Skip to main content Help Control Panel

Avis sur Loup de mer

Loup de mer

Longueur : 7.08 m
Largeur : 2.50 m
Voilure : 28.00 m²
Déplacement : 1980 kg
Tirant d'eau : 1.05 m

Voir la fiche complète


 

 

Commentaire de Jmarc S.

 

Derrière son nom un tantinet prétentieux, se cache un voilier atypique et, ma foi, fort sympathique.

 

Revendiquant son programme de "pêche - promenade", il est pourtant à des années lumières des petites coques rondouillardes auxquelles nous sommes habitués.

 

Par sa taille, tout d'abord, il évite le côté "trapu" de ses confrères en adoptant une vraie coque de voilier. Il est vrai que sa longueur généreuse (7 m) lui permet d'associer une relative finesse générale à un volume utile conséquent.

 

Ensuite, par son pays de construction, le Japon, il s'affranchie aisément de toute référence nostalgique au traditionnel petit canot breton.

 

Enfin, le cabinet d'architecte prestigieux qui lui a donné naissance n'a pas hésité à explorer des voies nouvelles afin de proposer un produit réellement inédit.

 

Le résultat final est un voilier esthétiquement séduisant et très abouti quant à ses fonctionnalités et son ergonomie.


 

Ca roule ma poule ?

Son gréement original est la première chose que l'on remarque. Il est constitué d'une grand-voile unique à bordure libre qui vient s'enrouler autours d'un mât en carbone non haubané.

 

Emplanté tout à l'avant, il évite ainsi la présence d'une épontille au milieu de la cabine.


 

 

Si les performances sont limitées par la surface de toile réduite imposée par une telle solution, il est difficile d'imaginer plus simple à utiliser. Il suffit de tirer sur l'écoute pour dérouler la voile ou, à l'inverse, tirer sur le bout enroulé autours du pied de mât, pour réduire la toile en adéquation avec la force du vent.

 

 

Lors des virement de bord, rien à faire. L'écoute unique, mouflée à l'aide d'une poulie sur le point d'écoute, permet de conserver le réglage de la grand-voile sur les 2 amures.

 

Cette simplification des manœuvres au détriment du rendement vélique et des performances est conforme à l'esprit et au programme du Loup de Mer. La pêche à la traîne en solitaire nécessite de minimiser les manœuvres sous voile contrairement au régatier secondé par un équipage aussi nombreux que disponible...


 

 

Un portique rigide fixé au niveau du tableau arrière permet de conserver l'écoute à poste quelque soit le niveau d'enroulement de la voile et sans gêner l'équipage.

 

 

En l'absence de bome et au portant par vent faible, il sera délicat de maintenir le point d'écoute proprement débordé et cette écoute risque fort de venir se balancer sur la tête de l'équipage... On peut, cependant, raisonnablement penser que les piètres performances du Loup de Mer dans ces conditions de navigation inciteront le capitaine à rouler la voile et à continuer au moteur.


 

Voilier à moteur...

Car côté moteur, le bestiau est très correctement équipé. Un vaste coqueron abrite un moteur diesel inboard de 20 cv à 50 cv . On regrettera juste l'encombrement conséquent de celui-ci au milieu du cockpit.

 


 

 

Avec une telle motorisation, le Loup de Mer s'autorise des runs à plus de 10 nœuds.

 

Le conducteur est installé au centre du bateau où l'attend une petite barre à roue, au style très motonautique, accolée à la cloison du rouf. A cause de la hauteur de ce dernier, la position debout est recommandée. Etonnant, dans ce cas, de ne pas trouver de siège pour pouvoir se caler surtout qu'aucune main courante ne permet de s'agripper par mer formée.


 

 

Si la position debout derrière le rouf s'avère trop fatiguante à la longue, le barreur peut également s'installer sur l'arrière où l'attend une vraie barre franche.

 

Equipée d'un stick, elle permet de barrer assis sur la banquette latérale, à bâbord de préférence pour disposer de la commande des gaz à portée de main.

 

Le pêcheur appréciera au passage de pouvoir diriger son bateau tout en restant près de ses lignes à l'arrière. Le portique massif en inox constitue une solide main courante pour s'y tenir debout... Au cas où celle déjà prévue sur le plat bord ne suffirait pas.


 

Un cockpit qui a du coffre !

L'espace dévolu au cockpit est généreux. Il profite d'une longueur importante et exploite toute la largeur du bateau avec des hiloires/plat-bords qui se résument aux dossiers.

 

 

On ne peut cependant s'empêcher de constater et regretter la place importe prise par le capot du moteur. Planté au beau milieu et aussi haut que les assises dans banquettes, il impose à l'équipage de tourner autour en empruntant les étroits couloirs devant chaque banc.

