| 2.3.48.234 | Caractéristiques prao calédonien bonjour J'avais quelques questions sur le prao calédonien qui se détache nettement de toutes ces prao en lames de sabre incapables d'embarquer un équipier de plus. Quand on pense au chavirage intégral d'un prao on pense immédiatement au poids du flotteur qu'il faudra faire pivoter autour de la coque principale. Vous est il possible de donner le volume de chaque flotteur , les longueurs, largeurs de chaque flotteur et leur volume approximatif , ainsi que leur poids respectifs ? La voile à corne avec une latte intégrale a mi hauteur est vraimment géniale , sur la vidéo on ne distingue que 2 panneaux , et la forme est impeccable. Ce type de gréement est vraimment efficace pour encaisser les grosses risées ( la corne pivote et l'air s'échappe ) , quel grammage de tissus utilisez vous ? , y a t il vraimment si peu de panneaux sur cette voile ?. Est il possible de se procurer les plans de ce prao ? Je ne souris pas , je ne bave pas non plus , j'applaudis! et reconnait l'intelligence de cette construction réalisée pratiquement d'un trait autour d'un cahier des charges que beaucoup de constructeurs peinent à intégrer. cordialement
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Nouvelle Calédonie en Prao construction amateur
Peut être allez vous sourire en découvrant le petit prao au design rustique imaginé et construit par Vincent mais vous risquez d'en baver d'envie lorsque vous verrez l'usage qu'il en fait en Nouvelle Calédonie. Encore un bel exemple montrant que le bonheur sur l'eau n'est pas lié à la taille du bateau ni à la fortune qu'on y engouffre.
texte et photos de Vincent Sevajol

Apprenti constructeur
Depuis que EDF à construit son barrage à Sisteron (Alpes de Haute Provence) en 1976, j’ai toujours été attiré par l’eau et surtout la possibilité de naviguer dessus avec toutes sortes d’embarcations.
Notre première fabrication, avec mon copain Bernard, ce fut de fabriquer un radeau avec des bidons de Xylophène (son père était charpentier).
Nous avions là notre premier bateau qui nous permettait, par Mistral, de descendre jusqu’au barrage et, par vent de sud, de remonter les rivières de la Durance et du Buech, avec de mémorables passages sous le pont de la Baume par mistral qui ont eu raison bien des fois de notre pauvre mat en tube de plombier et de nos voiles en lin de sa grand-mère…
Ensuite ce fut l’achat d’un 420 en piteux état et la joie des réparations pour le faire naviguer (c’est là que nous avons appris à travailler le polyester, le bois, et à réparer les voiles avec une machine à coudre…).
Puis est arrivé la planche à voile : la Windsurfer, bientôt imitée par d’autres constructeurs, mais à un prix que nos modestes moyens ne nous permettait pas d’acheter.
Qu’à cela ne tienne, nous avons fabriqué nos premières planches en contre-plaqué et mousse polyuréthane (récupérée d’isolation de toiture) et fibre de verre avec résine polyester. Le résultat : ça marchait plutôt bien et même mieux parfois que certaines planches neuves (au grand désespoir de son propriétaire…)
Construction du Prao KOROPA KODO
Je le baptisais Koropa Kodo qui signifie Pirogue verte dans la langue Xaracciu de Canala.
Plusieurs essais furent nécessaire pour le fiabiliser : mat alu trop fin, dérive pliée en deux car trop fine… bref il a fallu renforcer plusieurs points du prao pour le rendre apte à naviguer en toute sécurité.
Je garde en mémoire de très belles sorties sur le lagon de Nouvelle Calédonie dont en voici quelques une:
- Après avoir fait une plongée en bouteille avec mon copain Jean-Claude, nous sommes sortis par une passe en pleine mer avec comme but de longer la barrière de corail pour rentrer par une autre passe dans le lagon.
Ce jour-là, la mer était assez calme, les vagues petites, la marrée haute et nous avons décider de couper par la barrière de corail, poussés par les vagues pour entrer dans le lagon : grosse poussée d’adrénaline en passant sur le corail et fierté d’avoir réussi notre coup car peu de navigateurs peuvent en dire autant…
- Des navigations à la voile sur le lagon permet de voir les poissons sans qu’ils nous entendent arriver. Nous avons suivis des raies manta à quelques mètres, un groupe de poissons perroquet, broutant la tête en bas et leurs queues dépassant de l’eau, battant en rythme la surface de l’eau, des vaches marines (dugong), …
- Des traversées de platier par marée très très basse, en poussant le prao, échoué de patates en patates, avec les pieds pour pouvoir sortir de ce labyrinthe, et ayant mal pour le bateau car le corail est assez taillant. Mais grâce à la légèreté de l’embarcation, il n’y avait que de simples rayures sur la coque …
- Des remontés de rivière de La Foa jusqu’au barrage à sel (qui empêche l’eau de mer par grande marrée de remonter la rivière et d’inonder les terres cultivées) dans un calme absolu grâce à la voile afin de regarder la mangrove et tous ses habitants (poissons, crabes, prédateurs divers et non identifiés, oiseaux…)
- Des pêches à la traîne et à la voile à travers le lagon…
Toujours pleins de souvenirs dans la tête, mais voilà, je suis maintenant en métropole. Je me suis attaqué à la construction de ma maison (voilà déjà 4 ans, plus encore 4 pour la finir : c’est long, je sais, mais il faut être patient dans la vie…).
Mon Challenger Horizon attend sagement, dans le fond du jardin, avant de pouvoir reprendre la mer, bientôt, peut-être…
La vidéo
Construction, navigation sur le lagon et îlot de rêve à découvrir dans ce joli montage vidéo réalisé par Vincent
Cliquez ici pour accéder à la vidéo(Coordonnées géographiques de l’îlot N’Digoro au bord de la barrière de corail : E 165° 43’44 S 21° 51’47)























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