
Les Lilas Blancs 2008
Depuis quelques jours déjà la météo annonçait des conditions musclées pour ce week-end de régate du 6 et 7 septembre 2008.
Nous nous sommes retrouvés avec l'équipe habituelle à la cale de Lézardrieux (1), à savoir :





Prologue
Le samedi était un prologue en guise d'échauffement. Mais toute la matinée, durant la préparation des bateaux, le vent soufflait très fort et ne donnait pas vraiment envie d'aller naviguer.
Bien que l'on aime la baston, c'est très prudemment que nous n'avons sorti qu'un seul bateau lesté des autres skippers, juste pour voir, avec un ris et petit foc.
Mauvaise pioche, le vent est tombé sérieusement et nous nous sommes traînés toute l'après-midi, et à part tailler la bavette, il n'y avait pas grand chose à retenir de cette manche d'échauffement.
Mais comme on dit dans un autre domaine : "mauvaise répétition, bon concert"...

La régate du dimanche
Tout le monde était prêt à en découdre, un peu frustré par la sortie de la veille.
Le départ est donné devant Loguivy (2), depuis la bisquine de Cancale qui faisait office de bateau comité, avec des conditions très praticables de l'ordre de 15-20 nœuds à l'abri du chenal du Ferlas.

Le bord de près, très court, nous emmène virer une bouée devant l'île à Bois (3) et nous sommes tous excités à l'idée d'envoyer le spi dans de bonnes conditions, et d'épater les monos qui ne verront pas longtemps notre tableau arrière…
Laurent est devant moi sur son Weta et Thierry me talonne avec son beau spi jaune tout neuf.
La concurrence est sérieuse et s'organise !

Mais revenons à notre bord de spi. Les premiers miles, nous étions à l'abri du relief et les 15-20 nœuds nous propulsaient gentiment à 15 nœuds dans les surfs.
Les monos de régate sous spi semblaient à l'arrêt, comme s'ils étaient mouillés toutes voiles dehors !
Certains nous faisaient signe en se disant qu'on devait bien rigoler… En fait, je ne rigolais pas tant que ça car le vent forcissait à mesure que l'on sortait du chenal, vers le nord de Bréhat.
Au moment de passer Pen Azen (4), les monos sont déjà très loin derrière et nous n'assisterons pas aux deux démâtages de la matinée…
A ce moment, la mer est formée et nous dévalons les vagues à toute allure. Les amorces d'enfournement ne perturbent en aucun cas l'Astus 20.1 qui file sur sa trajectoire à près de 20 nœuds, poussé par 25 nœuds de vent (32 nœuds enregistré en pointe par un autre concurrent !).
Grand voile haute et 32 m² devant, ça pousse et nous sommes trempés. On a la banane, et seul Laurent, 50 mètres devant, me rappelle que je ne suis pas premier.
Thierry a dû lever le pied car il est assez loin derrière. Quant au reste des 30 bateaux, ils ne sont plus en vue. On les a enfumé en une demi-heure de portant plein gaz !

Rien ne sert de courir… il faut virer à point
La suite est moins drôle pour nous car dans l'euphorie du moment, on a oublié de virer une balise, influencé par Laurent qui lui aussi a loupé cette balise.
Nous prendrons une pénalité qui sera favorable à Xavier, vainqueur de cette manche devant Thierry, qui a pu faire demi-tour à temps et virer cette fameuse bouée.
Ça m'apprendra d'aller trop vite !
2ème manche
Après le pique-nique, nous remettons ça, avec une manche lancée dans le chenal du Ferlas
(5): le même parcours pour tout le monde à 10 minutes d'intervalle entre les gros, moyens et petits.
Imaginez un couloir où vous lancez 50 bateaux de toutes sortes, se croisant au près, sous spi, bref dans tous les sens !
Le spectacle est fabuleux depuis la terre car le Ferlas se transforme en arène où tout le monde s'emmêle, se croise, les couleurs des voiles mélangées au cailloux bréhatins, bref du grand spectacle !


A bord, le stress est maximum. Nous déboulons sous spi, avec des angles de descente complètement différents des monos. Je dépasse un JOD 35 sous spi, on enroule la bouée et c'est reparti pour un tour de manège.
A ce petit jeu, Xavier fait une mauvaise rencontre avec un concurrent. Il est obligé de quitter la piste prématurément… Petit moment de flottement et nous gagnons la manche.


Résultats
Au final, Thierry arrivé deux fois deuxième, remporte cette épreuve des Lilas Blancs. Un succès de plus qui lui permettra de remporter de la Tri Speed Cup 2008, le nouveau circuit de régate qui s'adresse aux trimarans dayboat.
Cette régate aura été riche en émotions : des records de vitesse, des démâtages, des talonnages, bref, on aura eu du grand spectacle toute la journée.
Assurément l'un de mes meilleurs souvenirs de régate…
Nico, janvier 2009