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Avis sur le GPS GT-31Construction d'un trimaran EXPRESSO en CP époxyDévisseur de trappe

Construction d'un trimaran EXPRESSO en CP époxy

Le commencement et le programme

  • Retrouver des sensations de vitesse équivalentes à celles du catamaran de sport ou celles de la planche à voile.
  • Effectuer des sorties à la journée, voire un peu de camping côtier
  • Etre facilement transportable
  • Disposer d’un espace de rangement, réduit compte tenu de la zone de navigation (méditerranée).

En recherchant les plans et kits disponibles sur le marché, j’ai découvert dans un magazine Loisirs Nautiques le descriptif d’un petit trimaran à la portée de la construction amateur, en contreplaqué époxy. Elément intéressant, l’architecte, Philippe Rivière, habite tout près de Montpellier.

Après un premier contact, l’achat de quelques hors-séries décrivant précisément la technique du CP époxy, entièrement nouvelle pour moi, je franchis le pas en achetant les plans. Je tenais aussi à pouvoir réaliser cette construction à proximité immédiate de mon habitation, pour ne multiplier les temps de trajet : le projet devait tenir dans un espace de 10 mètres par 4.

Le temps de bâtir un abri constitué d’une charpente métallique, recouverte d’une bâche de serre, j’étais prêt à aligner les premiers gabarits de la coque centrale.

Les questions du départ

A l’endroit ou à l’envers ?

L’expérience de la construction d’une prame m’avait montré la difficulté d’ajuster après coup les membrures. C’était sans compter sur la tolérance des joints congés et sur la précision des tracés en vraie grandeur de chaque couple, réalisés à partir des éléments informatiques fournis par l’architecte.

En plus, ne disposant pas de ces mêmes tracés en vraie grandeur pour le fond et les bordés, je ne voyais vraiment pas comment ajuster ces grandes plaques de contreplaqué sur un moule femelle, alors que sur le moule male, une fois ces éléments posés, il suffisait de couper et d’ajuster au rabot électrique.

Le scarf

Même après avoir lu et relu les conseils pour réaliser les scarfs (les bordés et les fonds obligent à assembler bout à bout 3 plaques de CP de 5mm), j’y voyais une difficulté majeure. Si la réalisation du biseau n’est pas évidente pour ces épaisseurs, l’utilisation d’une doublante au droit de chaque « joint » permettait d’augmenter la surface de collage. Il s’agit plus de disposer d’une table suffisamment grande pour positionner et immobiliser les 3 plaques le temps du collage.


Les plaques sont décalées de la longueur du biseau.


L'ensemble des plaques sont rabotées en même temps.


La table à scarfer.


L'assemblage des cloisons et des couples sur "l'arête" centrale et les gabarits.

Les premiers joints congés

Cette technique d’assemblage s’apparente presque à de la soudure, mais là, c’est un mélange de résine de silice et de cellulose qui remplace le métal d’apport. Après avoir essayé plusieurs techniques (la poche de pâtissier, le pistolet à mastic), c’est finalement le bon vieux couteau à mastic arrondi qui fera l’affaire.

La stratification dans la foulée du joint congé, quand il commence juste à durcir, permet d’obtenir un bel arrondi, et de s’affranchir de fastidieux ponçages, dans des endroits souvent très difficiles d’accès.


Présentation du bordé avant collage par l’intérieur par joints congés.


Il est nécessaire de surélever l’ensemble châssis/coque pour réaliser les congés par l’intérieur. Ceci se fait sans problème compte tenu de la légèreté de l’ensemble.

La stratification

La stratification extérieure se fait sans difficulté, sur l’ensemble de la coque. Par contre, pour l’intérieur, la technique à l’envers, impose une stratification par morceaux, qui nécessite beaucoup de découpes de tissus


La coque centrale après retournement.


Le cloisonnement intérieur, avant la stratification.

Les finitions de la coque centrale

Les finitions -pose des planchers, du pont et des gouttières pour recevoir les bras de liaison- prend beaucoup de temps, mais ne posent pas de difficultés techniques particulières. Seuls les joints congés restent fastidieux.


