
Commentaire de Nautical Trek
Juillet 2007
Avec sa timonerie de bateau de pêche et son gréement aurique, le Haber 660 ne ressemble à aucun autre bateau.
Ne vous fiez pas à sa taille modeste et à son air pataud. Solidement construit et pensé dans les moindres détails, il est capable d'emmener loin son équipage (réduit).

Si la version standard est homologuée en catégorie C (force 6 et 2 mètres de vagues), la version "hauturière", qui double la valeur de son lest à 700 kg au lieu de 350, est prévue pour pouvoir naviguer par force 8 et vagues de 4 mètres (catégorie B).
Détail incontournable de sa silhouette, le salon de pont proéminent trône au milieu du pont. Ses proportions inhabituelles sur un voilier évoquent plutôt les vedettes à moteur utilisées pour la pêche de loisir.


Certes, offrir une hauteur sous barrot de 1m85 sur un voilier de 6m60 impose un rouf haut perché. Mais, tandis que la plupart des concurrents tentent de masquer la hauteur du rouf en remontant le franc bord de la coque, ici, le chantier prend le parti inverse. Le franc bord de la coque reste bas ce qui accentue l'omniprésence du rouf.
Janusz Konkol, le concepteur du bateau et dirigeant du chantier argumente son choix par le soucis de limiter le poids dans les hauts en limitant la hauteur de la coque et du pont au niveau minimal nécessaire, d'où ce franc bord moins haut que le rouf…

Le corollaire à ce choix architectural est que l'on dispose d'une main courante idéalement placée à hauteur de la main lorsque l'on se déplace le long de rouf. Par contre, pour monter dessus lorsque l'on veut ferler la grand voile, il faut obligatoirement passer par l'avant afin

Une autre conséquence est que le cockpit est particulièrement bien abrité derrière le rouf.
A tel point qu'une casquette rigide le prolonge, sous laquelle on peut se tenir assis à l'abri du vent, de la pluie ou du soleil.
Des parois latérales en plexiglas fumé complète la protection.

Cette vue arrière donne une idée de la protection apportée par le rouf… mais aussi de l'obstacle qu'il constitue pour voir vers l'avant.
Notez également que : pas de jupe = échelle obligatoire pour remonter à bord en cas de chute à la mer ou simplement de baignade.

Pour pouvoir surveiller son étrave, le barreur aura alors intérêt à s'installer sur les sièges aménagés à l'angle des balcons arrières.
3 coffres sont disponibles sous les bancs du cockpit tandis d'un panneau sur le plancher permet d'accéder au moteur inboard.




Sur le rouf, on découvre un impressionnant pied de mât. Deux très hauts arceaux en inox servent d'immenses jumelles pour guider le pied du mât lors du mâtage.
La bome est fixée directement à ces tubes plutôt qu'au mât. Elle peut donc rester à poste lorsque le mât est abattu, posée sur un support en bois à l'arrière du rouf. Une solide équerre en inox remplace le halebas classique, impossible à installer compte tenu de la proximité du rouf.


L'extrémité de la corne de la grand-voile coulisse dans la gorge du mât. Pour hisser la grand-voile, ce n'est guère plus compliqué qu'avec une grand voile Marconi habituelle. En actionnant la drisse à partir du winch en pied de mât, la corne est d'abord redressée presque à la verticale. On largue alors le bout qui retenait l'extrémité de la corne et cette dernière peut maintenant monter le long du mât avec la grand-voile.




Pour mâter, le même winch est utilisé pour actionner un palan en pied de mât qui permet à une personne seule de le dresser uniquement en moulinant le winch en moins de 3 minutes.




Au final, il suffit donc de mouliner le winch pour mâter puis hisser la grand voile et sa corne. Avec un tel système, il devient possible pour une personne seule, sans effort et sans danger, d'abaisser le gréement avant le passage d'un pont puis de le remettre en place une fois l'obstacle franchi. La vidéo de cette opération, tournée par le chantier, en dit long sur l'efficacité et l'ingéniosité de ce système.
D'autant plus que le gréement aurique permet de conserver un mât court qui dépasse à peine l'arrière du bateau une fois baissé.

Un petit pavois, rehaussé d'une pièce de bois, permet de caler efficacement le pied à la gîte lors des déplacements sur les passavants.
La baille à mouillage de petite taille n'est destinée qu'à recevoir la chaîne, l'ancre restant à poste sous une imposante delphinière.
Repliée contre le balcon, une échelle est prête à être déplié pour débarquer par l'étrave lorsque le bateau est beaché par la pointe avant. N'oublions pas qu'il s'agit d'un dériveur intégral.



La profonde porte d'accès à la cabine se ferme à l'aide de plusieurs panneaux en plexiglas dont un, le principal, qui se replie en deux contre la cloison du rouf.


Passons maintenant à l'intérieur via les 2 marches à pas décalés.



Selon l'année et la version, on trouve des aménagements différents.
Tous profitent d'une hauteur sous barrot généreuse (1m85) et d'une vision sur l'extérieur exemplaire, à travers les immenses hublots quasi verticaux.
Dans le premier aménagement, la cuisine est installée près de l'entrée ce qui est plus pratique lorsque l'on mange dans le cockpit ou que l'on veut rester en contact sonore et visuel avec le barreur pendant la préparation du repas.
Elle dispose d'un frigo à ouverture frontale et de nombreux rangements, notamment dans l'espace situé sous le banc du cockpit.
S'ensuivent 2 banquettes qui se font face autours de la table implantée sur le puits de dérive et qui peuvent accueillir jusqu'à 6 adultes.


La couchette avant est isolée du carré par une cloison, avec une partie amovible la journée.





En abaissant la table, une couchette double peut être installée dans le carré. Sa longueur réduite la destine uniquement à des enfants.

A l'entrée, on trouve également le recoin toilette. Plutôt exigu mais largement éclairé par le grand hublot latéral et complété par un plus petit, ouvrant vers l'arrière pour l'aération.
Dans le 2ème aménagement (le plus récent), la cuisine est installée sur tribord, dans le prolongement des toilettes.
Ne disposant plus de l'espace de rangement sous le banc du cockpit, le frigo a été remplacé par un large placard.




Le frigo se résume à un tiroir réfrigéré, déporté près de l'entrée.
La couchette double avant peut, au choix, être ouverte ou fermée.


Les banquettes du carré sont déportées sur bâbord. On s'y installe à 3 voir 4 adultes grand maximum.
Par contre, une fois la table abaissée, on dispose cette fois d'un couchage double suffisamment long pour 2 adultes.


Petit placard, dossier amovible entre le carré et la couchette avant et nombreux coffres sous les couchettes et banquettes.




Le coin toilette est organisé différemment. Si le lavabo dispose maintenant d'un meuble avec une porte "accordéon" bien pratique, le hublot ouvrant a été remplacé par un simple aérateur. Mesure économique ou besoin d'intimité ?


Le WC chimique est montée sur une astucieuse planche coulissante qui permet de le ranger sur l'arrière lorsqu'on ne l'utilise pas afin de libérer de la place au sol.


La marche s'escamote pour libérer l'accès à la face avant du moteur.


Enfin, notez que le chantier a mis au point une capote (non utilisable en navigation à cause de la bome) pour fermer le cockpit avec une belle hauteur sous barrot et des parois amovibles largement "vitrées".

