C'est notre première expérience du camping côtier. Avant cela on a, peut-être comme beaucoup, lu de nombreux récits pour y trouver des informations, des conseils. Aussi je me suis décidé à faire cet article pour informer, modestement, ceux qui seraient tentés par cette aventure.
Et voici pour la route réalisée :
Premier jour, Ajaccio - Figari
Lundi 5 juillet 2010. On débarque d’Ajaccio à 7h30 puis on roule jusqu’à Pianottoli-Caldarello (1) dans le fond de la baie de Figari. On laisse alors, moyennant finance, voiture et remorque sur « parking » du port (8 euros par jour de mémoire).
Je prépare le bateau et charge les affaires pendant que madame va faire le plein de produits frais et d’eau (supermarché pas trop loin). 14h30 on part enfin pour l’anse d’Arbitu (2) que l’on connaissait des vacances de l’année dernière. Il vaut mieux se mettre sur la gauche en entrant plutôt qu’au fond sur la grande plage car il y a du ressac. Là, nous commençons réellement nos vacances…Et notre expérience de camping côtier ! On profite des lieux et en fin d’après midi j’installe les tentes des enfants et j’amarre solidement le bateau.
Premières douches avec le savon marin….Allez on se lance…C’est pas mal mais le petit dépôt de sel qui reste gêne quand même, alors rinçage à l’eau clair et là c’est le top. Quelle bonne idée le pulvérisateur de 7 litres. Cela permet de se rincer en utilisant très peu d’eau. Les jours suivants nous amèneront à constater que notre confort tient en une bonne organisation et une foule de petites choses qu’il faut affiner, mettre en place.
Bon la première nuit, pas de vent mais le bateau bouge et il faut s’habituer à ces bruits nouveaux. Un flotteur touche un rocher vers 1 heure. Marnage ? Problème ? Je sors avec la grosse lampe torche toujours gardée à portée de main….Un cordage a été sectionné par un rocher suite aux mouvements du bateau. Je décale le bout. Le lendemain je mettrais un bout de chaîne à la place.
2ème jour, anse d'Arbitu
Réveil difficile le matin car la nuit à été courte et dès le lever du soleil la chaleur monte assez vite dans la tente.
Heureusement, le cadre est magnifique et l’on est en vacances, alors tout cela est vite oublié ! On profite des ces heures pour mettre au point la vie quotidienne à bord pendant que les enfants pêchent à l’épuisette tout ce qu’ils trouvent.
Un pneumatique (gardes de la réserve) passera régulièrement en fin de journée pour vérifier s’il n’y a pas de camping sauvage (on est ici à la limite d'une réserve). La première fois, ils nous ont longuement observés mais ils ne sont jamais venu nous questionner.
On dort dans une tente 2 secondes et les petits sur les trampos dans des tentes de montagne très aérées. Intégration dans les tentes dès le coucher du soleil à cause des attaques de nos amis les moustiques ! On ne voulait pas se couvrir tous les soirs d’insecticide. Mais quelle chaleur dans notre tente ! Une 2 secondes classique. Il fallait bien attendre 1 heure du mat pour retrouver une fraîcheur relative. On a d’abord viré la tente extérieure en ne gardant que la chambre que j’accrochais sous le taud. Toujours trop chaud ! On a alors découpé une partie de la tente et on a ajouté une fenêtre en moustiquaire. Pas assez aéré encore. Cela, ainsi que l’obligation d’aller au lit dès le coucher du soleil nous a poussé à trouver une autre solution pour notre prochaine randonnée nautique. J’en reparlerai plus loin.
3ème jour, Tizzano
On part pour Tizzano rejoindre des amis. Sur le chemin j’en profite pour contrôler la configuration de certaines criques. Près de Roccapina je constate que l’abri de Roccapina (3), à l’Ouest de la pointe, est maintenant bien barré par une rangée de bouée. Mais je me dis qu’en cas de gros temps il me sera quand même possible d’y accéder même si le propriétaire des lieux n’est pas d’accord.
On arrive au port de Tizzano (4), on s’installe au quai le temps de faire quelques courses et l’on nous autorise très gentiment à faire le plein d’eau. Ensuite on part se trouver une place au fond de l’anse. Le fond est vaseux mais rien de rédhibitoire, l’eau est très claire. Ici pas de rocher au bon endroit pour maintenir le bateau à l’arrière alors j’utilise notre deuxième ancre pour éviter une bascule en cas de changement de vent. On prendra alors notre annexe (un simple bateau gonflable camping gaz) pour faire les liaisons vers la terre ferme. Cet accessoire n’est pas obligatoire mais il nous a permis d’aller sur terre à sec tout en ayant un mouillage dans un coin isolé. On a ensuite testé le restaurant du port, celui avec la terrasse qui domine la plage : Repas et tiramisu excellents ! Bonne escale, testée par beau temps, qui permet de profiter des services autour du port.
