
Commentaire de Nautical Trek
octobre 2008A la mode dans les années 80 avec les Edel cat 26, KL 28 et autres Twist, les catamarans dayboat et de camping côtier se sont faits bien plus rares dans les années 2000 où seul le Raid 22 a réussi à faire un peu de bruit autour de sa sortie.
Malgré l'atout de leur performance, de leur stabilité et de l'espace convivial procuré par leur plateforme, ces engins pouvaient rebuter par la difficulté de trouver une place de port de cette largeur ou par la durée du montage/démontage à partir de leur remorque.
Il semble cependant, qu'un regain d'intérêt pointe le bout de son nez. Des chantiers ont ressorti les moules de l'ingénieux Twist et de l'accueillant Aventura 23 pour les proposer de nouveau sur le marché du neuf.
Après un an de mise au point, le Bicok, une version modernisée de la formule, a fait une apparition remarquée cette année sur les pontons du Grand Pavois et d'autres chantiers emboîtent le pas pour présenter des nouveaux projets séduisants (Essence 6, Ksenia 64)
J'imagine que pour les amateurs de belles machines au design et à l'accastillage "up to date", ces nouveautés s'avèrent particulièrement séduisantes.
Par contre, pour le fan de rando nautique que je suis, elles me laissent un petit arrière-goût de frustration...
D'un côté, j'applaudis des 2 mains leur stabilité au mouillage et leur aisance pour venir beacher sur la plage. Je bave d'envie devant leur grande plateforme et leur immense trampoline pouvant accueillir du monde et des tentes grand format.
D'un autre côté, je reste perplexe devant l'ergonomie discutable de leur "cockpit" et de leur "cabine" et la problématique du montage/démontage qui, malgré les astuces mises en œuvres pour le rendre accessible à 2 personnes en une heure ou 2 de labeur, ne me paraît pas compatible avec l'envie d'une sortie à la journée sans se prendre la tête.

Et puis, j'ai découvert le Lady Hawke au détour d'un quai du Salon nautique de Gênes en Italie... Et tout est devenu limpide. J'avais la solution du cata dayboat et de camping côtier sous les yeux. L'idée était si simple que personne n'avait osé la mettre en pratique auparavant.
Pour simplifier le montage/démontage d'un tel cata... Il suffit tout simplement de ne pas le démonter !
Mon premier contact avec le Lady Hawke a pourtant été plus répulsif que contemplatif. "Qu'est ce que c'est que cette horreur ?", me suis-je demandé en apercevant l'engin.
Il faut dire que le pauvre n'était guère mis en valeur. Haute perchée sur ses ailerons et passablement "marquée" après son expédition de l'été, cette grosse boite massive faisait piètre figure à côté des bijoux en bois et composite exposés à flot sur le même quai.


C'est pourtant autour du cata atypique que j'ai tourné longuement lorsque j'ai découvert avec intérêt sa particularité : il était tout simplement conçu pour être compatible avec le gabarit routier.
Ben mince, je n'y avais jamais pensé ! Oser diminuer la puissance d'un tel engin en réduisant sa largeur...
C'est pourtant ce qui a été fait, avec succès, sur les trimarans de loisir que sont les Magnum 21 et Astus 20, 2 unités que j'ai possédées ou possède encore. J'en connais donc bien le résultat : des engins bien plus accessibles financièrement que leurs homologues tournés essentiellement vers la performance et qui s'avèrent capables, malgré tout d'emmener en sécurité un équipage nombreux à des vitesses tout à fait honorables.
Alors pourquoi n'obtiendrait-on pas un résultat comparable sur un cata ? Les trimarans de 6 mètres cités font 4 mètres de large soit 2 mètres entre leur coque centrale et le flotteur en appui sur l'eau auquel s'ajoute le rappel du flotteur suspendu au dessus de l'eau au vent.
Finalement, le Lady Hawke doit faire au moins aussi bien en terme de puissance avec ses flotteurs espacés à 2m50 de largeur et le poids de l'équipage et du flotteur au vent...
En l'absence de flotteurs submersibles capables de prévenir l'équipage qu'il est temps de réduire, il faudra probablement un peu plus de vigilance et de prudence dans la brise soutenue pour parer tout risque de chavirage.
Saluons au passage le bon comportement du bateau avec lequel un équipage a relié l'Italie à la Grèce.
En tout cas, à l'heure de la mise à l'eau, il bat à plate couture tous les catas démontables et autres trimarans repliables ! Rien à monter hormis le mât, même le trampoline reste tendu à poste. Il n'y a qu'à le laisser glisser dans l'eau... Tout en regrettant qu'il ne soit pas équipé de dérives pivotantes à la place des ailerons qui imposent de mettre les roues de la remorque sous l'eau.



Surtout qu'on ne risquait pas d'être gêné par la présence de puits de dérive dans les coques puisque ces dernières ne sont pas habitables : l'aménagement du catamaran se résume à une vaste et confortable plateforme rigide.

Un banc renfermant les coffres étanches en fait le tour intégral. Les coffres latéraux permettent d'accéder au volume de rangement dans les coques. Il y a de la place à revendre mais la profondeur importante n'est pas des plus pratique pour saisir les affaires du fond.

Profitant d'un dossier haut qui apporte confort et protection, l'équipage peut savourer à 100% la balade.
Ajoutez un taud de soleil par dessus le tout à l'heure du mouillage et il ne vous reste plus qu'à profiter de cette belle terrasse surplombant la mer.
En configuration rando, il n'y a qu'à trouver une tente de camping aux dimensions du cockpit et d'installer le couchage "par terre".
Conclusion : voilà un engin facile à trimballer sur la route (poids raisonnable), rapide à mettre en œuvre (pas de montage), capable d'accueillir confortablement une famille nombreuse en navigation à la journée (vaste cockpit) et parfaitement fonctionnel pour le camping côtier en couple.