
Merci à Eric de nous faire découvrir le Sweet Pea qui possède, à mes yeux, toutes les qualités requises pour partir en rando nautique à deux !
Dériveur intégral au tirant d'eau ridicule, il permet d'accéder à toutes les plages et grimpera avec aisance sur sa remorque au gré de ses envies d'escapades.

Plusieurs configurations
Le contreplaqué et la construction amateur se prêtent bien au jeu des versions adaptées aux goûts et aux besoins de chacun.
On peut ainsi opter pour une voilure divisée "à l'ancienne" avec grand-voile aurique à corne, foc déporté sur l'avant grâce à l'adjonction d'un bout-dehors et petit "tape-cul" à l'arrière.
Ce gréement de yawl permet d'abaisser le centre de voilure et d'équilibrer parfaitement le voilier lorsque le vent se fait violent en ne conservant que le foc et l'artimon.

Pour un programme de randonnée, on s'orientera vers la version rouf "long" qui laisse la cabine occuper la moitié de la longueur du bateau.
Pour un usage plus "dayboat", il existe cette version à rouf court qui fait la part encore plus belle au cockpit.

Pour ceux qui préfèrent la simplicité et les performances d'une grand-voile de type Marconi, le Sweet Pea peut recevoir un gréement de sloop "moderne".
Le mât légèrement reculé permet de hisser un spi asymétrique sur le bout dehors libéré du foc.

Coque et pont optimisés
L'étrave relativement fine (bien pour le passage dans le clapot) est quasi verticale. Cette longueur de flottaison maximale est intéressante pour le potentiel de vitesse (même si la performance n'est pas l'obsession de ce bateau) et offre un volume supplémentaire pour ajouter de la flottabilité (ou du stockage).
Le brion (l'arrondi en bas de l'étrave) est légèrement au dessus de l'eau ce qui permet, en cas de choc sur un rocher affleurant la surface de l'eau, de monter dessus au lieu de défoncer l'étrave...
A la moindre gîte, la coque du Sweet Pea vient se caler sur son large bouchain qui lui apporte une stabilité appréciable en rando.

Le rouf occupe toute la largeur disponible sur le pont, dégageant ainsi un maximum de volume à l'intérieur de la cabine.
La tonture prononcée du livet permet d'intégrer une partie du rouf ce qui contribue à le rendre visuellement moins massif.
Mais les déplacements vers l'avant seront un peu plus acrobatique à cause de ce rouf qu'il faudra systématiquement escalader.

Small and beautiful...
En conclusion, je trouve que John Welsford, l'architecte du Sweet Pea, a réussi à dessiner un petit voilier joliment proportionné, avec un volume utile généreux aussi bien dans le cockpit que dans la cabine mais sans nuire à l'esthétique et à l'équilibre général.
Chapeau !