4ème jour, anse d'Agulia
Nous partons avec nos amis vers l’anse D’Agulia (5). Pas beaucoup de vent alors on fera la plus grosse partie du trajet au moteur. Cela me permettra de mieux longer la côte à certains moments. Merci le GPS ! Heureusement que j’avais rentré les coordonnées du lieu car l’entrée est très difficile à trouver.
L’eau n’est pas vraiment turquoise près de la plage mais l’endroit est très beau. Cela peut faire un abri de secours pour nos bateaux en cas de gros temps mais il faudra aller au fond de l’anse et se mettre sur le retour à gauche. Mais avec une forte houle de Nord-Ouest, il sera alors très dur de ressortir de cette anse étroite.
5ème jour, Arbitu
Retour vers Arbitu (2) car l’endroit est très tranquille, très beau et cela nous fera une escale avant d’aller vers les Lavezzi. Les enfants retrouvent avec joie leur zone de pêche. En fin de journée, visite de BOB le poulpe qui, décidément, s’habitue à nos visites sur son territoire.
6ème jour, cala Lazarina aux îles Lavezzi
On arrive au Lavezzi, à la cala Lazarina (6), près du cimetière de la Sémillante. Dammed ! Il y a déjà beaucoup de bateaux….Trop à notre goût. Alors on tourne un peu à la recherche du coin tranquille mais les plages sont prises d’assaut. On est prêt à repartir quand j’aperçois une ouverture entre les rochers. J’avance doucement au moteur, c’est juste et je vois 2 têtes de roche qui barrent le chemin. On coupe le moteur et je plonge. Je tire alors le bateau à la main en vérifiant, masque et tuba à l’appui, que cela passe. Super !
Je ne vais pas jusqu’à la petite plage qu’il y a au fond car le bateau passe juste et j’ai peur d’être bloqué avec le marnage. L’endroit est tranquille, tellement tranquille qu’on le partage avec les oiseaux du coin. Petit bassin de 40 centimes d’eau sur le côté avec une eau à plus de 30 degrés je pense.


Pour fêter ce mouillage idyllique, on met la Pietra au « frais ». J’essaie alors de caler la canette au fond de l’eau mais elle flotte. Ma chère et douce trouvera alors une superbe utilisation détournée de l’échelle de bain. Mais avec une eau à 25 degrés, même sous un mètre d’eau…..Ce n’est pas glacé !
La nuit arrive, on entend faiblement, au loin, les bruits provenant des nombreux bateaux qui sont restés dans la cala pour la nuit et l’on se dit que l’on va, nous, passer une bonne nuit.
Mais c’était sans compter nos amis les oiseaux ! Des mutants devrais-je dire car ceux-là poussent des cris assourdissants qui ressemblent à ceux d’un bébé pleurnichant et qui imiterait un cochon discutant avec un dauphin ! Jean-Marc nous expliquera que ce sont des puffins. J’ai retrouvé leur chant, je vous laisse juge.
On a dû s’endormir d’épuisement vers 2 ou 3 heures du mat. Les enfants, eux, n’ont rien entendu et ont bien dormi !
7ème jour, hôtel à Figari
On repart sur Figari (1) pour faire des courses (moustiquaire pour la tente et nouveau taud de soleil, un drap, car la bâche bleue fait trop de bruit pour ma princesse au petit pois). Sur le retour, le vent monte. Je prends 1 ris puis 2. La houle grossit et l’on plante des pieds à chaque changement de ris. Heureusement, arrivés dans la baie, la situation est plus calme. Mais horreur ! On a oublié de fermer la trappe que j’ai installée dans la baie de mouillage. Une partie des affaires est trempée. Impossible de dormir sur le bateau ce soir. Je mets le bateau derrière les pontons du port, dans une zone à l’abri du vent et l’on part vers un petit hôtel dans lequel on avait dormi l’année passée. Et là deuxième mauvaise nouvelle, les tarifs ont doublés ! 200 euros la nuit la chambre de 4 ! Pas le choix, il est tard. Pour se consoler on ira manger de très très bonnes et énormes pizzas chez Mika qui ne se trouve pas loin du port.
8ème jour, île de Piana avec Christophe
On repasse au port et l’on croise Christophe et sa famille qui mettent leur bateau à l’eau. On décide alors de faire un bout de chemin ensemble. Je pars en bateau avec mon plus « grand » fils et Sophie prend la voiture pour la mettre à disposition à Piana (7). Pas de parking mais il semble être permis de se garer le long de la route qui mène à la plage.