 

Il n'y a qu'à l'heure de l'apéritif que l'on pourra se féliciter de cette table basse parfaite.


 

 

Même l'espace arrière se retrouve encombré par la présence d'un grand coffre, placé sous la barre franche, et qu'il faudra contourner pour passer des lignes tribord aux lignes bâbord.

 


 

 

Il faut cependant reconnaitre que le bon revers de la médaille, c'est que l'espace de stockage directement accessible dans le cockpit est phénoménal ... Avec pas moins de 6 coffres en tout !

 

De quoi embarquer un chargement pléthorique de matériel.


 

 

Des coffres longs et étroits pour y glisser les cannes à pêche, je n'avais encore jamais vu cela sur un voilier !

 


 

 

Concernant cette sorte de marche joliement décoré d'un lattage en bois, et qui a sérieusement compliqué le dessin du capot du coffre attenant... Je n'ai toujours pas compris son utilité.

 

 

On aurait pu penser qu'elle était là pour offrir un siège au barreur... si la barre à roue n'avait pas été installé de l'autre côté du rouf !

 

En attendant, j'imagine que le fameux coffre doit servir de vivier car rien n'est prévu pour le rendre étanche aux infiltrations de la pluie.


 

 

Ca y est... j'ai trouvé la réponse !

 

Le joli tabouret du barreur placé du mauvais côté servait initalement à accueillir le winch de l'écoute.

 

Un rail avec chariot d'écoute remplaçait le portique inox mais les utilisateurs ont dû rapidement en avoir marre de jouer à la corde à sauter avec l'écoute à chaque virement de bord lorsque la voile était partiellement enroulée...

 

On en profite pour admirer au passage la capote abritant l'entrée de la cabine ... Et le pilote grâce à sa hauteur sous-barrot généreuse, à défaut d'être aérodynamiquement esthétique.

 

Enfin, n'avez rien remarqué d'autre ?

Ne trouvez vous pas que ce cockpit respire la facilité de circulation ?

Et oui, les concepteurs du Loup de Mer ont eu la trés bonne idée de prévoir des bancs/coffres amovibles. Si le nombre de personne et de matériel à bord ne le justifie pas, il est ainsi possible de se délester des 2 longs bancs pour libérer une place confortable pour circuler ou pêcher debout le long du bordé.

Mais zut ! Les cannes à pêche sont restées dans les longs bancs déposés à terre...


 

 

La même capote vue de devant. Autre détail original, un moulage est prévu sur le rouf pour accueillir la base de la capote de manière parfaitement étanche. C'est suffisament rare pour être souligné.

 

 

Par contre, le passage vers l'avant se complique sérieuse une fois les joues de la capote installées. Le passavant particulièrement étroit à cet endroit et l'absence de filière et main courante pourront rendre l'opération délicate par mer formée...

 

Une fois la capote franchie, c'est gagné. On retrouve un cale pied en bois le long du livet, plus de place pour circuler, des solides chandeliers, un long balcon avant et des fillières.

 

Mais sur la photo précédante, en l'absence de filière, on mesure l'ampleur du challenge qui consiste à arriver jusqu'au pied de mât.

Alors, si l'on craint de passer à la baille à cause de la capote, on peut toujours décider de passer par la cabine puis de ressortir via le grand panneau de pont à l'avant !


 

The cabine

Un autre point fort de ce petit voilier est, à mes yeux, sa cabine judicieusement conçue.

 

 

Tout d'abord, on y entre facilement par une porte profonde et dégagée par un panneau coulissant sur le rouf.

On profite alors d'une hauteur inhabituelle grâce au rouf volumineux.

 

Déporté sur l'avant, le carré permet d'accueillir 5 personnes qui profiteront d'une hauteur d'assise confortable.

 

Pas d'épontille, la table repose sur un pied alu amovible, enfiché dans une imposante embase au sol.


 

 

La nuit venue, il suffit de déboiter le tube servant de pied de table et d'utiliser cette dernière pour combler l'espace entre les banquettes.

 

On obtient alors un lit double aux dimensions généreuses.


 

 

A l'entrée, un bloc cuisine d'une belle taille, idéalement placé près de la descente, permet d'envisager la préparation d'un bon repas.

 

 

Quelques équipets et placards additionnels en bois ne seraient pas de trop pour ranger les affaires et apporter une touche un peu moins "cuisine de camping en plastique".


 

 

On trouve tout de même un placard/coffre au pied du bloc cuisine. Curieusement accessible via une porte étanche (encore ce gout prononcé pour le plastique ?!...), il est en partie occupé par le réservoir d'eau douce.

