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Impacts d'un enrouleur de génois

Concenant les enrouleur de génois, voici quelques consideration d'un maitre voilier (hé oui c'est notre titre !!!).

Premier probléme : le poid !!!

Le grammage , en effet un GE (Génois pour Enrouleur) devra avoir un grammage (en gr/m2) capable de supporter toute une gamme de vent soit, pour un croiseur de 10m, de 15nd à 35/40nd (après c'est tourmentin !!!) ce qui implique un grammage trés fort et des renforts adaptés en épaisseur et en surface. Ainsi, pour ce même croiseur, à surface égale, un GE sera environt  20% à 30% plus lourd. De plus, un GE sera pourvu d'une bande anti-UV qui, dans l'idéal, sera en acrylique (et encore 330gr/m2 en plus ) ce qui flingue encore le devis de poids . Du coup, entre 0 et 15nd de vent, surtout au portant, bonjour les dégats..........

Le poid de la structure de l'enrouleur (tube et tambour) se retrouve au mauvais endroit : en hauteur et à l'avant = mauvaise influence sur le rouli et le tanguage. Il est possible de remédier en partie à ce problème avec les matériaux moderne type carbonne mais à quel prix !!!

Deuxieme problème : l'aérodynamysme

Le phénomène de l'enroulement par le guindant génére cinq problèmes d'ordre aérodynamique :

1/ le centre de voilure du genois monte et avance (tout le contraire de ceux que doit faire un centre de voilure quand le vent monte) ce qui implique plus de gite (hauteur) et plus de tanguage (avancement).

2/ le guindant diminue plus vite que la bordure, proportionellement parlant, ce qui change l'allongement aérodynamique de la voile. Or, ce fameux allongement détermine en partie la capacité de la voile à tenir correctement des allures de plus en plus proche de l'axe du vent (en clair, plus tu roules, moins tu fait de près ).

3/ Une voile possède un profil déterminée par le voilier. Ce profil comporte du creux (pour faire court ). Ce creux n'est pas réparti de manière homogène le long de la corde du profil (plus à l'avant du profil ). Lors de l'enroulement, le creux de la voile augmente et recule. Là encore, c'est tout le contraire de ce que doit faire une voile (plus la voile est typée pour la brise, plus les profils sont plats et le creux avancé pour augmenter la stabilité du bord d'attaque). On peut, en parti, compenser le phénomène par des systèmes posés sur la voile, le long du guindant (mousse , bouts ......) mais le résultat reste médiocre (contrairement à ce que disent les commerciaux et les pubs de certaines voileries ).Ce qui nous oblige à des coupes de voile trés plates, encore moins propices à la performance.

4/ les profils utilisés pour les tubes d'enrouleur sont, d'un point de vue aérodynamique, au mieux "passable" (profilés Arken par exemple ), au pire "mauvais" (du tube rond chez Plastimo dans ses enrouleurs premier prix). Là encore, on peut plus ou moins palier au problème à grand coup d'Euro ...

5/ Le positionement des tambours d'enrouleur, généralement bien au dessus du pont (il faut bien dégager la ferrure d'étrave pour povoir passer l'ancre ou les amares !!!!) ainsi que l'angle du tube d'enrouleur avec le pont  font que nous devons couper des voiles avec pratiquement aucun rond de bordure et bien au dessus du pont. Du coup, on perd la possibilité de profiter de l'effet dis "de plaque" qui existe quand le rond de bordure de votre génois frôle le pont .

Troisième problème : la structure

Le problème est dans ce cas structurel. Pour bien fonctionner, un enrouleur doit avoir un guindant le plus raide possible (cela limite l'usure des bagues internes et du tube alu de l'enrouleur) ce qui implique un patara trés tendu et, en pratique, non réglable si on veut préserver son tube.  Ainsi, on perd ce réglage pour les bords de portant ou l'on doit en théorie mollir les guindants de nos voiles d'avant pour les rendre plus efficace. On perd aussi cette capacité de soulager la structure du bateau et du mat quand nous sommes au mouillage ou au port.