En se mettant près de l’île on peut s’amuser à revenir vers la Corse à pieds, il faut juste retrouver la langue de sable. II y a une petite pizzeria près de l’embarcadère du bac de Cavallo.


9ème jour, cala Chiesa aux îles Lavezzi
Départ vers les Lavezzi, dans la Cala Chiesa (8) car on n’a pas envie de retrouver nos puffins. Le site est superbe et bien abrité malgré le vent qui monte. Beaucoup de bateaux dans la journée mais en fin d’après-midi on profite parfaitement des lieux. Le site est très sauvage mais l’on reste très près de Piana (7) en cas de besoin.



10ème jour, Porto Pozzo en Sardaigne
Le vent est encore fort mais l’envie d’aller voir en Sardaigne est plus forte. On décide avec Christophe de faire une sortie pour essayer. On n'oublie pas de fermer la trappe de la baille et de mettre la porte de la cabine ce coup-ci. On prend 2 ris d’entrée et on se lance. Ça secoue mais c’est gérable. Un bord de travers où l’on voit, chacun de son côté, l’autre être secoué comme un petit bouchon.


Ensuite un long bord de largue pour aller vers Porto Pozzo (9). Ça pousse fort même avec 2 ris dans la grand voile ! Un peu remuant aussi, mais cela n'a pas empêché la sieste des enfants !
En arrivant dans la grande baie, on se retrouve à l’abri de vent mais en arrivant vers le port le vent arrive de nouveau en rafales. On remonte vers l’entrée de la baie pour visiter les anses qui la bordent. Nous heurtons alors un rocher avec la coque centrale : petite voie d’eau seulement car le choc a eu lieu près d’un des renforts de la coque. Je teste alors sans conviction une pâte bi composant que l’on mélange à la main et j’en recouvre le trou. Et cela marche ! Je vous le conseille car cela peut rendre de bons services. Rassurant aussi cette traversée à deux où l’on sait que l’on aura quelqu’un sur qui compter en cas de problème. La première anse dans l'entrée de la baie fait un bon mouillage isolé.
11ème jour, escale à l'île de Cavallo
Retour vers la Corse, avec un passage par l’archipel de la Magdalena. Beaucoup de bateaux au mouillage et interdiction de passer la nuit, et en plus mouillage payant. On verra pour une autre fois.
Le retour est long et l’on fait une pose à Cavallo, Cala de Grecu (10). On passe entre les voiliers au mouillage et l’on s’approche au plus près de la plage dont l’accès est interdit et surveillé par un vigile ! Arrive un peu plus tard un 40 pieds de location qui, sans se poser de question, essaie de se mettre devant tout le monde. Il arrive au moteur et, en voyant au dernier moment les roches qui lui barrent la route, fait marche arrière. Il recule mais le vent assez fort le fait partir de travers. Je descends sur mon flotteur pour amortir le choc avec sa coque. Il recule encore n’importe comment et évite de justesse une grosse vedette au mouillage juste dernière nous. Les vacances auraient pu s’arrêter là ! Il ira finalement se mettre à l’entrée de la Cala. Quel c** !
Menu pizza et canettes fraîches de retour à Piana. Christophe profite de notre voiture pour aller récupérer la sienne laissée près de Pianottoli (c’est pratique d’avoir 2 véhicules pour en laisser toujours un à portée de mouillage – au départ et à l'arrivée).
12ème jour, Santa Manza et Bonifacio
On part pour Santa Manza (11). Là, on récupère notre voiture grâce à celle de Christophe. On se met au bout de la plage près de la cale de mise à l’eau. Le mouillage n’est pas exceptionnel mais pratique puis soirée au port de Bonifacio. Connaissant l’endroit, je sais qu' il y a des petites criques plus sauvages, côté ouest, mais pas pratique pour aller manger en ville le soir ! Pour la cale, il y a un petit terrain vague qui sert de parking mais il ne faut pas y laisser de voiture. De plus il vaut mieux avoir un bon rapport poids+puissance voiture / poids du bateau car il y a une montée assez raide, sur un chemin de terre, pour retrouver la route qui se trouve au dessus.Quid en cas de chaussée mouillée ?
Le lendemain on remet le bateau sur la remorque. Départ pour Saint Florent, où l’on naviguera un peu avec Jean-Marc et sa famille. Une semaine de location prévue avec place au port nous attend car on ne savait pas vraiment ce qu’allait donner notre randonnée nautique.
Quelques trucs en plus
Beaucoup de rosée le matin sur les tentes et le bateau. Il faut faire attention aux déplacements mais avec le soleil corse cela ne dure pas longtemps.
