaux ont déjà navigué bord à bord lorsque l'Iskio était encore un monocoque et il s'était même payé le luxe de se montrer légèrement plus rapide, au prix, il est vrai, d'un travail "tonique" de l'équipage pour contrôler son assiette.
A terre, les 2 compères affichent leurs différences. L'Astus 20 domine de sa coque profonde et de son rouf généreux la coque plate et flush deck de l'Iskio. Seuls leurs flotteurs
arborant la ligne rouge caractéristique du chantier Astusboats leur donne un vague air de parenté.
Sur l'eau, le vent est encore timide en cette fin de matinée. A peine 3 ou 4 noeuds ... ce qui est suffisant pour animer nos montures qui tracent leur bonhomme de chemin.
L'Iskio prend une légère gîte et vient se caler sur son flotteur sous le vent. Le bateau reste très équilibré et je peux sommairement caler la barre avec son stick pour partir de longues minutes m'affairer en pied de mât ou prendre des photos. Quelle différence par rapport au comportement fougueux du bateau avant sa greffe de flotteurs !
Côté vitesse, je retrouve avec plaisir la capacité du bateau à démarrer au moindre souffle. La comparaison avec l'Astus 20.1 est, pour l'instant, impossible. Condamné à garder son foc enroulé à cause du remplacement
inopportun de l'émerillon de l'emmagasineur par un mousqueton largable, Jean-Claude dégaine aussi sec son gennaker rouge et s'envole devant. Impossible de le suivre avec l'Iskio qui reste cantonné à sa voilure de près presque 2 fois moins grande.
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