Skip to main content Help Control Panel

Epilogue musclé


On a vu que le vent apparent est un instrument aussi ludique qu'utile lorsque le vent est faiblard. Mais son rôle peut s'avérer également essentiel lorsqu'il y a trop de vent... Ce que j'ai pu expérimenter ce week-end à l'occasion d'un violent orage.

Au plus fort du grain, j'ai senti le vent atteindre un bon force 5 Beaufort (disons 20 noeuds). Le penon orienté à 45 degrés dans le dos m'indiquait une allure de grand largue par rapport au vent apparent (flèche noire).
Le bateau glissait à environ 15 noeuds (flèche rouge).

Puisque le vent apparent est une combinaison de la vitesse et du vent réel, j'en déduis qu'à ce moment là, le vent réel (flèche verte) était, lui, de 33 noeuds (comptez les tirets) soit presque force 8 !
Et son orientation réelle était proche du vent arrière.

Seul dehors pour manoeuvrer, j'avais laissé la grand-voile haute lorsque le grain s'est approché. Mais au fur et à mesure que le vent a forci jusqu'à devenir vraiment costaud (avec trombes de grêle et quelques éclairs, histoire de mettre l'ambiance), le bateau est resté étonnamment facile à mener, comme si les conditions étaient bien moins fortes que ce que l'on pouvait voir sur l'eau... En accélérant avec le vent portant, je me suis confectionné un vent apparent notablement moins fort que le vent réel que j'aurais dû subir si j'avais été sur un voilier moins rapide. Sympa, non ? (surtout pour ma femme qui a pu rester tranquillement avec les gosses dans la cabine au lieu de venir faire le guignol sous la déluge pour m'aider à réduire la toile)

J'ai souvent lu que la légèreté et la vitesse des multicoques était un facteur de sécurité dans le gros temps. Sans autre explication, j'imaginais que l'auteur voulait dire qu'un multicoque rapide pouvait éviter un coup de tabac en s'échappant de la zone avant qu'il n'arrive.
J'ai maintenant compris qu'en détalant plein pot, non seulement on évite le problème des déferlantes en avançant au moins à la vitesse des vagues, mais qu'en plus, on réduit la force du coup de vent subi.


Bien sûr, il faut pouvoir galoper très abattu pour que cela marche. Dans le cas contraire, la vitesse du voilier ne permet pas de réduire significativement la force du vent réel.

Si je reprend mon cas avec 33 noeuds de vent réel et que je marche à 15 noeuds au vent de travers, je reçois un vent apparent de 36 noeuds (force 8 au lieu du force 5 lorsque j'étais au quasi vent arrière).

Donc, si au bout de votre cavalcade, il vous faut lofer pour rentrer au port, préparez vous à prendre de plein fouet l'augmentation du vent...

A retenir également : puisque la force du vent apparent que le ressent réellement à bord peut diminuer ou augmenter de manière importante selon l'allure par rapport au vent réel, cela ne rime à rien de chercher à faire correspondre une surface de voile idéale en fonction de la vitesse du vent réel.
Cette valeur est susceptible de varier du simple au triple en fonction de l'allure suivie !

Comments

Laloya

1 on June 4 2009


Euh.... Y' aurait pas comme un petit soucis dans les sommes de vecteurs dans l'image de départ perplexed

En fait, la vitesse générée par le déplacement du bateau se traduit par un "vent" opposé au déplacement du bateau.

Au final, avec les sommes de vecteurs (Vent réel et Vent vitesse), et pour un vent "portant", on a un vent apparent inférieur.
Laloya

2 inspired from laloya on June 4 2009


Mea culpa !!!

je me relis et constate que c'est moi qui me trompe....

J'y réfléchirai à 2 fois la prochaine fois !!
avatar
Jmarc S.
Associate, 1853 posts

6 inspired from laloya on June 6 2009


Tous raison...