Chaussons néoprène aux pieds pour tout le monde car on ne marche pas toujours sur du sable fin. Et les petits bobos quand on va dans l’eau de mer, cela s’infecte vite. On a acheté des pansements qui sont étanches. C’est cher mais, bien posé, cela a permis aux enfants de continuer d’aller jouer dans l’eau malgré des blessures et de cicatriser rapidement.
Les enfants ont utilisé des bornes solaires de jardin comme lampe pour lire un peu le soir dans leur tente et elles servaient aussi de veilleuse. Une de ces bornes était accrochée sur le taquet du mat pour nous signaler mais dans la mesure où l’on était toujours très près du bord cela n’était pas vraiment utile.
Premiers passages sur les toilettes secs. L’utilisation d’une petite radio portable permet de renforcer l’intimité procurée par l’utilisation de la cabine mais bon ce n’est pas comme à la maison ! Faut s’adapter, cela en vaut la peine. La séparation des liquides et des solides (voir les commentaires à ce sujet sur le site) nous a permis de stocker nos déchets dans un bidon étanche. Ceux-ci étaient ensuite évacués dans les ordures lors de nos escales.
Le gant de toilette pas pratique car c'est un nid à microbes. On a alors utilisé des lingettes jetables pour bébé comme gant avec du savon marin. Rinçage à l’eau douche…Top.
On a utilisé un petit réchaud pour le petit déjeuner et nos rares cuissons (surtout pour cuire du riz afin de faire des salades). Dans la mesure du possible on a acheté des fruits et légumes frais que l’on stockait 4, 5 jours dans une caissette bien aérée.
Bilan de l’aventure
Quelle tranquillité pour profiter des sites en début et fin de journée. Souvent nos mouillages, s’ils sont accessibles à pieds, ne le sont qu’au prix d’une longue marche. Et les personnes n’arrivent que vers 10-11 heures et elles repartent vers 17 heures. Idem pour les bateaux à moteur qui regagnent les ports et les bases de location. A part quelques voiliers qui, tirant d’eau oblige, restent bien au milieu, on est tranquille près du bord. Avec un faible tirant d’eau on accède à des coins presque inaccessibles et bien souvent on s’éloigne ainsi des autres bateaux. On se protège mieux du vent également et l’on peut assurer son mouillage…Donc des nuits sereines. Dormir sur le bateau permet aussi d’éviter une grosse perte de temps (temps du retour, le rangement du matériel au port…).
Moments sympathiques durant lesquels on fait sa petite vaisselle (au produit marin !) en regardant la mer et le soleil se coucher. La visite régulière de bancs de poissons ou d’un petit poulpe en fin de journée. Le bonheur, pour moi, de mettre la tête en dehors de la tente la nuit pour regarder les étoiles bouger au rythme des mouvements du bateau sur l’eau, Ouah…..
Alors ? On recommence cette année ! Et pour plus de 3 semaines.
Par contre on s’est lancé dans la réalisation de différentes modifications : On avait mis un drap à la place de la bâche qui fait trop de bruit mais le tissu laisse trop passer le soleil. On a donc réalisé un taud avec du tissu pour store … Coloris limités ou rayures assurées. Sophie à conçu une tente qui couvre l’ensemble du cockpit (projet XX007 !) et l’entrée de la cabine avec des moustiquaires partout. Des panneaux sont prévus pour fermer la tente et avoir l'intimité nécessaire. On ne devrait pas avoir chaud et cela nous procure 2 gros avantages. On peut rester dans le cockpit le soir pour manger, lire, jouer en étant à l’abri des moustiques (comme dans la belle moustiquaire de l'Astus 22 de Jean-Marc !). Ensuite, au moment de dormir, on installe le plancher, toujours à l’abri, et la on profite de toute la place disponible dans le cockpit. Pour information, la tente 2 secondes classique est moins large que le cockpit. On verra la tenue de l’ensemble avec beaucoup de vent. En secours, on emportera en plus une tente 2 secondes air qui est plus large, mieux aérée et qui nous servira si l’on veut se mettre dans un camping quelques jours.
On espère simplement que le camping côtier pourra continuer dans de telles conditions et que l’on ne sera pas, un jour, obligé d’aller mouiller sur des bouées avec les autres comme dans certains endroits maintenant. Qu’il restera, comme en Corse, des criques sans systématiquement des villas ou un restaurant au dessus. Faudra peut-être aller en Grèce pour retrouver d’aussi bonnes conditions ?
On verra cela en 2012 j’espère. Pour l’instant, c’est Corsica 2011 !
Yves, mai 2011