Quatrième problème :  l'étai volant

Avoir un enrouleur, c'est avoir un étai volant en plus, pour le tourmentin ou le solent. Donc, c'est du cable qui pendouille le long du mat quand il ne sert pas (or l'alu ou le carbone (pour les chanceux ) de votre mat n'apprécie que trés moyennement le raguage dû à un cable inox ). C'est aussi une cadene en plus sur le pont avec des traveaux structuraux pour la pose de cette dernière (dans le cas des bateaux un peu ancien ou sur les bailles en plastoc de serie ...). C'est enfin l'achat d'un ridoir à volant (trés trés cher ...) .

Conclusion

Vous l'aurez donc compris : GENOIS ENROULEUR = CACA

Mais ! car il y en a un  : c'est tellement pratique en croisière, avec des enfants ou en solitaire, que presque tous le monde en à un ...

Allez salutation fraternelles et salées à tous

Sylvain, septembre 2011


Le 5ème problème : matage et dématage

Pour les petits voiliers transportables adeptes des voyages par la route, j'ajouterais à la liste de Sylvain la difficulté supplémentaire posée par les enrouleurs lors des opérations de mâtage et de démâtage. Il convient, en effet, de faire attention de ne pas tordre le profil en aluminium lorsque celui-ci n'est plus en tension sheepish

Jmarc

 

Comments

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Jmarc S.
Associate, 1871 posts

1 on Sep. 27 2011


Merci Sylvain

Pour tous ces enseignements dans ton commentaire de l'autre jour et que je m'empresse de transformer en article afin qu'ils soient plus facilement accessibles à l'avenir.

ta conclusion me fait penser à celle que l'on pourrait faire sur l'usage des moteur hors-bord sur les petits voiliers : ça coute de l'argent, ça pollue, c'est du poids mal placé... mais tellement pratique qu'il ne reste plus grand monde à se contenter d'un aviron pour godiller !

Miossec

8 inspired from Jmarc on Oct. 9 2011


Merci Sylvain

Malgré tout le respect qu'un plaisancier doit à un maître-voilier, il n'y a pas un argument que je retiens dans cette liste des inconvénients patents, en tout cas aucun qui ne vaille pour mon bateau.

J'ai eu un un mono de 10m, ancien, donc gréé en tête, et j'avais pas moins de 6 voiles d'avant qui encombraient la cabine; sauf à régater et encore, avec un équipage nombreux, c'était un peu trop.

Sur le tricat, le foc est minus (7/8) et quand j'enroule, c'est pour rentrer au port; à 30nds de vent, je maintiens le foc déroulé; c'est meilleur pour l'équilibre du bateau. Donc il est tjrs bien réglé, comme le voilier l'a pensé et fait.

Pas de souci pour le démâtage; il reste enroulé, et ficellé contre le mât (encore un peu de temps de gagné au montage). après 2 saisons et de nbrx dématage, le profil est tjrs nickel.

Et comme déjà dit, l'avant de nos tris n'incite pas à la promenade; c'est diablement étroit; alors affalage à chaque envoi de spi, merci bien. J'ai eu un foc sur mousqueton sur mon tricat précédent; je ne le regrette pas; sauf à concourrir pour l'America'cup, le choix d'un enrouleur n'est pas stupide; il est même très intelligent!

Roger Baudet

2 on Sep. 28 2011


Tout à fait d'accord, mais

Tout à fait d'accord, mais l'enrouleur a l'avantage de la rapidité.

Exemple vécu cet été: je me retrouve dans un brusque orage avec vent violent et changeant. Dans ces conditions, un petit bateau réagit très fort. Le fait de pouvoir réduire en quelques secondes m'a permis de stabiliser le voilier sans problème. Lorsque j'avais mon GO550, je me suis fait quelques frayeurs en chageant mon génois contre le tourmentin parcque le temps se dégradait. Quand un équipier va à l'avant sur une petite embarcation, l'équilibre n'est pas génial.

La morale: choisir le défaut qui nous parait le plus acceptable smile

Edited by Jmarc on Sep. 28 2011

Bleunbrug
1 post

3 on Oct. 4 2011


Foc à ris

Pour ma part, sur nos petits bateaux en croisière, je trouve que la solution du foc à ris est le meilleur compromis. En dehors du grammage un peu plus élevé, aucun des problèmes évoqués, s ce n'est les manoeuvres (très simplifiées) sur la plage avant.