Dans tous mes schémas, la flèche rouge n'est pas le "vent vitesse" mais la vitesse tout court du bateau... Je ne fais pas figurer le "vent vitesse" pour ne pas surcharger le dessin mais vous avez surement compris qu'il s'agit de la même flèche que celle de la vitesse (en rouge), orientée dans le sens inverse.
avatar
Tangnard
13 posts

3 on June 4 2009


J'ai déjà connu ca aussi mais avec plus gros

Je veux dire par là plus gros bateau, mais aussi malheureusement conditions plus grosses. Marquise 56, vent arrière de 45nds avec rafales, vagues arrières de 4-5 mètres, vitesse moyenne du bateau 15-17nds (pointes à plus de 20, si je vous jure sur un Fontaine Pajot)javascript:dosmilie(';)'). On ne s'est pas rendu compte que le vent accéléré et que la mer grossissée (il faisait nuit), et quand on na voulu finir d'affaler la GV, on a jamais pu repasser pas le travers pour finir face au vent à cause de l'état de la mer et de la vitesse du vent. javascript:dosmilie(' cry ')

RÉSULTAT : enfournement jusqu'au pied de mat les safrans qui ne touchaient plus l'eau, et surtout la plus grosse frayeur de ma vie...javascript:dosmilie(':redface:')

CONCLUSION : Toujours se méfier de la vitesse du vent quand on est vent arrière avec un vitesse importante.

A RETENIR AUSSI : Dans une mer formée, privilégier la voile d'avant car c'est elle qui limitera l'enfournement en donnant de la force propulsive en avant du point de basculement et non derrière comme pourrait le faire une GV. De même en cas de début d'enfournement, choquer éventuellement le chariot d'écoute mais en aucun cas l'écoute de GV, car cette dernière action "faciliterai" l'enfournement et pourrait conduire aussi au démâtage. large smile
Telled
0 post

4 inspired from tangnard (Ex Equipier Nautical Trek) on June 5 2009


A la rue en vent Arriere

Pour ma part il m'est deja arrivé de border à toc par vent Arriere lors de serieuse rafale. Vu que la surface de voile perpendiculaire au vent apparent est alors reduite et la force propulsive reste sous controle. PAr contre il ne faut absolument pas se retrouver à partir au travers (pousser par une vague sur l'AR par exemple) dans ces conditions...
avatar
Jmarc S.
Associate, 1853 posts

5 inspired from dtelle on June 6 2009


Border pour réduire

Idem pour calmer le jeu avant un empannage lorsque que ça pousse fort dans le dos. Par contre, dans cette position vent arrière bordé à bloc, existe t-il une méthode pour pouvoir affaler la GV sans qu'elle ne reprenne de puissance ?...
avatar
Marc S
29 posts

7 inspired from Jmarc on June 8 2009


Surface de toile / Vitesse du vent

En attendant d'arriver à réussir cette prouesse, la prudence recommande, quelle que soit l'allure, d'avoir la surface de toile que l'on utiliserait au près, comme ça pas de surprise. Evidemment, le fun y perd ce que la sécurité y gagne...mais les marins, c'est comme les chats échaudés, ça craint l'eau froide!(Proverbe breton du Xème siècle) Alors, méfiance... PS: OK JMarc, je fais le nécessaire pour enlever le "EX" devant Skipper Nautical... !!! ;)
Martial.B

8 inspired from Jmarc on June 9 2009


Vent arriere ,piege a..................

