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Lac de Vassivière

Texte et photos de Gilles Lecomte, juin 2007

Chacun navigue dans une région différente souvent méconnue des autres. Ayant quelques heures de libre et d'inactivités forcées, j'ai pensé qu'il serait peut être intéressant pour certains de connaître le lieu de ma base et de mes navigations. Lieux déjà connus par certains car ayant accueilli le national Maraudeur.

En quelques mots et photos, en voici la présentation.



Vassivière est situé au coeur du Limousin, sur les départements de la Haute Vienne, de la Creuse et de la Corrèze, à 60 km de Limoges, 165 km de Clermont Ferrand, 290 km de Toulouse et 400 km de Paris.

Au sein du Parc Naturel Régional de Millevaches, pays du granit, de l'arbre et de l'eau, le territoire de Vassivière occupe une position centrale. C'est un territoire rural de moyenne montagne situé sur les contreforts nord-ouest du Massif Central dans une région géographique à la transition entre la montagne limousine et le plateau de Millevaches.

Le Lac de Vassivière s'étend sur près de 1.100 hectares. Il comprend 6 plages, 3 ports de plaisance, 300 km de chemins de randonnée, 45 km de rivages. C'est le plus grand lac du Limousin.

La route dite "circumlacustre" permet d'en faire le tour. Le lac est souvent comparé aux fjords norvégiens, le bleu de son eau contrastant avec la palette des verts de la forêt qui l'entoure.

Les places à l'année sont rares mais, j'ai pu trouver un ponton accueillant à Auphelle, notre maraudeur n'étant pas exigeant en tirant d'eau.

Le lac est divisé en trois parties accessibles aux voiliers et deux ou trois zones de motonautisme. La surface navigable, les zones pour beacher et ses nombreuses petites criques justifient pleinement plusieurs jours de navigation.
Son rond olympique que l'on peut voir sur le plan ci-après, vous permet de vous tester à la régate.


Je navigue sur ce lac depuis les années 80, avec un Etap 20 auparavant et, après une période maritime, depuis 2 ans avec mon maraudeur Nkoni.


D'abord basé à Port Nergout sur la commune de Beaumont du lac, je suis maintenant apponté à Auphelle et de là, je « sillonne » ce magnifique lac, en attendant de meilleurs moments pour aller me confronter aux régatiers confirmés et à la randonnée côtière.


Juste à côté de mon ponton, se trouve le CNV (2), club nautique avec camping. Club très actif mais un peu cher pour un petit maraudeur.

Ici la cale de mise a l'eau est municipale donc gratuite et, juste au dessus des pontons se trouve le camping municipal ainsi que quelques bungalows à louer, peu cher en basse saison sur un WE.

Juste à côté des pontons en bas du camping se trouve une petite plage où l'on peut beacher pour ceux qui séjournent de courtes durées sans emplacement.

Comme vous pouvez le constater sur la photo, les moteurs sont majoritaires mais plutôt du style pêcheur donc très calmes.

Évidemment en hiver, les pontons sont un peu désertés et enneigés mais c'est normal.



Mon moteur n'étant jamais reparti, embase fêlée, pompe grippée, je l'ai lâchement abandonné à cause du coût des réparations et je navigue dans la tradition des voiliers, sans moteur.

J'attends que mon nourrain grossisse pour me payer un moteur électrique. Sur ce lac, ce sera amplement suffisant en cas de pétole sinon je m'y colle à la pagaie. Car la godille, c'est pas encore mon fort, mais je m'entraîne pour les sorties de port, c'est super.

C'est mon côté écologie mais parce que je déteste les maniements des moteurs essence, transvider, stocker en cabine, cela sent mauvais, coule partout, c'est lourd, ça tombe à l'eau, démarre jamais quand on en a besoin, etc.
Vous allez me dire : "Quand les batteries sont vides, ton moteur électrique sert à rien."
Oui mais c'est mieux que le réservoir plein et l'arrivée d'essence qui se bouche ou les bougies noyées, d'avoir raté car pressé de démarrer. Là, c'est plus rageant. Je pense aux panneaux solaires pour recharger entre deux charges sur réseau.


A partir du 15 août, le lac se vide doucement, bon parfois un peu vite surtout en cas de sécheresse. J'ai failli me faire avoir cette année bien que la cale soit très longue.

Heureusement, celle du CNV se terminait sur le sol dur et non avec une marche comme la cale municipale. Juste quelques cailloux à écarter et, encore une fois, merci le CNV (Voir plus bas la présentation car je n ai pas trouvé de site sur ce club ? C est étrange alors qu'il organise de nombreuses régates : la coupe de la porcelaine, micro cup etc...)