Présentation des gouttières pour les bras de liaison,


Les ponts sont posés, stratifiés et enduits.

La fabrication des flotteurs

Pour les flotteurs, j’ai pu récupérer les tracés en vraie grandeur des fonds et bordés, sur un calque polyester indéformable. Dans ce cas, pas d’hésitation, je choisis la technique de construction à l’endroit sur gabarits femelle.

Les six gabarits sont vissés sur des équerres, elles même vissées sur le châssis métallique.


Chaque gabarit est fixé au châssis grâce à deux équerres métalliques.


Le calque est aligné sur le contreplaqué.


Le plan est déroulé sur les 3 plaques de contreplaqué assemblées par scarf. Je marque avec un poinçon (un point tous les 10cm environ) le contour du bordé et du fond.


Ensuite, je trace une ligne entre chaque point, qui me sert de guide pour la découpe à la scie sauteuse. En ½ journée, les deux bordés et les deux fonds sont positionnés sur les gabarits. Vive l’informatique, car tout s’ajuste parfaitement.


Le bordé est découpé à la scie sauteuse.


Le flotteur prend petit à petit sa forme.


Tous les 7-8 centimètres, un collier d’électricien maintient les plaques découpées aux angles des bouchains et du fond.


Les deux fonds et les deux bordés sont pointés sur les gabarits.

Une deuxième matinée pour réaliser les joints congés aux bouchains et au fond, placer le renfort en bibiais de 15cm de largeur, et, dans la foulée, stratifier tout l’intérieur du flotteur. Effectuer ces 3 opérations dans la même journée permet une accroche parfaite entre les joints, les renforts et la stratification intérieure.

Les colliers d’électriciens, noyés dans la résine, peuvent être coupés en les arasant au rabot par l’extérieur, car maintenant, la stratification intérieure maintient les plaques entre elles.


Les cloisons intérieures et les barrots prédécoupés eux aussi à partir de plans numériques en vraie grandeur, s’ajustent, parfaitement, moyennant quelques passages au rabot électriques. Ils sont ensuite collés (joints congé et renfort tissu bibiais).


Seules manquent les lisses longitudinales qui viendront dans les encoches des cloisons et barrots.

L’assemblage des flotteurs à la coque centrale


Avant la pose du pont qui viendra fermer les deux flotteurs, un assemblage avec les tubes de liaison en aluminium, est effectué pour vérifier la cohérence et l'ajustement de l’ensemble. C’est aussi l’occasion de  prendre la mesure de la largeur du trimaran.

La finition des flotteurs

Les lisses sont collées sur les barrots, de même que le pont. Le temps que la colle "prenne", le pont est maintenu par des vis qui seront ensuite enlevées. L’utilisation de sangle à cliquets se révèle très efficace pour positionner les plaques de contreplaqué provisoirement le temps du traçage.  Pour les ponts, pas besoin de scarf, car celui ci est en trois parties (interrompues par les gouttières qui reçoivent les b ras de liaison) toutes inférieures à 3m10, longueur standard des plaques de CP. Puis c’est la pose des enduits et le ponçage avant la peinture.


 Après les fastidieux ponçages, la peinture est réalisée en un week-end.


Avec l’antidérapant sur le pont, les flotteurs sont terminés.

L’outillage

Pas d’outillage très onéreux, seulement de l’outillage à main :

  • Perceuse
  • visseuse dévisseuse sans fil
  • un petit compresseur
  • une bonne scie sauteuse
  • ponceuse orbitale
  • 6 sangles à cliquet
  • quelques serre-joints pour les scarfs
  • un rabot électrique

La ponceuse et la scie sauteuse sont les outils les plus sollicités, aussi vaut-il mieux investir dans la qualité pour ces deux outils.

J’ai systématiquement utilisé des petits rouleaux jetables pour la résine et la peinture. Il est illusoire et plus onéreux de chercher à les nettoyer. Un petit compresseur permet de bien dépoussiérer les surfaces avant de les enduire de résine.

