
Sans sommier… c'est gonflé !
Dans la suite des tests en tous genres pour squatter le cockpit la nuit, voici une astuce … gonflée.
Pour obturer l'espace entre les bancs du cockpit afin d'y poser un matelas, Cyril, constructeur du Multi 23, m'a soufflé l'idée saugrenue d'utiliser … le matelas lui-même. Difficile d'imaginer plus simple !
Le truc consiste à utiliser un lit d'appoint gonflable à 2 places en lieu et place des matelas pneumatiques destinés au camping.
Ces lits gonflables présentent plusieurs caractéristiques intéressantes :
- largement diffusés, ils sont économiques à l'achat (moins de 30 euros)
- ils disposent, pour certains, d'une valve large permettant un gonflage et un dégonflage accéléré
- en PVC relativement fin, ils sont légers et peu encombrants à stocker comparé aux modèles de camping classiques
- épais d'une vingtaine de centimètres, ils sont particulièrement confortables
- on peut les utiliser également à la maison comme couchage d'appoint vu qu'ils sont faits pour cela
Tests sommaires
La caractéristique essentielle qui nous intéresse est l'épaisseur importante du matelas qui lui confère une rigidité auto-portante.
Si l'écartement entre les bancs du cockpit n'est pas trop important, cette rigidité peut s'avérer suffisante pour supporter le matelas et ses occupants... sans recourir à un sommier ou autre système de plancher entre les bancs.
Voyons ce que cela donne dans le cockpit de mon Astus 20.1 dont les bancs sont espacés de 65 à 67 cm.

Le volume important du matelas (190 cm de long par 140 cm de large et 20 cm de hauteur) implique un temps de gonflage conséquent : 5 minutes montre en main avec un gonfleur correct de 3 ou 4 litres muni de l'embout large adéquat.

Positionné au bout du cockpit, calé contre la poutre arrière, il reste un peu de place à l'avant du cockpit pour marcher et y poser des affaires (comme ses chaussures par exemple).

Utilisé seul, c'est parfait. Le matelas fléchit à peine sous mes 70 kg installés au centre.
A deux, c'est moins satisfaisant. Nos poids conjugués accentuent le creusement du matelas au centre. C'est encore suffisamment rigide pour ne pas risquer de tomber dans le trou mais ce creux fait glisser les dormeurs au centre, l'un contre l'autre. Les nuits promettent d'être chaudes …

Si l'on souhaite éviter ce phénomène, il suffit d'ajouter 2 ou 3 planchettes transversales. C'est quand même moins lourd et moins encombrant que le sommier à lattes déroulant.
Le dégonflage / repliage est rapide grâce à la valve de gros diamètre. Une minute trente seulement.
La solution annexe
La solution présentée ci-dessus revêt malgré tout quelques inconvénients :
- gare au perçage de la membrane PVC sous peine de ne plus avoir de couchage (heureusement, il reste toujours les trampolines)
- La corvée de gonflage quotidienne
Titillé par l'obsession des équipements à usages multiples synonyme de gain de place, pourquoi ne pas imaginer de profiter de ce matelas à forte flottabilité pour disposer d'une annexe ?
Bien sur, pas tel quel. Le PVC ne résisterait pas longtemps à l'abrasion et le revêtement velouté ne manquerait pas de retenir l'humidité.
Par contre, on peut imaginer l'inverse. Un engin flottant utilisé comme matelas…
J'en ai dégoté un à tout faire. Radeau, kayak, planche à voile, dériveur, bouée de traction… alors pourquoi pas matelas ? Surtout qu'il rentre pile poil entre les poutres : 2m13 de long par 1m50 de large.
En navigation, conservé attaché sur un trampoline. A l'escale, engin de loisir. La nuit, matelas et sommier à la fois. Encore un concept à tester sur le terrain…





Recouvert d'une toile épaisse le protégeant de l'abrasion, cet engin sera sûrement passablement humide et salé à l'heure du couchage. Mieux vaut, dans ce cas, installer par-dessus la chambre de la tente dont le fond est imperméable. Si l'on ne se blottit pas dans un sac de couchage, il est alors conseillé d'ajouter une petite épaisseur en mousse car dormir directement sur le fond plastifié de la tente n'est guère agréable.
De Jean-marc Schwartz, décembre 2007