[NDLR : le site web du CNV existe bien. Voir adresse avec les liens en fin de page]

Ses adhérents organisent dès le début avril jusqu'à fin octobre, des régates de niveau national et régional dans les catégories Dériveurs, Catamarans et Habitables en accord avec la Fédération Française de Voile.

Tous les équipements de la base de Vassivière sont orientés vers la pratique de la voile :

  • Une grue permettant la mise à l'eau de voiliers dans la limite de 1,5 T;
  • Une descente bétonnée pour la mise à l'eau de bateaux plus légers;
  • Trois pontons pouvant accueillir une centaine de voiliers habitables;
  • Un club-house chauffé, permettant l'hébergement des coureurs et de leurs familles, avec cuisine équipée et salle de ping-pong;
  • Un hangar de 150 m² pour les bateaux de l'école de voile et de sport;
  • Une capitainerie, permettant l'organisation des parcours sur bouées fixes, ancrées sur une grande partie du plan d'eau. (voir plan du lac).
  • Un bateau Comité de Course permettant le départ des régates sur des parcours de type olympique;
  • De nombreux bateaux de sécurité-régate, et un ponton flottant motorisé équipé d'un treuil.


Avant l'hivernage, j'effectue une dernière navigation, autour de l'île au serpent, seul avec Madame.

Après m'être déhalé à l'aviron, on déroule le foc. Je coince la barre à l'aide de mon Sandow en position. Ça file doux et je prends mon temps pour hisser la grand voile que j'avais préparé entre ces lazyjack (c'est bien pratique pour hisser et affaler).

Le MaroPrao s'agite doucement et prend son essor pour une balade, le vent est moyen mais juste assez pour madame qui n'aime pas la gîte. Les vents sont un peu versatiles comme sur tous les lacs mais prévisibles avec un peu d'habitude.
Nous profitons de cette journée ensoleillée et du lac un peu déserté, vide de bateaux, pour aller folâtrer dans la zone bateaux moteurs que nous évitons bien évidemment en saison.

Le côté interdit nous va à merveille. Le lac commence à se vider et cela nous permet de bien visualiser les rives qu'ils ne faut pas raser de trop près pendant la saison haute.
Le vent paraissant se stabiliser en direction, juste celle du plus grand bord de spi possible sur le lac depuis le fond de la zone de Ski nautique jusqu'au fond d'une anse, quelques kilomètres.

Je sors le spi que je préparais depuis longtemps, car je navigue en solo et celui-ci ne sort jamais de son sac mais, comme on ne sait jamais, je le prépare toujours. J'ai bien essayé de le monter seul avec mon barreur Sandow mais le maraudeur est trop volage et au moindre mouvement, il part d'un côté ou de l'autre. Que celui qui a une solution pour mettre le spi en solo sans catastrophe et pirouettes, me le dise.

Là, madame se met à la barre et garde le bateau stable dans le lit du vent et enfin, j'installe la voile rêvée. Tout va à merveille.
Émerveillement de Madame qui sent, pour la première fois, le turbo mais sans gîte. Le grand bord est vite tiré, il faut se résoudre à tout ranger et rentrer doucement, au près bien évidemment. Certes, je n'ai pas de photo car le photographe était à la barre mais il faut me croire sur parole.

Le niveau du lac devient inquiétant, on peut répertorier les cailloux sous la coque au ponton, la prochaine sortie sera celle du bateau. J'en suis sûr !!

Je n'ai pas parlé des « beachages » avec les enfants sur plage déserte, pique-nique et baignade mais chacun peut s'imaginer.
Avec une petite tente, on peut organiser un bon WE « Robinson Crusoé » pour faire le tour du lac, car la fréquentation est très réservée et discrète même en saison et, une fois le soleil tombé, les rives appartiennent aux randonneurs nautiques.

Vivement la fin de l'hiver, la place 26 nous attend pour de nouvelles randonnées !


Quelques liens:
http://www.jedecouvrelafrance....vassiviere.html
http://www.vassiviere.com/

L'étymologie du mot Millevaches est encore aujourd'hui controversée. L'origine la plus vraisemblable, donnée par Albert Dauzat, serait la formation du mot par le phonème gaulois melo, signifiant "lieu élevé" et l'adjectif latin vacua (vide, abandonné).
L'idée d'un haut plateau faiblement habité serait ainsi représentée. Étymologie tenue pour plus vraisemblable que celle des "mille sources" (mille batz).



Merci à Marc d'avoir déniché et transmis l'adresse web du site du CNV : http://www.cnvassiviere.fr

Comments

Frédéric Kastler
3 posts

1 on Sep. 11 2010


Deux photos de mon bateau (Cornish Crabber Cormorant) sur le lac:

 

 

Un endroit magique. Je pense d'ailleurs y avoir aperçu, fin août, le maraudeur-prao de l'auteur de l'article sur le lac de Vassivière.

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