Si c’était à refaire

Sans aucun doute, j’utiliserai la technique de construction sur moule femelle, pour la coque centrale, car les tracés en vraie grandeur du bordé et du fond son désormais disponibles.

Le budget

 

euros

francs

résine peinture

3 306

21 685

bois

976

6 400

plan

610

4 000

divers (outillage, abri

913

5 989

mat gréement dormant

2 280

14 956

voiles

2 100

13 775

Accastillage divers

800

5 248

TOTAL

10 985

72 053

La souplesse du travail en réseau

L’utilisation de la messagerie électronique, entre l’architecte et un autre constructeur amateur de l’Expresso, basé à Marseille, a permis l’échange de fichiers de dessins, de photos et de conseils.

Le calendrier

  • Janvier 2001 construction de l’abri
  • Février 2001 construction du bâti et pose des gabarits de la coque centrale
  • Mars 2001 pose des cloisons et de l’arête centrale, fabrication du puits de dérive
  • Mai 2001 pose des bordés et du fond
  • Juin 2001 stratification extérieure, finitions du fond
  • Juillet 2001 retournement de la coque centrale, pose des planchers et des gouttières qui recevront les tubes.
  • Octobre 2001, pose et stratification du pont

Reprise du chantier en avril 2002, pour cause de température trop basse. L’hiver est mis a profit pour découper toutes les cloisons et barrots des flotteurs, et à la construction du safran et de la dérive.

  • Avril 2002 finition des enduits de la coque centrale
  • Mai 2002 pose des gabarits du flotteur
  • Juin juillet 2002 fabrication des flotteurs et présentation des 3 éléments pour ajustage
  • Septembre 2002 pose et stratification des ponts des 2 flotteurs.
  • Octobre 2002 enduits et ponçage des flotteurs
  • Novembre 2002 peinture de la coque centrale et des ponts.

Le Rythme de travail

Bien que le chantier se trouve a proximité immédiate de ma maison, j’y travaille seulement le Week end et les jours fériés et dans la majorité des cas, uniquement le matin.
Pendant les 2 étés, une interruption d’un mois pour les vacances.

Les difficultés

La légèreté des pièces fait que tout peut être fait à une personne seule, sauf les stratifications importantes ou il faut mieux être 2 ou 3. A titre indicatif, la stratification extérieure d’un flotteur demande une demi journée, sans parler des retournements ou du déplacement de la coque.

Les moments les plus difficiles ont été la réalisation des joints congés intérieurs de la coque centrale, réalisés en passant en dessous cette coque. Autre travail fastidieux : les enduits et ponçages.

A part ça, il n’y a pas réellement de taches longue et répétitives qui peuvent lasser le constructeur car il y a un enchaînement logique : découpage du bois, joint congé, stratification, découpage, etc.

De Philippe Lermine, décembre 2010

Comments

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Jmarc S.
Associate, 1871 posts

1 on Dec. 19 2010


Question au constructeur

Merci Philippe pour ce retour d'expérience instructif. J'ai enfin compris comme on faisait les biseaux pour réaliser un scarf !

Concernant les joints congés réalisés "à l'envers" sur la coque centrale... il n'était pas possible de retourner le coque avec ses couples à l'endroit pour pouvoir travailler du bon côté ?

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Eric17
2513 posts

2 on Dec. 19 2010


Super article !

j'avais en archive cette image du "trimaran rouge dans les roseaux" depuis un certain temps, sans en avoir les références. En plus, la classification des Expresso est loin d'être simple (genre : celui avec des grains de café : quelle taille perplexed )

c'est fait, merci, mais pourquoi t'as pas publié ça plus tôt  wink

Est -ce que je peux transmettre ça à Joe Farinaccio (small tri guy http://smalltrimarans.com/blog/ ) ? Il sera enchanté de publier tout ça, et encore plus si tu peux lui fournir une version anglophone (tu lui écris joefarinaccio@gmail.com , ou je le fais, tu me dis : mes traduc° assitées Google ont l'air de beaucoup l'amuser !)

