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Découverte de l'Astus 18.2

Depuis sa création , le chantier Astusboats nous a habitué à découvrir un nouveau modèle chaque hiver. Le Nautic de décembre 2010 ne déroge pas à la règle avec la première présentation au public de l'Astus 18.2, destiné à remplacer l'Astus 16.1

Pur dayboat dépourvu de cabine comme l'était l'Astus 16, ce nouveau modèle m'a bien plus emballé que son prédécesseur.

Esthétiquement, tout d'abord. C'est la première fois que le chantier se laisse aller aux coques de couleur et le résultat est superbe.

Dommage qu'il n'est pas poussé le détail jusqu'à coloriser en rouge une partie du rouf, comme c'était le cas sur les premières images de synthèse…

L'élégant rouf bas (qui n'est là que pour le look), l'arrête vive des légers redans et les longs flotteurs décorés d'un autocollant sont plaisants à l'œil.



Notez l'étrave arrondie de la coque centrale qui devrait faciliter la remontée sur les rouleaux de la remorque, contrairement à l'étrave plus "carré" de l'Astus 20.2. La traditionnelle cadène fixée au milieu de l'étrave pour accrocher le crochet du treuil  a été remplacée par un simple bout simplement passé à travers des trous sur la lèvre de jonction coque-pont. C'est léger et économique… mais nécessitera probablement d'être remplacé de temps en temps. Sans cadène, pas de point de tire vers le bas pour le bout-dehors dont la légère inclinaison vers le bas est plutôt surprenante.


Les flotteurs, presque aussi longs que la coque centrale, ressemblent comme deux gouttes d'eau à ceux de l'Astus 20.2. Connaissant la capacité d'accélération de ce dernier, on peut s'attendre a un résultat comparable avec ce nouveau modèle qui affiche, sur le papier, un poids plume de 260 kg seulement (à confirmer par une pesée…). La relative souplesse des bordés du flotteur montre que le chantier a cherché à alléger partout où cela était possible.

Un cockpit original


La bonne et grosse surprise vient de l'agencement du cockpit… dépourvu de bancs !

Cela me donne l'occasion de découvrir en vrai une idée que j'avais avancé quelques mois auparavant dans mes réflexions sur le trimaran de trekking idéal (voir Trek+Ultra, trimaran version 4).

L'avantage de cette solution est d'offrir une vaste surface de plancher où il sera aisé de circuler.

L'équipage s'assoit directement sur le trampoline. C'est plus confortable qu'un banc en dur… mais plus humide. Il faudra tester l'utilisation de cousins ou de matelas étanches pour savoir si leur protection est suffisante dans des conditions "normale" de navigation. Remplacer le transfilage du trampoline sur la coque centrale par un rail alu dans lequel est rallingué le trampoline devrait également limiter les projections d'eau verticales.


On peut également s'installer confortablement au fond du cockpit (sur un coussin), en travers de la marche. Le bordé incliné offre un dossier confortable et l'on peut déplier les jambes jusqu'au bordé d'en face. On se retrouve alors parfaitement en sécurité, calé à l'abri du vent.

Cette solution revêt cependant quelques inconvénients. J'ai déjà parlé du premier concernant la protection des fesses de l'équipage contre les embruns.

L'autre inconvénient concerne l'absence de coffre de rangement que l'on retrouvent parfois dans le volume disponible sous les bancs (ceci dit, les Magnum 21 ou 18 et l'ancien Astus 16 étaient dépourvus de tels coffres, par manque de place).


Enfin, le bordé étant constitué uniquement par la coque, on se retrouve avec la face intérieure de la coque, brute de moulage, dont l'esthétique n'est pas à la hauteur du reste du bateau sheepish


Même chose pour le plat bord qui présente le même état de surface "peau d'orange" pas très flatteur. Une solution de vaigrage ou d'habillage reste à trouver afin de rendre à ce cockpit la classe que mérite ce bateau.


D'ailleurs, je verrais bien un plancher en teck synthétique, aussi agréable pour les yeux que pour les pieds nus roll eyes

Avec le poids et l'argent gagné avec l'absence de banc, on peut bien s'offrir ce petit plaisir.

A noter qu'un cale pied central sera peut être nécessaire car un trimaran, ça gite quand même dans la brise.


On a retrouvé les bancs

Pour ceux qui préfèrent la solution plus classique des bancs en dur, le chantier a prévu la possibilité d'en ajouter en option. On profite alors de vastes et longs coffres. L'idéal serait que ce banc optionnel puisse être fixé ou démonté à loisir, en fonction du programme de la sortie. On les retire en régate ou pour des sorties à la journée avec un équipage nombreux (jusqu'à 5 adultes en catégorie D). On les remets lorsque l'on part en rando plusieurs jours avec beaucoup de matériel.


Et pourquoi pas, un seul banc d'un côté pour cumuler les avantages des 2 solutions ? Le cockpit à la carte vient d'être inventé…

Coffre pratique


Contrairement à l'Astus 16 et au Magnum 18 dont le coffre s'ouvre sur le dessus du rouf, celui de l'Astus 18 est accessible via un vaste plan incliné derrière le mât.

Je trouve cette idée fort judicieuse car on accède bien plus aisément aux affaires, surtout avec le grand panneau proposé (l'ancienne porte de l'Astus 20.1). On visualise d'un seul coup d'œil le contenu du coffre où tout est à porté de main. Les acharnés qui aiment pousser leur monture dans ses derniers retranchements pourraient opter pour un vrai panneau de pont étanche pour conserver les affaires au sec en cas de chavirage malencontreux.


Vue de la zone sous le plancher du cockpit.

Gréement


Mat, bome et bordure de voile en noir… pour le style. Le mât pivotant prend place sur une rotule posée sur la poutre avant. Il est donc très facile de trianguler le mat avec des bouts fixés aux extrémités des poutres avant, afin de le maintenir parfaitement dans l'axe lors du matage ce qui peut s'avérer sécurisant en cas de matage sur un terrain en dévers ou avec un fort vent latéral. On prendra soin de sécuriser le pied de mât pour qu'il ne s'échappe pas de la rotule lors du mâtage.

Appendices


On prendra soin de ne pas cogner l'angle effilé du safran, à l'extrémité de son bord de fuite. Il n'y résisterait pas.


La dérive.

Repliage


On retrouve le système de poutre alu coulissante, cher à la marque. Dans cette taille de trimaran, une simple poutre suffit pour replier l'engin sans croiser les poutres. Si c'est plus léger et économique qu'une double poutre comme sur l'Astus 20.2, cela impose une largeur repliée plus importante (2m50).

On notera que des bas haubans permettent de maintenir le mât lorsque le bateau est replié mais que des haubans repris sur une patte d'oie fixée aux extrémités des poutres prennent ensuite le relais.

De Jean-marc Schwartz, mars 2011

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