
Le croiseur de poche
Le Krill est un micro-croiseur qui n'a pas oublié d'être séduisant. Doté d'un franc bord raisonnable surmonté d'un long rouf en sifflet, il arbore des proportions équilibrées qui lui donnent l'air d'un véritable grand croiseur... vu de loin.
Car de près, on réalise la modestie de sa taille. Quatre mètres seulement... Dont deux de large, ce qui lui confère un ratio longueur/largeur supérieur aux "luges" les plus puissantes du Vendée Globe !
Pour le prix d'une surface mouillée supérieure, cette largeur importante procure au Krill une raideur à la toile supérieure et une habitabilité surprenante.
Les 2 safrans seront utiles pour garder le contrôle de cette large coque à la gîte. Le moteur en profite pour trôner idéalement au milieu du tableau arrière.
Son programme se limite à la croisière côtière en solitaire. Du coup, le cockpit est réduit à une portion congrue et l'essentiel de la coque est utilisé pour la cabine. Quant au gréement, la solution catboat permet de simplifier les manœuvres.

Il est certes possible de s'asseoir à 2 personnes sur le même bord dans le cockpit... A condition que le barreur s'installe au rappel sur l'hiloire pour éviter de bloquer la barre déportée avec ses genoux.
Profitant d'un mât haubanné et d'un bout dehors fixe, un spi asymétrique peut être envoyé au portant, ce qui est rare sur un gréement de catboat.

Le franc bord raisonnable permet malgré tout de profiter d'un début de dossier dans le cockpit, ce dernier étant passablement encombré par la présence des 2 barres.
Les mains courantes sur le rouf seront bien utiles pour sécuriser les déplacements vers l'avant via les étroits passavants. d'autant plus que le mât déporté vers l'étrave ne permet pas de s'y tenir et que les manoeuvres de réduction de voilure et d'affalage se trouvent compliquées par l'éloignement de l'espar... Prise de ris automatiques et lazy jack seront bienvenus pour effectuer un maximum de manoeuvres depuis le cockpit.
On apprécie cependant la place libre pour l'implantation d'un capot coulissant surle dessus du rouf qui facilite l'accès à l'intérieur de la cabine.

Une sacrée cabine !
Selon que l'on ait tendance à voir les verres à moitié vides ou à moitié pleins, on trouvera la cabine du Krill minuscule pour vivre à bord en croisière côtière ou au contraire, étonnamment spacieuse pour un voilier d'un longueur inférieure à celle d'un Vaurien ou d'un 420.
Elle s'avère en tout cas très complète et bien pensée.
A l'intérieur, on y trouve de nombreux rangements (dont une grand penderie) et un bloc cuisine pas ridicule situé au milieu du bateau, coincé entre le bordé et le puits de dérive.
Il y a même un petit coin toilette déporté sur l'avant et qui permet de s'isoler du reste de la cabine à l'aide d'un rideau.
Enfin on dispose de 2 couchettes cercueil. Ce dernier choix me laisse dubitatif car le cockpit ne permettant pas à 2 personnes de s'asseoir sur le même bord, j'ai dû mal à imaginer des virées à 2 avec nuit à bord... Il me semblerait plus judicieux d'utiliser la partie arrière de l'une de ces couchettes pour construire un grand coffre accessible du cockpit.

Petit bateau, grand programme
Le Krill répond intelligemment à un programme atypique de croisière côtière en solitaire sur un bateau minimaliste. Facile à financer, construire, transporter et manœuvrer, il offre tout ce qu'il faut pour vivre à bord si l'on sait s'accommoder d'un espace réduit... Et que l'on affectionne la solitude.
Il est tout à fait possible d'envisager une croisière côtière au long court car même privé de traversée océanique, rien ne l'empêche de partir longer les côtes d'Europe, d'Afrique puis d'Asie !
Rien de plus simple, en court de route, de dénicher un petit camion avec un plateau pour le transporter d'un point à un autre si nécessaire.
Si les safrans et leur ferrure sont construits suffisamment costaud pour servir de béquille, il sera parfaitement équilibré en appuie sur le bulbe de sa quille relevable.
Voilà en tout cas, un joli morceau de rêve accessible à tous.

EN BAIE DE CANCHE ENTRE LES BANCS DE SABLE
en baie canche en fin de marée (voir le banc de sable avec les oiseaux ) à ce moment de la marée presque tout le monde est rentré par manque d eau et moi je navigue encore entre les bancs de sable.. photo G F Cohen