J e lis vos commentaires sur la maniere de faire du vent arriere dans la brise et je ne suis pas fan du tout des recettes exposees De mon point de vue et c est une des regles de securite a mon bord,il faut eviter a tout prix de faire du vent arriere dans la brise surtout bien toile voir surtoile Car ca revient a dire que tout les fusibles ont deja ete utilises et qu il ne reste plus qu a prier qu il ne vienne pas une survente qui feras enfourner les etraves En descendant a 135 degres du vent ,soit en faisant a peu pres les memes bords qu au pres mais a l envers, ca oblige a etre toile correctement,en cas de survente il y as toujours possibilite d abattre pour diminuer le vent apparent Le trajet est plus long en milles mais pas plus long en temps puisque le bateau vas plus vite C est plus fun et moins risque donc equipage et skipper plus detendu Bref pour moi le vent arriere dans la brise en multi est un vrai piege a..........debutant Quand a descendre la gv au vent arriere ca demande de l anticipation Anticipation qui est le maitre mot de la maniere de mener un multi en securite Une possibilite est ,en voyant arriver le grain est de derouler le gennaker si c est encore possible et de profiter de lancer le bateau a la vitesse max Le vent apparent etant nettement sur l avantil est facile de baisser la gv La manoueuvre inv est possible a la fin du grain toujours en lancant le bateau a 135- 160 dg du vent Le pire scenario etant de se laisser pieger vent arriere sans foc plein, la gv dans les haubans avec risque de coincement des embouts de lattes sur le galhauban,voile bloquee (vecu.........)ce qui obligera le barreur a respirer un grand coup avant de loffer jusquau travers en choquant en grand pour debloquer la situation :redface: Dernier avantage en descendant a 135 deg du vent ,en cas de grosses surventes il ne faut loffer que de 45 deg pour effacer la voilure ce qui a toujours ete possible sur mon bateau meme si c est un peu humide et spectaculaire.................
Telled
0 post

9 inspired from Martial.B on June 9 2009


Ben c'est qu'est ce qu'on dit chef!

Il me semble que c'est bien le but de cet article: expliquer que la grosse abattée en vent AR est une des solutions en cas de survente sur un bord de largue. ON dit pas de tout descendre en vent AR en envoyant toute la toile!! pour effectivement se retrouver neuneu lorsqu'il faudra loffer pour revenir sur son bord
avatar
Jmarc S.
Associate, 1853 posts

11 inspired from Martial.B on June 9 2009


Lof à donf ou piano ?

Bien vu le coup d'envoyer le gennaker pour affaler la GV au vent arrière ! Mais comme tu dis, mieux vaut anticiper au début du grain car par 20 noeuds "apparent" (plus de 30 noeuds réel), je ne sais pas si j'oserais envoyer le double de toile...

Toujours est-il que durant cet orage, lorsqu'il y a eu une accalmie à mi parcours, j'ai sauté sur l'occasion pour affaler la GV sans chercher à savoir jusqu'où j'étais capable d'encaisser ainsi.

Une question Martial concernant les auloffées dans des conditions de surtoilage. Est-ce tu trouves qu'il vaut mieux loffer rapidement pour réduire la durée d'exposition travers au vent ou qu'il vaut mieux y aller doucement pour éviter le coup de gite violent ?
Martial.B

12 inspired from Jmarc (Nautical Trek) on June 9 2009


Coup de lof

Perso je prefere le faire d un coup si je sens que ca passe ............ Parce que les voiles ne sont jamais en ecoulement laminaire parfait donc moins de portence En le faisant lentemnet dans la giration le bateau vas plus accelerer et enfourner bon ca c est la theorie dans la pratique ca ce fait au feeling et souvent il n y as que le barreur qui sente vraiment le bateau
Patrick

14 inspired from Martial.B on June 10 2009


Full speed et full batten

Tout comme Martial, je ne ne suis pas chaud pour l'affalage de la GV au vent arrière. Sur le Tricat, il faudrait mollir les bastaques pour éviter le sac de noeuds avec les lattes qui ont une fâcheuse tendance à s'y pièger. Et mollir les bastaques au vent arrière par bonne brise, c'est pas l'idéal. Même bordée à plat, du fait de l'état de la mer, la GV part d'une amure sur l'autre (la corne d'un côté, la bome de l'autre !); ne disposant pas de coulisseaux, ça devient vraiment sportif de déralinguer. Samedi dernier, sous l'orage, la solution était beaucoup plus simple : moteur HS en quittant le mouillage; difficile alors de positionner le bateau bout pour hisser la GV (généralement, sans moteur, je m'y prends en plusieurs fois : loffer, hisser qq mètres, loffer, etc...) donc nous avons fait route sous foc seul. Pour ceux qui connaisse le Tricat, le foc est un mouchoir de poche de 6m²; et pourtant nous surfions à 10 noeuds vers St-Malo. Après une journée de régate, c'était bien suffisant.
Laurent

