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Plongées à gogo

6- Plongées à gogo

 

Pétole persistante

Nous voilà repartis ... au moteur.
En 15 années de rando nautique en Méditerranée, ce n'est pas la première fois que je la rencontre, cette calmasse pesante qu'on appelle pétole par ici. Et avec des embarcations ayant toujours pesé moins de 400 kg, il faut vraiment qu'il n'y ait pas d'air pour ne plus avancer.

A chaque fois, cela durait une heure ou 2, peut être 3 heures au grand maximum. Un peu de moteur ou une pause baignade puis l'on pouvait hisser de nouveau les voiles.

Sans oublier que la formule est éprouvée : pétole + soleil = chaleur et chaleur = brise thermique. C'est mathématique.

Ben là, cette fois, l'arithmétique ne marche pas. Va savoir pourquoi ? Cette pétole qui dure depuis 2 jours explose tous les records !

Trouvez le chat de l'aiguille

Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, nous en profitons pour nous accorder quelques plongées mémorables.

La première, pas loin après la sortie des calanques, concerne une facétie de la nature qui passerait inaperçue pour peu que l'on soit un peu trop éloigné ou pas parfaitement dans l'axe.

D'ailleurs, vous voyez quelque chose, vous ?

Et bien, en y regardant de plus près, on découvre une faille étonnante qui traverse la falaise pour déboucher dans une petite calanque.

On s'arrête pour y plonger.
Inutile de jeter l'ancre, le tombant est trop profond. En l'absence de vent, on laisse les bateaux flotter devant la faille, avec quelqu'un qui reste à bord tout de même ... des fois qu'un coup de Mistral se lève.

La faille est impressionnante. D'une largeur variable de 1 à 2 mètres, longue d'une vingtaine de mètres, avec des bords bien parallèles, elle s'enfonce d'un paquet de mètres sous l'eau.

La disproportion entre sa hauteur et sa largeur donne une sensation un peu étouffante lorsqu'on s'y engage. Surtout quand les parois se resserrent et que la lumière faiblit au milieu. Mais lorsque l'on approche d'une extrémité, c'est magique. Avec un masque sous l'eau, on voit un grand trait vertical bleu fluo qui indique la porte vers la lumière et la mer libre.
Fantastique !

Pique-nique au balcon

Escale suivante aux abords de la petite calanque de Sugiton [1]. Pas mal de bateaux au mouillage, on se fraye un chemin jusqu'à la côte pour pouvoir débarquer le pique-nique.

L'endroit est plutôt mal pavé mais la calmasse régnante autorise toutes les initiatives.

Un petit sentier parcourt le littoral. Une terrasse joliment complantées de plantes grasses (certaines un peu trop piquantes au goût de Marilou), a été aménagée par des habitués. Nous y installons notre intendance à l'ombre des pins.

C'est notre dernier repas "à bord", on peut donc attaquer gaiement les réserves de bouffe et de boisson. Surtout que Laura et Christophe, en charge de l'avitaillement, avaient prévu large.

Tranquillement perchés sur notre promontoire, on profite de la vue sur la mer et les bateaux, sachant la fin du week-end qui approche.

Quand on voit le volume des poubelles, on devine le volume de ce que l'on a engouffré ces derniers jours... L'air marin, ça creuse !

Le Grand Bleu

On repart en passant rapidement devant la calanque de Morgiou pour rejoindre celle de Sormiou où, à l'aller, nous avions repéré un autre site intéressant pour la plongée : la grotte des Capélans [2].

Cette grotte étonnante se repère de loin. Une partie immergée, l'autre émergée, elle se termine par une large cheminée ouvrant sur le ciel. Elle représente, du coup, un terrain de jeu aussi bien pour les plongeurs que pour les grimpeurs.

On s'arrête à proximité de l'entrée de la grotte et je passe à l'eau en premier (normal, je suis entraîné pour enfiler mon masque et mes palmes plus vite que mon ombre). Le spectacle que je découvre sous l'eau est féerique !

Un tombant sans fond, lacéré par les rayons du soleil, diffuse une lumière bleue d'une pureté incroyable.

Un banc de poisson passe devant un mince éperon rocheux qui jaillit du fond pour s'arrêter à quelques mètres de la surface.
Whaou !...

Il ne manque que la musique du Grand Bleu et un ou deux dauphins.

Je remonte à bord pour attraper une ancre que je redescend pour la coincer comme je peux sur l'étroit éperon rocheux qui offre peu de prise ... sauf à descendre vraiment (trop) profond. Heureusement que la mer est calme à défaut d'être complètement immobile à cause des sillages des bateaux de passage au moteur.

Tout le monde peut profiter longuement de la plongée, explorant la grotte et les environs. Finalement, la pétole, ça a aussi du bon.

Du vent !

Enfin pas tout de suite. Re-moteur. Re-odeurs d'égout (ou dégoût, au choix).

La pitchoune en profite pour peaufiner les réglages en pied de mât.

On remarquera au passage que la nature ne nous a pas fait tous égaux face aux attaques du soleil.

Il y a celles qui se contentent d'une couche de crème ... et ceux qui doivent passer à des indices de protection bien supérieurs.

De retour à la porte de la rade de Marseille, à la sortie du chenal entre le Cap Croisette et l'île Maire [3], nous retrouvons la petite brise qui nous attendait bien sagement.

Quel plaisir de hisser la grand voile, dérouler le gennaker et filer sans bruit le long de la côte !

On ne traîne pas trop en route car il commence à se faire tard et un nuage noir menaçant, genre orageux, est en train de se former au dessus du port que nous apercevons au loin.

Finalement, il se dissipera à notre arrivée. Nos véhicules et nos remorques sont toujours là. Tout va bien.

Fin d'un week-end enchanteur aux pays des calanques ...

 

(Merci à Tristan Diméglio pour les belles photos sous-marine de la Grotte des Capélans. D'autres photos sur son site).

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