





1er jour
Nous avons choisi de partir ces 2 jours (21-22 juillet 2008) avec le minimum de provisions et de manger ce qu'on pêcherait ! (un peu ambitieux)
Départ de Fromentine (1) en fin de matinée avec un vent de force 2 et une mer peu agitée. Nous passons par le pont de Noirmoutier (2) et longeons la côte ouest de l’île (Barbatre (3), La Guérinière (4), l'Epine (5)).
Le vent de secteur nord ouest nous contraint à tirer pas mal de bords et nous plaque contre la côte. La mer est montante, nous passons entre les hauts fonds des Boeufs et la plage et évitons les roches de la Loire.
Après le passage du port des Morins (6), le vent se lève et passe à force 3. Nous apercevons à présent distinctement l’île du Pilier (7) distante encore de 5 ou 6 miles.
Plus nous nous éloignons de Noirmoutier et plus la houle grossit. Le vent a forci. Il est maintenant passé à force 4.
Vent de face, je choisis de naviguer au près car les vagues sont maintenant assez hautes et la navigation au vent de travers est un peu dangereuse dans ces conditions.

Le vent se calme lorsque nous passons le cap de l'île. C'est à ce moment que nous choisissons d'affaler les voiles pour faire une approche au moteur. L'accès à la voile est beaucoup trop risqué.
Nous apercevons une petite crique où nous choisissons de beacher pour la nuit. L'accès s'annonce sportif : la plage est bordée de rochers, la mer est haute et nous avons du mal à deviner certaines roches à peine immergées.
Val est au moteur et nous tentons de le guider le mieux possible. La houle et le vent ne nous aident pas beaucoup. Nous n'avons pas droit à l'erreur.
Tant bien que mal nous arrivons sur la plage.

Débarquement
On balance notre stock sur le sable. Nous décidons de laisser le bateau sur la plage, arrivés à marée haute à 20h, nous pourrons tranquillement repartir au petit matin avec la prochaine marée.
On apprécie vraiment de fouler le sable et gagner la terre ferme après 6 bonnes heures de navigation éreintante.

On en profite pour découvrir cette petite île inhabitée. Elle s'étend sur 800 mètres du nord au sud et sur 150 mètres d'Est en Ouest. La côte ouest est bordée de falaises abruptes.
Tandis qu'on trouve plusieurs petites plages sur la côte Est, une petite jetée permet d'accoster et plusieurs corps morts sont disponibles pour mouiller la nuit.



L'ancien sémaphore est au milieu de l'île.
Le phare, lui, est au nord de l'île. Il s'agit d'un des plus puissants de l'Atlantique nord. Il permet de baliser l'estuaire de la Loire pour les cargos.



L'île est aussi connue pour héberger une massive colonie de goélands. Nous devons slalomer entre le guano !
L'heure du dîner approche et nous n'avons rien pêché ! Les quelques lancerds à la mitraillette sur la jetée ne donnent rien malgré les nombreuses silhouettes de poissons aux abords de la côte.
Nous nous résignons à manger des berniques et du riz autour d'un bon feu de camp.



Nous plantons les tentes à l'abri d'une crique. A minuit, tout le monde est couché !
Le concert de mouettes ne s'arrête qu'entre 2h et 4h du matin.

2ème jour
A 6h, debout ! On observe un joli lever de soleil !
On plie tout et on commence à charger le bateau. La mer monte et gagne progressivement le bateau... mais le coeff. est inférieur à celui d'hier et le Magnum est à peine dans l'eau.
Même à 4, il nous a été assez difficile de le pousser !
L'enseignement de cette mésaventure est qu'il est préférable de choisir le mouillage au corps mort, quitte à faire quelques brasses dans une mer à 17°C.
Nous quittons donc notre havre de paix, avec un vent force 1 !
Partis à 8h, on craint encore une navigation longue et sans vent mais dès le cap sud de l'île franchi, le vent de secteur NW forcit à force 2 et nous regagnons Fromentine en effectuant UN seul bord ! Le tout en à peine 2h30.
De Julien Naulleau, septembre 2008