
Juste pour le fun et dans la continuité de mes réflexions sur les catamarans transportables sans démontage, voici une idée de version "croisière côtière" avec laquelle il est possible de partir en couple, loin et longtemps grâce à un niveau de confort plus que correct.
Le principe s'inspire du Gato especial de Chris Ostlind, avec un rouf volumineux et avancé qui abrite une couchette double et des espaces de travail où l'on peut se tenir debout dans les coques.
Pour disposer d'une telle hauteur tout en limitant le fardage, les coques sont relativement fines afin d'être profondément enfoncées dans l'eau (40 cm).
Le couchage
La couchette double (1) qui occupe l'espace entre les coques, n'est pas très large (1m20) mais comme elle n'est collée à aucun bordé et parfaitement rectangulaire, son utilisation reste donc d'un confort au dessus de la moyenne des petits voiliers.
Chacun dispose d'un accès par le côté (comme à la maison).
Une penderie (2) précédée d'un coffre/tiroir surmonté d'un siège (3) permet le stockage des vêtements au pied du lit.

La cuisine
La coque bâbord reçoit le coin cuisine. La hauteur sous barrot qui autorise d'y travailler debout rend sont utilisation particulièrement agréable. La proximité du panneau coulissant de la porte facilite l'évacuation des vapeurs et des odeurs de cuisson.
La profondeur disponible permet de caser des placards (5) pour ranger les victuailles, complété par d'autres rangements à l'arrière (6).
On trouve également une table à carte/bureau (7).
Pour manger à 4, il faudra s'installer dans le cockpit, quitte à fermer complètement celui-ci par une capote comme sur de nombreux bateaux à moteur.


La salle d'eau
L'autre coque reçoit la salle d'eau (8), isolée de la chambre par une cloison et un rideau. Elle dispose d'un plan avec vasque, d'une armoire de toilette et l'on peut s'y tenir debout en profitant de la hauteur sous barrot maximale à cet endroit.
La partie arrière, que l'on peut également isoler à l'aide d'un rideau, abrite les toilettes (9).
C'est également là qu'est installé la douche (10) pour laisser la partie avant de la salle d'eau parfaitement sèche.
L'été, un réservoir de douche solaire suspendu à la bôme, juste au dessus du capot coulissant ouvert, permet de s'y doucher à l'aise, avec l'eau chaude courante !
A noter que pour passer d'une coque à l'autre, de la cuisine aux toilettes par exemple, on dispose de 2 possibilités. il faut soit passer par le cockpit, par l'extérieur, ou bien traverser le couchage central, par l'intérieur. On dira que ces petits exercices entretiennent la forme de l'équipage...
Le cockpit
Vu que le bateau n'est prévu que pour 2 occupants, la taille du cockpit sera limitée au strict nécessaire.
2 petits bancs (11) accueillent l'équipage de 4 personnes maxi. Sous chaque banc, on trouve un coffre de rangement ou le moteur hors bord relevé monté sur une chaise basculante.
Des jupes équipées de marches permettent d'accéder aux safrans pivotants et à l'eau (ou à la plage si l'on est échoué).
Le rouf et l'arrière des cabines servent de dossier dans le cockpit et protège ce dernier des embruns.


Gréement
La largeur modérée de ce cata ne lui permet pas de disposer d'un mât très long car cela favoriserait le risque de chavirage. L'idée n'est pas d'aller beaucoup plus vite qu'un monocoque de taille équivalente.
On peut aussi imaginer un gréement de catboat avec un mât plus court sur chaque coque comme sur l'Essence 6 ou le minuscule Osram IX ?

Variante du rouf
Un rouf présentant une cassure permettrait l'installation de hublots panoramiques autorisant la vue vers l'avant.

Bilan
Cet engin inhabituel cumule pas mal d'avantages à mes yeux.
C'est connu, et souvent rabaché, dans les petites tailles de voiliers, les multicoques ne peuvent rivaliser avec le confort de cabine des monocoques...
Sauf qu'ici, avec un équipage de 2 personnes et pour un poids équivalent à celui d'un monocoque de moins de 6 mètres, on dispose d'un confort nettement supérieur :
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lit rectangulaire central
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hauteur sous barrot
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vue panoramique
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grande salle d'eau séparée
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cuisine spacieuse
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nombreux placards
Sur remorque, il reste aussi léger et facile à monter et mettre à l'eau qu'un petit monocoque. On profitera, pendant le voyage par la route, des 2 descentes latérales pour continuer d'accéder et d'utiliser la cabine sans être gênés par la présence des mâts stockés au milieu du bateau.
Au port, il occupe la même place qu'un monocoque de longueur équivalente.
Enfin, sur l'eau, son fardage important devrait logiquement le pénaliser lors des remontées au près serré. Par contre, une fois abattu, sa configuration catamaran devrait lui permettre de distancer ses congénères à une coque.
Rappelons également la stabilité légendaire des catamarans, que l'on navigue ou que l'on soit au mouillage !
De Jean-marc Schwartz, novembre 2008