 

 

Avec si peu de rangements offerts, il faut croire que le menu, à bord de ce bateau conçu pour le pays du soleil levant, sera principalement constitué d'un simple poisson cru.

 

Notez l'unique marche amovible de la descente. Et oui, la différence de niveau entre la cabine et le cockpit n'est pas extrémement importante et rend le passage de l'un à l'autre particulièrement aisé.


 

Et même des toilettes

Pour avoir osé déroger à la règle qui veut que l'on cherche absolument à caser 4 couchette dans un petit voilier qui ne sera probalement jamais utilisé en croisière plusieurs jours durant avec autant de personnes à bord, le Loup de Mer s'offre le luxe agréable de disposer d'un compartiment toilette à bord.

 

 

Celui fait face à la cuisine et, étonnament, à échappé au "tout plastique" en arborant une jolie cloison en bois à l'angle élégament courbé.


 

 

A l'intérieur, on découvre un véritable WC marin.

 

 

L'espace y reste compté mais l'endroit a le mérite d'exister et de fournir à ses occupants un minimum d'intimité le moment venu.

Comments

Didier

1 on Jan. 20 2009


Toujours à l'affut de choses originales le Jean Marc. Oui un bateau pas commun, et j'avais même eu des contacts avec le chantier pour le fabriquer en France (non non je ne parle pas le japonnais!),il en existe un du coté de Morgat,un petit défaut son tirant d'eau (l'architecte ne voulait pas le voir modifier en biquille), et un manque de rangement dans la cabine
Marc

2 on Jan. 21 2009


............... ;) comment marche ce genre de gréement au prés? king
Yvesc
0 post

3 inspired from marc on Jan. 23 2009


Bonjour, je me pose aussi la question car le système catboat avec mat enrouleur semble bien intéressant.Cela doit dépendre aussi beaucoup du type de bateau.Il existe trois bateaux français l'Ikone pêche promenade tranquille et l'ikonej apparemment performant (voire essai voiles et voilier) ainsi que le tilapia du chantier ocqueteau
Didier

6 inspired from marc on Jan. 25 2009


Vu le programme de ces bateaux un près moyen n'a vraiment pas d'importance, l'Ikone Jva bien au près mais il faut mettre une latte rigide à la bordure et bien sur l'enroulement ne marche plus, j'ai navigué sur l'IKONE et sur ce type de bateau on s'en fiche vraiment de serrer le vent (15 cv à démarrage electrique dans un coffre insonorise)
Yvesc
0 post

8 inspired from Didier on Jan. 25 2009


Question sur ikone

Je cherche quelqu'un qui aurait essayé l'ikone avec le spi asymétrique récemment proposé par le chantier.
Jacquesd
0 post

4 inspired from yvesc on Jan. 24 2009


Ne pas oublier Gilles Montaubin

Sûrement l'un des plus grand spécialiste depuis des années de ce type de gréement qu'il a développé et utilisé sur des voiles avirons, des croiseurs, de multicoques ,... (voir les Lili 6.10, Rando, Petite Elisa, etc)
avatar
Eric17
2513 posts

5 inspired from Jmarc (Nautical Trek) on Jan. 24 2009


ça mériterait

Une étude plus poussée sur les grééments de randonnée nautique : de la voile de jonque du Jester de Hasler (un des ancêtres revendiqués du Souriceau) aux voiles type Montaubin, en passant par le gréément du Paradox et aux différents types de voiles à wishbone : simplicité, commodité, efficacité (au près en particulier, la question a déjà été posée par marc), et prix, aussi ?

Le seul défaut du gréément Montaubin est là, je crois : Louis de Lassus a payé 3000€ ses mâts, ça a un peu explosé son budget :frown:

Alors qui peut répondre ? Qui a navigué avec ça, et surtout a pu comparer ?
avatar
Eric17
2513 posts

7 on Jan. 25 2009


Par contre ...

ça peut être utile de remonter au près avec un bateau au programme de navigation plus ambitieux : un "cat boat-souriceau" avec enrouleur ? Un "Jester" modernisé (grâce à un mât carbone) ? Ou un Rando Montaubin "grande croisière" ? Très déplaisant en effet de se trouver au vent d'un côte hostile, avec une faible réserve de carburant.

Le Tilapia n'a pas l'air d'avoir rempli les ports -trop original, sans doute - il faudrait enquêter sur ses performances. Les comparatifs que G. Montaubin a pu réaliser - entre des coques identiques - sembleraient montrer une supériorité de ce gréément par rapport à la livarde. Mais par rapport à un marconi ??
Tools
* Post a comment
Monitor
Recent pages
Recent files
Recent comments