Avis sur Dehler 18
Dehler 18Longueur : 5.50 mLargeur : 2.45 mVoilure : 19.50 m²Déplacement : 750 kgTirant d'eau : 1.30 mTirant d'eau minimum : 0.40 m Voir la fiche complète |

Commentaire de Jmarc S.
Régatier ...
Le Dehler 18 a plus d'un tour dans son sac !Taillé au gabarit de la classe "micro", il est prêt à en découdre sur les triangles olympiques.
La carène planante est dotée de 2 safrans profonds pour rester parfaitement contrôlable à la gîte.
Son cockpit ouvert sur un tableau bas servant de chaise à l'éventuel moteur idéalement centré, est dessiné pour le rappel :
- hiloires profondes et arrondies offrant une assise confortable
- pas de filières bloquant le dos
- des cale-pieds rigides garnis de mousse faisant office de sangle de rappel
Ces derniers constituent, par contre, des obstacles passablement gênants, voir de redoutables pièges, lorsque l'on se déplace d'un bord à l'autre.
Pour s'épargner toute gêne et tout danger et, accessoirement, permettre de s'asseoir sur les banquettes du cockpit, ils peuvent se rabattre sur celles-ci... Ouf !
Cette astucieuse barre, complètement relevée, permet également d'augmenter la hauteur du dossier des bancs du cockpit.Bien vu !
Mais aussi croiseur !
Le gabarit "passe partout" du Dehler 18 et sa facilité de transport par la route ne lui ouvre pas seulement les portes des régates régionales ou nationales. Il est également candidat à la balade et capable d'aller explorer diverses côtes et plans d'eau.Pour transformer le régatier en croiseur en un tour de main, le chantier a conçu une capote particulièrement ingénieuse.
Dissimulée sous un coffrage en polyester, elle reste invisible et parfaitement protégée en navigation.En faisant pivoter l'arceau, la capote se déplie et vient protéger la large ouverture au dessus du rouf.
Deux joues en toile viennent compléter le dispositif de chaque côté pour accroître la protection de l'entrée de la cabine et du début du cockpit.
Si l'on s'accommode de la prise au vent occasionnée, sa hauteur est calculée pour pouvoir être déployé également en navigation sans buter sous la bôme. Mais cette possibilité reste malgré tout anecdotique car l'absence de fenêtre transparente ne facilitera pas la vision du barreau vers l'avant.
D'autre part, les déplacements sur l'avant via le peu de passavant restant deviennent franchement acrobatiques...
On notera également que le panneau de rouf n'est pas coulissant et devra être complètement retiré pour pouvoir profiter de l'espace protégé apporté par la capote.

Quand le cockpit devient cabine
Le soir venu, une toile complémentaire vient recouvrir le reste du cockpit permettant alors de disposer d'une "cabine" exploitant toute la longueur du petit voilier.L'installation d'arceaux supplémentaires est nécessaire afin de donner sa forme à la tente.
Une ouverture latérale sert de porte d'entrée mais le "perron" constitué par l'étroit morceau de passavant restant n'incitera guère à essayer de passer à l'avant pour vérifier l'amarrage...
On apprécie la présence de quelques fenêtres dans la toile mais l'on regrette l'absence d'ouverture par l'arrière qui faciliterait le débarquement en l'absence de catway.
La manière dont le bas de la tente est fixée sur les passavants et la gestion de l'étanchéité à cet endroit me laisse perplexe.
Je me demande d'ailleurs si cette tente de cockpit a jamais existé autrement que sur ces esquisses car celle représentée sur l'image ci-contre dispose d'un arceau de capote dont la forme et la fixation n'a rien à voir avec les autres schémas et les photos du Dehler 18 construit...
On voit bien sur ce dessin comme le barreur doit se déporter au rappel pour continuer de voir devant lorsqu'il navigue avec la capote déployée...Notez également la banquette de la cabine dont la forme inhabituelle en U ne permet pas d'utiliser la pointe avant pour y installer un couchage double.
Le plan d'aménagement permet de découvrir la banquette en forme de U qui permet d'accueillir 4 adultes à l'aise. Chaque banquette devient couchette simple le soir venu avec une partie "cercueil" très réduite.
La banquette se termine à l'épontille du mât et toute la partie avant est dévolue au stockage
Le puits de dérive prend place à la base du U, coupant la banquette en 2, juste derrière l'épontille.
La quille coulissante à bulbe peut être utilisée selon 3 positions :
- complètement baissée en navigation normale
- à moitié relevée lorsque l'on navigue en eau peu profonde, à l'approche d'un mouillage par exemple
- complètement relevée pour le transport ou le mouillage ou l'échouage. On remarque qu'il faut alors retirer les safrans qui ne sont pas relevables ni pivotants.

Originalités
Encore une idée originale, celle du puits de dérive qui se déplie en accordéon...Le principe semble être le suivant.
Lorsque la dérive est complètement baissée, le haut de la quille vient se plaquer sur l'ouverture du puits pour éviter les remontées d'eau. Le puits de quille, au niveau des banquettes, se fait alors oublier (hormis la présence du palan de relevage).
En position "à moitié relevée", la quille entraîne avec elle des parois en toile étanche qui permettent de rehausser le puits de dérive afin d'éviter toute entrée d'eau dans la cabine.
Enfin, en position complètement relevée, le voile de la quille continu de coulisser à travers les puits : le rigide et le souple.
C'est ingénieux mais il reste à voir si c'est pratique à manipuler et efficace...
Autre curiosité, le projet prévoyait également une échancrure au centre de la jupe pour avancer légèrement le moteur. Il faut croire que la complication de construction et les turbulences induites n'en valaient pas la peine car cette idée n'a visiblement pas été reprise pour le modèle de série.
Manutention
Pour faciliter le mâtage, le Dehler 18 dispose d'une jumelle de pieds de mât de belle taille.La présence sous la coque du bulbe de la quille relevable ne facilite pas la remontée sur remorque. Cette dernière n'est d'ailleurs pas prévu pour et impose le grutage systématique.

En conclusion
On sent que les ingénieurs de chez Dehler ont eu la volonté et le courage de proposer des solutions innovantes sur ce créneau de la classe "micro".L'idée qui consiste à exploiter le cockpit pour agrandir l'espace de vie de la cabine est particulièrement judicieuse sur ces petits voiliers ou chaque décimètre est compté.
De même, jouer la carte de la polyvalence avec une simple barre basculante dans le cockpit est très ingénieux. En quelques secondes, on passe d'un cockpit sportif invitant à naviguer au rappel à un cockpit plus tranquille où l'équipage peut confortablement s'adosser à l'abri de la capote.
Il semblerait, cependant, que ces concepts mériteraient encore un peu de réflexion et de mise au point, notamment au niveau de la tente de cockpit, pour arriver à une solution complètement fonctionnelle.
Commentaire de RenanROBERT
LE DELHER 18 N' EST PAS UN MICRO !
Le Dehler 18 n'est pas du tout taillé au gabarit de la classe "micro",Avec sa flottaison trop longue de 10 cm, il ne peut en aucun cas prétendre être un micro.
Il est aussi bien trop lourd et trop large a la flottaison pour même essayer d'en découdre sur les triangles olympiques avec les vrais micro "croiseurs".
Rien a voir, et les ingénieurs de chez Dehler le regrettent d'ailleurs.
-Des solutions innovantes sur ce créneau de la classe "micro", OUI.
-En découdre sur les triangles olympiques comme les vrais micro "croiseurs", NON.



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