13 inspired from Jmarc (Nautical Trek) on June 10 2009


Equipement du bateau, ça compte aussi

Pour avoir des chances d'affaler rapidement une GV un peu conséquente sans être exactement dans l'axe, il est important AMHA qu'elle soit montée sur des chariots à bille, non pas des coulisseaux ou endraillée. Les frottements le long du mât dépassent rapidement ce que l'on peut exercer comme traction manuellement.
Martial.B

15 inspired from Laurent on June 10 2009


Billes ou teflon

OK sur un bateau deja consequent sur un petit multi le fait de passer la ralingue a la pate teflon de temps en temps(pas de silicone.....) donne le meme effet et c est moins lourd sur le bateau et dans le porte monnaie large smile
LOFLOCO
0 post

16 inspired from Martial.B on June 10 2009


Ralingue

Une petite pulvérisation de bombe téflon sur la ralingue deux fois dans la saison, et la GV monte et descend bien plus facilement. Par contre je n'ai pas essayé de descendre la GV au vent arrière dans la piaule. En ballade je prends par précaution un ou deux ris, plutôt trop tôt que trop tard. Mon équipère "à la vie - à la voile" me ramène vite à la raison .... car elle n'est pas trop adepte des acrobaties :redface: Dominique
- Laurent

17 inspired from Martial.B on June 11 2009


Bien d'accord

Je me faisais cette réflexion suite à une discussion ce WE avec Patrick, qui a un TriCat 22. AMHA, à partir de cette taille, et si le porte-monnaie le permet, des chariots à bille sont les bienvenus. Je pense à un usage "raid" où le temps peut changer, et à la tranquilité d'esprit de l'équipage.

Je pense que la mauvaise réputation des multis (encore souvent rencontrée) vient en partie de mauvaises expériences où les équipages n'ont pas pu/pas su réduire à temps, d'où des problèmes parfois sérieux.

Laurent
Martial.b

18 inspired from - Laurent on June 13 2009


Billes ou teflon

Bien entendu c est le grand luxe .Ceci dit sur mon mat tournant Francespar de 11,30 m et avec une gv a coulisseaux en T de 22 m2 je n en ressens pas le besoin si je teflonne de temps a autre Ne pas oublier que les chariots a billes demandent aussi et encore de l entretien .Les pluies chargees de pollutions ou de sable parfois encrassent les chemins de billes Alors quand c est neuf c est super et apres ca fait un truc de plus a entretenir cry Et passer aux billes c est souvent devoir changer de taud de GV vu la hauteur de l empilage des chariots Alors sur un petit bateau c est plus un choix qu une necessite
- Laurent

10 inspired from telled on June 9 2009


Anticiper, le maître mot

Bonjour,

Sur un tout petit multi (le Weta 4.4), retour ce Dimanche des Ebihens à Saint Malo dans un début de coup de vent, dernière manche de la Multi Malo. Vent de terre, mer pas mauvaise mais grosses rafales, sur un plan d'eau "caillouteux" que je connais mal. J'ai préféré calmer le jeu et n'ai spié qu'un court bord, afin d'éviter le piège : pour étaler les rafales, tu es obligé d'abattre en grand, avec un bateau qui accélère fort quand même, et les pavés sous le vent arrivent à grande vitesse :redface: Je m'en suis bien porté, et le retour s'est fait de toute façon sur le mode express ;)
sly

19 on Jul. 29 2010


Des boites en ertal

Pas de billes, simple a fabriquer (quoique), et glisse bien.. j'ai cela sur ma Gv de 33 m2, mat-aile de 13.20 et rail en plat d'alu.
Tools
* Post a comment
Monitor
Recent pages
Recent files
Recent comments