Je trouve que ces bateaux mériteraient d'être connus outre-atlantique (les plans Rivière n'on pas à pâlir en face de plans Cross, Marples, Brown ou Waters), et que ton boulot représente à peu près ce qu'on peut faire de mieux dans le genre, pour un non pro (ou assimilé, genre "multiconstructeur").

OK, je sais, j'ai déjà construit un canote, et je n'en vois que les défauts, donc pour les chevilles, tu te débrouilles avec ta conscience large smile large smile large smile

Et je rigole en lisant le commentaire de JM sur les scarfs : c'est ce que j'ai trouvé de plus difficile moi aussi, alors qu'il existe plein de méthodes et d'outils pour les faire : la scie Gougeon, la défonceuse ou le rabot électrique sur glissières, ou tout simplement à la main avec un rabot (ou une meuleuse avec disque à lamelles gros grain) et un archet bien raide pour finir (+ compliqué quand on vire astygmate avec l'âge, éeêhh..). En fait, l'epoxy chargée pardonne pas mal de petits défauts.

Mais je sens bien que les heures passées par JMarc auprès de l'Aviateur et de ses constructeurs on fait évoluer son avis sur le CP encapsulé epoxy (j'attends les commentaires large smile ).

Philippe Lermine
6 posts

3 on Dec. 19 2010


Construction expresso

Oui la réalisation des joints congés a l'envers ce n'était pas évident et je ne pense pas que je pouvais faire autrement,  parce que pour tenir les bordés je les avais vissés provisoirement sur les gabarits. Avec la recul la bonne technique c'était de faire comme pour les flottteurs, une construction à l'endroit en ayant les découpes des bordés en numérique.

Aurement aucun souci pour diffuser cet article à qui le voudra, il n'a d'autre ambition d'aider ceux qui voudraient se lancer. Je souhaite juste que le nom de l'architecte apparaisse bien, car je pense que ses plans méritent effectivement d'être mieux connus.

philippe

Edited by Jmarc S. on Dec. 19 2010

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Eric17
2513 posts

4 on Dec. 19 2010


Légende étrange

JMarc, c'est quoi ce râle (d'extase?) qui constitue la légende des images (dans la partie "construction") ?

à mon avis y'a un truc que ton logiciel n'a pas compris : je crois que ce sont  l'apostrophe et le é ... s'énerve facilement, ton truc wink

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Jmarc S.
Associate, 1871 posts

6 inspired from eric17 on Dec. 21 2010


Légende étrange...

Eric17 : j'ai activé pas mal de nouveaux développement ce week-end dont l'un concerne les textes de légende que l'on peut associer aux images... mais j'ai encore quelques réglages à reprendre sheepish

Philippe Lermine
6 posts

5 on Dec. 20 2010


Expresso

je réponds aux questions  sur lesquelles je 'navais pas percuté:

 

mon expresso fait 6.50m, celui avec les grains de café fait 7.00m, et les bras sont en cp epoxy également et peuvent se plier, mais en se relevant vers le haut. (pour 'lavoir pratiquer, ce n'est pas simple simple quand même).

Je n'avais pas publié cet article, parce que je ne m'etais jamais inscrit en fait, il a fallu que je publie mon annonce pour la vente, pour réussir à utiliser le système de publication des pages.
A ce sujet j'ai également des petits films de l'expresso sous voiles, je peux également les emttre en ligne mais je sais pas trop comment faire.

 

En tout cas si ça interresse quelqu'un de faire un tour d'expresso du coté de Montpellier pas de soucis.

 

philippeII

michel rivière

7 on Dec. 18 2011


Bravo

Bonjour

 

Je posséde un proto monocoque de 6,5m , mais mon programe voyage en solo s'est transformé en sorties en famille .

C'est pourquois j'avais consulté phillipe rivière pour réemployer mes voiles et acastillages de mon bateau invendable .

Mon projet est plus ambitieux avec dérives et safrans sur les floteurs , mat carbonne , bras repliables sur l'eau .

 

Merci pour ton témoignage , car je comptais le double de coût

philippe

8 inspired from michel rivière on Dec. 21 2011


Bravo

merci, mon expresso est tj a vendre si cela t'intersse,

 

Philippe

 

@ michel rivière :

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