Mathieu

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Jmarc S.
Associate, 1871 posts

4 inspired from bleunbrug on Oct. 4 2011


Foc à ris

@ Bleunbrug : Je n'ai jamais utilisé ni vu de près de foc à ris. Peux tu nous en dire plus sur son utilisation.

S'agit-il obligatoirement d'un foc sur mousqueton ? (dans ce cas, est-il possible de le combiner avec un emmagasineur/stockeur ?)

Faut-il défaire les écoutes et les raccrocher sur le nouveau point d'écoute ?

Sur les petits voiliers que j'ai eu, se déplacer sur la plage avant quand il y a du vent et de la mer... c'est quelque chose qu'on préfère éviter (même sur les trimarans plus stables) car les passavants ne sont pas larges et ça remue souvent pas mal sheepish

Enrouler complètement le foc et envoyer à la place un petit foc de brise de 1 à 3 m² me parait plus facile car réalisable sans quitter le cockpit. Par contre, c'est nettement plus couteux en voile et accastillages (poulies, taquets, écoutes et drisse supplémentaires)

François-m
19 posts

5 inspired from Jmarc on Oct. 5 2011


Foc à ris

@ Jmarc :J'en ai eu un sur un cata open de 8,60 m. Foc à mousqueton classique, avec une bande de ris. Là on trouve deux écoles : une où la bande de ris part juste un peu au dessus du point d'amure, puis monte avec un biais assez fort vers le futur point d'écoute. L'autre où l'on une bande de ris à peu près parallèle à la bordure, 1 ou 2 m au dessus. En général, je préparais le ris avant un virement de bord, ce qui permettait déjà de poisitonner le point d'écoute future avec l'écoute sous le vent. Ensuite, pour le point d'amure, j'avais bricolé un bout qui passait déjà du pt d'amure du ris vers le point d'amure origine. Au virement du bord, je lachais la drisse d'une longueur calculée et repérée, je filais à l'avant, je souquais le bout d'amure, je repartais à la drisse que j'étarquais. Le bateau remis en route, j'allais finir  : rouler la bande de ris avec les garcettes, comme pour une GV, fixer l'ecoute sous le vent.

2 remarques :

- sur un cata asssez grand, c'est assez facile, mais très humide : quand on prend un ris, c'est pas qu'il fait tranquille.

- le boudin du ris a une certaine tendance à se remplir de flotte avec les vagues : donc, bien le boudiner serrer.

En définitive, je ne m'en servais que dans certains cas, car je m'étais apercu sur ce cata que sur une montée brutale du vent, abaisser d'un coup tout le foc en gardant la GV haute, légèrement débordée à la barre d'écoute, permettait de bien voir venir. Par contre, pas simple du tout pour virer.

Ensuite, ceci est valable sur un cata, je laisse le soin à ceux qui ont expérimenté en tri de nous faire le topo.

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Jmarc S.
Associate, 1871 posts

6 inspired from françois-m on Oct. 5 2011


Foc à ris

@ François-m : merci pour ce retour d'expérience instructif good, I like

Ceux qui ont également expérimenté le système du foc à ris sur un petit monocoque peuvent également nous faire part de leur expérience.

je me demandais notamment (ça, c'est plutot une question pour Sylvain, notre Maitre voilier de service ...) si un foc sur mousqueton pouvait avoir son guindant renforcé par une sangle afin qu'il puisse également s'enrouler sur un stockeur/emmagasinneur). L'idée serait changer classiquement le génois ou le foc pour l'adapter aux prévisions météo du jour tout en continuant de pouvoir l'enrouler rapidement (et complètement) lorsque l'on doit s'arrêter quelque part.

François-m
19 posts

7 inspired from Jmarc on Oct. 5 2011


Foc à ris

@ Jmarc :peut être en remplacant les mousquetons metalliques classiques par des mousquetons en velcro  qui peuvent soit s'attacher de l'autre coté soit se replier en arrière sur le même coté ?

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